CIK : Si nous avions à faire le bilan de l’effet des luttes de “libération” nationales, des luttes anticolonialistes, des luttes des nations opprimés du prolétariat des nations en question – aussi bien qu’internationalement depuis la Deuxième Guerre – nous trouverions que dans pratiquement tous les cas, la classe ouvrière a perdu, ou a vu sa capacité d’organisation autonome sévèrement réduite pour des décénies, souvent allant aussi loin qu’à détruire sa capacité d’autodéfense immédiate. Dans pratiquement tous les cas, chaque lutte nationale a joué le pion d’une puissance impérialiste. Les campagnes de soutien pour les luttes de libération nationales ont détourné une génération de militants prolétariens, dans la période d’après-guerre, du combat de classe sur leur terrain de classe international. Plutôt que de s’organiser globalement avec leur frère et soeurs de classes, une couche entière de militants ont été aspiré au soutien de tel ou tel mouvement de libération nationale qui, une fois au pouvoir, écrase tout vestige d’autonomie ouvrière, et assez souvent toute expression des droits humains fondamentaux.
vendredi 26 novembre 2010
Nos positions de base avec des commentaires critiques du PCI (Le prolétaire) et notre réponse
CIK : Si nous avions à faire le bilan de l’effet des luttes de “libération” nationales, des luttes anticolonialistes, des luttes des nations opprimés du prolétariat des nations en question – aussi bien qu’internationalement depuis la Deuxième Guerre – nous trouverions que dans pratiquement tous les cas, la classe ouvrière a perdu, ou a vu sa capacité d’organisation autonome sévèrement réduite pour des décénies, souvent allant aussi loin qu’à détruire sa capacité d’autodéfense immédiate. Dans pratiquement tous les cas, chaque lutte nationale a joué le pion d’une puissance impérialiste. Les campagnes de soutien pour les luttes de libération nationales ont détourné une génération de militants prolétariens, dans la période d’après-guerre, du combat de classe sur leur terrain de classe international. Plutôt que de s’organiser globalement avec leur frère et soeurs de classes, une couche entière de militants ont été aspiré au soutien de tel ou tel mouvement de libération nationale qui, une fois au pouvoir, écrase tout vestige d’autonomie ouvrière, et assez souvent toute expression des droits humains fondamentaux.
dimanche 21 novembre 2010
Apprendre de ce qui s’est passé en France pour mieux préparer les luttes futures
Le capitalisme est en crise aiguë et il attaque la classe ouvrière massivement pour tenter de s’en sortir mais elle résiste. Nous avons vu depuis deux ans des luttes importantes contre les mesures de crises que les États prennent pour faire payer aux salariés les conséquences de la crise. Pensons aux luttes en Grèce, au Portugal, en Espagne, au Royaume-Uni et en France pour n’en citer que quelques-unes.
La situation engendrée par la crise a aussi amené l'Etat québécois lors de son dernier budget à de très nombreuses augmentations tarifaires: frais de scolarité, coût de l'essence en général et permission aux villes de Montréal et de Québec d'une hausse de 1,5 cents par litre, tarif d'électricité, frais en santé, augmentation de la TVQ et de multiples coupures. Les offres étatiques aux travailleurs du secteur public ont été quant à elles, très en deçà des demandes.
Il en est résulté une résistance des prolétaires qui est apparue lors de plusieurs manifestations dont : -Manif des travailleurs du secteur public le 20 mars: 75 000 personnes à Montréal -Manif contre la hausse de tarification le 1er avril: 15 000 personnes à Montréal et plusieurs autres dans d’autres villes. Il faut dire cependant que ces manifestations étaient bien encadrées avec les hurlements des sonos et il n’y avait aucune place pour la discussion en fin de manifestation. En effet, un des acquis de la lutte en France a été l’organisation d’Assemblées Générales en fin de manifestation pour discuter entre travailleurs sur des moyens d’action et de soutien en dehors du contrôle syndical. C’est à y penser sérieusement si on veut mettre fin aux parades syndicales qui finissent par les discours des boss syndicaux qui ne mènent à rien.
