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lundi 14 octobre 2013

Bulletin communiste international #11 FGCI


Organe de la Fraction de la Gauche communiste internationale



n° 11

13/ 10/ 2 0 1 3

Pour nous contacter :

adresse e-mail : inter1925@yahoo.fr ;

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Sommaire



Les Communistes internationalistes - Klasbatalo et notre Fraction, nous sommes en voie

d'adopter une « plate-forme » dont les positions principales sont proches de celles de la 

TCI et du CCI « historique ». Nous continuons à discuter et clarifier les questions

d'organisation et de fonctionnement sur la base de l'expérience de la Gauche communiste, 

tout spécialement de la tradition de la Gauche « italienne »...





Tract des CI-Klasbatalo et de notre fraction (12 juin 2013)

Situation internationale



Combat contre l'opportunisme 

Sur les rivalités impérialistes en Syrie et l'abandon des principes 
marxistes par le CCI




Texte du mouvement ouvrier 

samedi 27 juillet 2013

CANADA Catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic : le criminel est la loi du profit !

Le déraillement du train Paris - Limoges à Brétigny-sur-Orge le 12 juillet, a fait 6 morts et une trentaine de blessés. Bien que les résultats des enquêtes en cours ne soit pas connu, il n'y a pas de doute que la cause soit à rechercher dans le mauvais entretien des voies, entretien qui ne cesse de se dégrader depuis une dizaine d'années. Un conducteur de train de la région parisienne interviewé par «Rue 89» raconte le mauvais état des voies et il affirme: «entre nous, on se disait: un jour il y aura une catastrophe» (1). Les investissements de la SNCF sont en effet réservés prioritairement aux lignes à grande vitesse, tandis que les lignes classiques, moins rentables, qui sont utilisées par des millions de prolétaires pour aller à leur travail (2,8 millions de voyageurs par jour en région parisienne), sont délaissées pour des raisons d'économie. Or faire des économies, ça tue...
Mais ce n'est pas uniquement en France que les trains déraillent; le Canada vient d'être endeuillé par un terrible accident causé par la soif insatiable du profit.

Le bilan de la pire catastrophe ferroviaire au Canada depuis des décennies se monte à au moins 50 morts, beaucoup de victimes n’ayant même pas été retrouvées.  Le samedi 6 juillet à une heure du matin un train transportant du pétrole brut a déraillé dans la petite ville de Lac-Mégantic  au Québec (6000 habitants); l’incendie et l’explosion de plusieurs wagons a détruit une grande partie du centre ville.
Le train s’était arrêté 11 km avant, en haut d’un côté, pour un «changement d’équipe» : en fait d’ « équipe » ce convoi de près de 2 kilomètres de long venant du Dakota, qui avait traversé les grandes agglomérations de Toronto et Montreal et qui comprenait 5 locomotives et 72 wagons de plus de cent tonnes, était dirigé par un seul conducteur !
Ce dernier, qui venait d’effectuer 12 heures de travail d’affilée, est allé se reposer après avoir actionné le système de frein, selon la réglementation habituelle. Mais à la suite d’une intervention de pompiers pour éteindre un incendie, le train s’est mis en mouvement et, sans conducteur, il a dévalé la pente jusqu’à Lac-Mégantic.
Le directeur de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Raiway (MMA) a mis à pied le conducteur, l’accusant d’être responsable de l’accident ; selon lui il aurait menti en affirmant avoir correctement actionné les freins du convoi (et la compagnie a profité de l’accident pour licencier le 16 juillet 19 autres employés au Québec).
Mais accuser le conducteur sert en réalité à cacher la responsabilité directe de la course au profit qui est la règle dans la société capitaliste et qui se mène toujours au détriment des travailleurs et de la sécurité.
MMA (anciennement Iron World Railways) a été rachetée en 2003 par Rail World Inc., une société appartenant au capitaliste américain Burkhard qui a bâti sa fortune en achetant et vendant des entreprises ferroviaires. Dans les années 90 il avait participé à la privatisation des chemins de fer en Nouvelle Zélande, ce qui lui a valu, en signe de reconnaissance de la part des bourgeois  néo-zélandais, le titre de «consul honoraire» de ce pays! Toujours dans les années 90 il a profité de la privatisation des chemins de fer en Grande-Bretagne pour constituer la plus grande compagnie de transport ferroviaire de marchandises (aujourd’hui vendue à une entreprise allemande), supprimant au passage 1700 emplois; il a participé à la fructueuse privatisation des chemins de fer en Estonie en 2001 (le gouvernement local a été obligé quelques années pus tard de racheter les chemins de fer), il fait partie du conseil d’administration d’une entreprise privée de chemins de fer polonaise et d’autres aux Etats-Unis.
 Pour ses succès dans la rentabilisation des entreprises par la réduction des coûts et l’accroissement de l’exploitation des travailleurs, Burkhard a été nommé en 1999 «cheminot de l’année» par la revue patronale Railway Age, puis l’un des  16 «plus grands cheminots du Vingtième siècle». Mais selon les statistiques de l’American Federal Railroad Administration, entre 2003 et 2011, MMA avait un taux d’accident double ou triple que le taux moyen dans ce secteur: le profit se fait toujours sur le dos des travailleurs et de la population…
Peu après le rachat de l’entreprise canadienne, Burkhard baissa les salaires de 40%, sous le prétexte de la faillite d’un gros client. En 2010 il annonça un plan d’économies de 4,5 millions de dollars en diminuant le nombre de travailleurs par locomotives. En 2012 Transport Canada, l’agence gouvernementale régulant les chemins de fer, a autorisé MMA a opérer les trains avec un seul conducteur . Ce brutal accroissement de la charge de travail des conducteurs a  été accompli dans l’indifférence voire avec l’accord explicite des syndicats du secteur
L’Etat bourgeois qui, selon les démocrates et les réformistes, devrait avoir pour rôle de protéger et défendre « tous les citoyens », en réalité est au service du capitalisme et des capitalistes.
Depuis de nombreuses années les différents gouvernements ont multiplié les décisions en faveur des entreprises ferroviaires : si aujourd’hui dans la plupart des trains de marchandises aujourd’hui la norme aux Etats Unis comme au Canada est que les équipes se composent de deux travailleurs, elles en comportaient cinq il y a une trentaine d’années. La course à la productivité qui existe dans ce secteur aussi, a fait que les prolétaires sont toujours moins nombreux pour produire toujours plus; et quand les diverses réglementations édictées pour assurer la sécurité deviennent des obstacles à la réalisation des profits, elles sont supprimées.
A la demande des capitalistes, en 1999 un gouvernement libéral décidait d’accélérer la déréglementation, une  politique poursuivie par tous les gouvernement successifs. Une des mesures obtenues par les compagnies a été «l’autoréglementation»: ce sont les compagnies elles-mêmes qui décident des mesures de sécurité à prendre!
Le résultat était prévisible: en 2007 le Conseil Canadien de la Sécurité publiait un rapport constatant la dégradation de la sécurité dans les chemins de fer. Depuis 1991 il était établi aux Etats-Unis que les wagons utilisés ne sont pas sûrs; en 2011 le gouvernement  canadien finissait par exiger que les compagnies n’en achètent plus lors du renouvellement de leur flotte, tout en autorisant l’utilisation  de ceux existants: mais comme la durée de vie de ces wagons est de trente à cinquante ans, ils vont encore circuler pendant des décennies!  Les investissements dans les infrastructures ferroviaires sont très insuffisants, etc. Alors que par ailleurs le boom du transport du pétrole brut dope les profits des compagnies ferroviaires (le transport du pétrole par train est moins coûteux que par oléoduc)…
La catastrophe de Lac-Mégantic n’est donc absolument pas due au hasard, à la fatalité : c’est un crime commis par l’entreprise MMA, par le capitalisme, par la course au profit qui anime toutes les entreprises dans cette société avec l’aide de l’Etat: l’année dernière l’Etat cassait la grève des travailleurs de la Canadian Pacific Rail; des milliers de travailleurs ont été mis à pied, les conditions de travail des autres se sont dégradées, les dépenses « improductives» pour la sécurité et l’entretien ont été réduites, pour le plus grand profit de l’entreprise.
Le sanglant et cupide capitaliste Burkhard n’est pas une exception, il est le produit du mode de production capitaliste.
Contre de telles catastrophes, il est stupide de rêver au retour à un passé mythique d’un capitalisme « réglementé » qui remplacerait le sauvage  capitalisme « néo-libéral » actuel: le capitalisme hier était tout aussi sauvage qu’aujourd’hui, il méprisait tout autant la sécurité et la vie des travailleurs et de la population et pendant tout le siècle dernier la devise des entreprises ferroviaires a été toujours la même : Uphill Slow, Downhill Fast, Tonnage first, Safety Last (lentement à la montée, vite dans la descente, le tonnage en premier, la sécurité en dernier) !

C’est le capitalisme qui est criminel, c’est lui qu’il faut combattre et mettre à mort pour pouvoir vivre en sécurité!

(1)http://www.rue89.com/2013/07/15/bretigny-entre-disait-jour-y-aura-catastrophe-244264

Parti Communiste International
20 juillet 2013
  
Les Communistes Internationalistes Klasbatalo (CIK) n'ont aucun lien organisationnel avec le Parti Communiste International et ne partagent pas toutes ses positions politiques. Nous sommes cependant en total accord avec le contenu de cet article.

jeudi 13 juin 2013

Grèce, Turquie, France, Espagne... La riposte ouvrière doit être internationale et unie !