Nous avons aussi vu des travailleurs complètement isolés. Pensons aux ouvriers de Shell, de Coca-Cola à Trois-Rivières, de Weston et du Journal de Montréal. Cet isolement a mené à des fermetures d’usines, aux coupures de poste, à des augmentations salariales égales ou inférieures à l’inflation et à la stagnation depuis presque deux ans au JdM. Cet enfermement des luttes sur les lieux de travail est un véritable cul-de-sac. La force des travailleurs c’est l’élargissement des luttes avec des délégations massives vers les entreprises les plus proches. Ce sont des assemblées de syndiqués, de non-syndiqués, de retraités et d’étudiants. Ce que craignent le plus les boss, les hommes d’affaires, les bourgeois, c’est que des rapprochements se fassent et s’amplifient au sein des prolétaires, hommes, femmes, chômeurs, étudiants, retraités. Ce type d’assemblées contrôlées par les travailleurs et non par les boss syndicaux a été mis en place dans certains lieux de travail en France.
La lutte contre la réforme des retraites en France est malgré tout en train de finir en queue de poisson. Pourquoi ? Quelles leçons ?
Les syndicats ont mis de l’avant une Intersyndicale (semblable au Front Commun des boss syndicaux québecois) dont le but était, n’ont pas de demander le retrait de la réforme des retraites, mais la négociation de cette réforme. Durant huit mois, des grèvettes d’une journée ont été mises de l’avant par les syndicats. Les assemblées générales contrôlées par les travailleurs et celles de fin de manifestation mentionnées plus haut, ont été très minoritaires comparées aux assemblées syndicales secteur par secteur. Pour saboter les assemblées générales par exemple à la SNCF, il y a eu des AG syndicales spécifiques pour les roulants, les contrôleurs, les administratifs… Dans certains hôpitaux de la région de Toulouse, ce sabotage a tourné à une malheureuse farce : chaque étage avait sa propre assemblée !
La bourgeoisie et son État utilisent partout la même tactique pour tromper la classe ouvrière. Les deux faces de cette tactique au Québec sont d’une part les Lucides et leurs progénitures bâtardes comme Réseau Liberté-Québec et la rêverie de parti de l’ancien ministre péquiste Legault. Ces forces politiques plus à droite veulent encore plus de coupures et un État qui favorisera des marchés plus concurrentiels. Leur but n’est pas de prendre le pouvoir mais de faire pression sur l’État capitaliste. D’autre part, il y a les groupes qui s’opposent à ces Lucides, l’un de ceux-ci est l’Alliance sociale des syndicats. Cette l’Alliance sociale veut plus d’interventions de l’État capitaliste et de sa démocratie. Elle propose des solutions à la crise budgétaire dans un cadre purement capitaliste (genre : d’autres types de financement de l’État). Pour répondre au danger révolutionnaire, la bourgeoisie a besoin de ces forces de gauche qui ont pour besogne de contrôler, de saboter et d’encadrer les prolétaires en lutte.
Avec ou sans Charest, le budget n’est que la pointe de l’iceberg et le pire reste à venir. Les récentes coupures au Royaume-Uni n’en sont qu’un exemple. Pour régler sa crise, le capitalisme va engendrer encore plus de misère pour l’humanité, il peut même aller jusqu’à la guerre mondiale.
Ce sont les prolétaires de tous les pays, qui peuvent mettre fin à ce système en faillite. Pour que ce soit efficace, il est nécessaire de multiplier les luttes, de les étendre, au moyen d’assemblées générales qui envoient des délégations massives, à d'autres usines, entreprises et secteurs, et de tout faire pour les unifier.