Hier soir, mardi 11 juin, des milliers de prolétaires en colère ont immédiatement afflué devant le siège de la télévision et de la radio publiques grecques à l'annonce brutale et soudaine par le gouvernement bourgeois de sa fermeture et cela en solidarité avec les milliers de travailleurs licenciés. Au même moment, des manifestations ouvrières massives paralysent la Turquie – le soi-disant « ennemi héréditaire » – depuis presque 15 jours dans ses principales villes malgré la violente et même sanglante répression (les manifestants comptent déjà plusieurs morts) de la bourgeoisie turque. Malgré la sauvagerie des forces de répression de l'État, la colère, la détermination et le courage des prolétaires en lutte ne semblent pas entamés. Cette réaction exprime la réalité actuelle des confrontations entre les classes au niveau international et, encore plus, indique la voie que l'ensemble de la classe ouvrière internationale doit prendre pour se défendre contre les attaques incessantes qu'elle subit partout et pouvoir imposer un autre rapport de force au capitalisme et à la bourgeoisie.
En fait, c'est dans toute l'Europe – et même au-delà – que les réactions ouvrières se multiplient face aux attaques de plus en plus nombreuses et brutales que le capitalisme en crise impose partout. Malgré la déformation de la réalité et la censure délibérées des médias bourgeois sur ces mobilisations – il faut avoir le temps de chercher dans les recoins d'internet ou autres moyens d'information pour arriver à connaître les innombrables luttes et mobilisations et nous ne pouvons les citer ici –, c'est en Espagne, au Portugal,  en Italie, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et ailleurs dans le monde, comme au Bangladesh par exemple, que la colère ouvrière et plus largement celle des populations exploitées s'exprime.

À ce jour, il faut bien reconnaître que tous les combats (et ils sont très nombreux) qui se sont développés depuis le déclenchement de la crise ouverte du capitalisme en 2008 (avec la crise des « subprime »), n'ont pas réussi à faire reculer les bourgeoisies et leur État, ne serait-ce que momentanément. Pour l'essentiel, ces combats sont restés trop limités et même entravés par le cadre idéologique et politique capitaliste imposé par l'ensemble des forces politiques et syndicales, en premier lieu, des États bourgeois.

Le respect de ce cadre et même toute illusion à son propos sont toujours sources de misère aggravée, de défaites plus cuisantes et même de mort pour le prolétariat. Voilà pourquoi il ne faut pas se laisser avoir par les discours empoisonnés, mensongers et "légalistes" des politiques et médias bourgeois. Voilà pourquoi il faut se défaire du cadre que nous imposent les syndicats et assumer nous-mêmes notre combat. Il ne faut pas accepter que chaque mobilisation reste dans son « coin », dans « sa » région ou dans « son » pays. Rester isolé, séparé des autres fractions de la classe ouvrière, est le meilleur moyen pour que la bourgeoisie continue à garder le contrôle de la situation ; pour qu'elle réussissent à porter encore plus d'attaques contre nos conditions de vie ; pour qu'elle arrive à nous imposer de plus en plus de sacrifices jusqu'à l'ultime : celui de nos vies dans la guerre que le capital en crise porte inéluctablement en lui.

C'est tous ensemble, tous secteurs confondus, tous pays, que les prolétaires pourront faire face à la bourgeoisie, pourront retenir son bras meurtrier, pourront en finir avec elle et son système de misère et de barbarie. Il est largement temps pour les ouvriers de prendre contact dans les luttes par-delà les frontières. L'heure est à la généralisation internationale du combat de classe contre le capitalisme.

La brutalité de la mesure que le gouvernement grec vient d'adopter en offre l'occasion. Tous les ouvriers européens, pour le moins, ont les yeux braqués aujourd'hui sur ce qui se passe à Athènes, ainsi qu'à Istanbul, voire sur d'autres combats. Alors même que le trafic aérien européen est perturbé par une grève des contrôleurs aériens – les contrôleurs français étant relayés par leurs collègues de différents pays européens. Alors même que les manifestations en Turquie continuent malgré la répression massive. Alors même que la colère ouvrière est généralisée à tous les pays et que les luttes se multiplient. Alors même que la bourgeoisie, momentanément, et du fait même de cette situation générale de colère ouvrière, s'inquiète de la décision du gouvernement grec et de ses conséquences sociales et politiques.

C'est l'heure d'engager les combats tous ensemble. C'est l'heure de rejoindre nos frères d'Athènes et d’Istanbul. C'est l'heure d'inscrire toutes les mobilisations locales et européennes en lien direct et en solidarité active avec nos frères grecs. C'est aussi l'heure de rejeter et même de faire exploser le carcan nationaliste, étatique et démocratique que les partis de gauche et les syndicats nous imposent.




Solidarité active avec les travailleurs en Grèce, en Turquie et partout ailleurs !
Engageons partout et organisons tous ensemble le combat contre les attaques capitalistes !
Généralisation internationale de la lutte de la classe ouvrière !
Une seule perspective : en finir avec le capitalisme !
Un seul moyen : la lutte internationale généralisée et unie contre le capital !



Le 12 juin 2013
Les Communistes Internationalistes-Klasbatalo (http://klasbatalo.blogspot.fr/)
Fraction de la Gauche Communiste Internationale (www.fractioncommuniste.org).