Les communistes internationalistes-Klasbato (CIK) 21 novembre 2010
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http://klasbatalo.blogspot.com/
adresse : CIM_ICM, C.P. 55514, Succ. Maisonneuve, Montréal (QC) H1W 0A1
Ne pas jeter sur la voie publique
lundi 8 novembre 2010
Vers des affrontements décisifs entre le prolétariat et les forces capitalistes
Nous publions l’éditorial du bulletin communiste international de novembre 2010 organe de la Fraction de la Gauche communiste internationale. Ce texte nous indique entre autres que la bourgeoisie et son État utilise partout la même tactique pour tromper la classe ouvrière. Les deux faces de cette tactique au Québec sont d’une part les Lucides et leurs progénitures bâtardes qui veulent entre autres encore plus de coupures et d’autre part l’Alliance sociale des syndicats, ces saboteurs de nos luttes, qui veulent plus d’intervention de l’État capitaliste et de sa démocratie.
Les communistes internationalistes Klasbatalo (CIK)
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Vers des affrontements décisifs entre le prolétariat et les forces capitalistes
La lutte des classes revient avec force s'affirmer comme "le moteur de l'histoire" aux yeux du plus grand nombre, malgré sa "mort annoncée" tant de fois par les idéologues et propagandistes bourgeois. Tous les continents sont touchés par les combats du prolétariat : les Amériques - Brésil, Chili, Mexique, Etats-Unis -, l'Asie - Chine, Vietnam, Thailande, Turquie -, l'Afrique - Afrique du Sud, Egypte -, les pays de l'ancien glacis soviétique - Russie, Bulgarie, Ukraine, Pays baltes, et maintenant, de manière simultanée, quasiment tous les pays d'Europe occidentale - Grèce, Espagne, Portugal, France, Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, etc... Le prolétariat du monde entier, et particulièrement de son coeur historique, l'Europe occidentale, reprend le chemin du combat de classe. Ces luttes se développent en réponse aux attaques massives que le capitalisme en crise aigüe est obligé de porter contre la classe exploitée. La soi-disant reprise économique n'est qu'un leurre, un mensonge de plus, que la réalité quotidienne - et bien souvent aussi les chiffres mêmes des statistiques de la bourgeoisie - vient démentir. Il en est de même pour la fausse bonne santé économique des pays dits "émergents"(1). La Chine - et avec elle le Brésil -, si souvent mise en avant comme exemple, connaît une situation économique de plus en plus "contradictoire" du point de vue capitaliste et misérable pour la classe ouvrière. A tout moment, ce pays peut exploser, tant au plan économique que social, et les luttes ouvrières massives et violentes se multiplient(2). Ce développement simultané des luttes ouvrières au plan international pose la question de la perspective de "l'internationalisation" de ces luttes. Il indique que nous sommes entrés dans un processus qui mène à des confrontations de classes généralisées et historiquement cruciales.
Ce processus se confronte aujourd'hui aux obstacles que l'appareil d'Etat capitaliste met sur sa route. En premier lieu, les manoeuvres et les sabotages des syndicats qui sont de plus en plus obligés d'utiliser une fausse division interne entre les directions et une "base" plus radicale. Les premières organisent des journées d'action, grèves et manifestations nationales, qui visent à occuper le terrain, à limiter au maximum l'éclatement de luttes ouvertes et à étouffer toute prise en main directe par les ouvriers de celles-ci et particulièrement de leur extension et unification contre l'Etat. La pression et la combativité ouvrières croissantes ne pouvant être contenues par ces seules journées, le syndicalisme de base "accompagne" (quand il ne les organise pas lui-même) les "débordements", les actions plus radicales, les grèves "sauvages" - c'est-à-dire celles qui, à juste raison, ne respectent pas les lois bourgeoises qui fixent le soit-disant "droit" de grève - ; les manifestations qui ne veulent pas être des balades syndicales inoffensives et qui s'emparent de la rue, les piquets de grève et de blocage des entreprises, etc. Il "accompagne" aussi tous ces mouvements sociaux en muselant les assemblées générales qui se veulent indépendantes des syndicats avec les "comités" et autres "coordinations" qu'il contrôle- les "AG interprofessionnelles" se sont multipliées en France ces derniers temps, parfois à l'initiative des ouvriers eux-mêmes, plus souvent à l'initiative des gauchistes et syndicalistes de base - pour finalement chercher à les détourner de leur fonction et de leur but. Malgré ces obstacles, la combativité et les luttes ouvrières se maintiennent cherchant leur voie par de multiples moyens et dans un apparent "désordre" qui n'est que le processus même de la lutte des classes, et plus particulièrement celui de la grève de masse décrit en son temps par Rosa Luxemburg.
" Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire [Russe], tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux ; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre, c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants". Bien qu'il ne s'agisse pas encore de mouvements sociaux du niveau de ceux de 1905 en Russie, c'est quandmême le processus de la grève de masse qui se développe actuellement à l'échelle internationale et tout particulièrement en Europe occidentale et qui va poser à terme les questions de la généralisation et de l'unification des combats ouvriers. Si ce processus est, aujourd'hui, encore loin de s'exprimer à travers un mouvement qui remet ouvertement en question le capitalisme, il n'en reste pas moins vrai que, comme le précise Rosa Luxemburg: "La grève de masse est bien plutôt un terme qui désigne collectivement toute une période de la lutte de classes s'étendant sur plusieurs années, parfois sur des décennies".
Mais déjà, nous pouvons affirmer que, rarement dans l'histoire, nous avons connu une situation telle que celle qui se profile devant nous à partir d'aujourd'hui et qui réunit autant de conditions objectives et subjectives pour que ce processus s'épanouisse : la marche inexorable et sans retour de la crise économique (signant la faillite historique définitive du système capitaliste) s'accompagne d'un enfoncement inéluctable du prolétariat mondial dans la plus grande des misères et d'un développement de la barbarie guerrière capitaliste qui annonce et permet la préparation, par la classe dominante, d'un nouvel holocauste généralisé ; mais ces insupportables conditions permettent, cependant, à la classe ouvrière, partout, d'affirmer de plus en plus sa colère et son refus des politiques bourgeoises, et favorisent le développement de ses propres expériences de lutte et de sa conscience de classe mise à mal depuis une vingtaine d'années.
D'ailleurs la bourgeoisie ne s'y trompe pas et ne cesse de s'y préparer au niveau international. Ce sont les mêmes stratégies qu'elle instaure volontairement et développe partout pour faire face au danger prolétarien. Elle se donne tous les moyens (notamment grâce à ses syndicats et à ses médias) pour retarder, disperser, saboter les ripostes ouvrières et surtout pour empêcher leur généralisation et leur unification conscientes par delà les divisions corporatistes et même nationales ; en d'autres termes, elle fait tout, dès aujourd'hui, pour faire avorter le processus qui s'est ouvert.Actuellement, par exemple, un peu partout (surtout en Europe et en Amérique du nord) et en utilisant exactement les mêmes moyens, elle adapte son appareil politique à l'aggravation des contradictions de classes. Ainsi, à travers la publicité qu'elle fait aux "oppositions extrémistes" de la gauche comme de la droite, elle s'arme spécifiquement contre la classe ouvrière : avec la première "opposition", elle vise à couvrir le flanc social, celui des luttes ; quant à la deuxième, elle lui sert d'épouvantail afin de détourner l'attention des ouvriers vers la prétendue cause de "la démocratie en danger" et, par là, les enchainer derrière la défense de l'Etat démocratique. Nous revenons dans ce bulletin sur ce phénomène dans notre article, Partout la bourgeoisie prépare son appareil d'Etat pour contrer le prolétariat en lutte.
Mais, dans la perspective des confrontations massives inévitables qui murissent déjà, la bourgeoisie ne peut se contenter de seulement entraver le développement des luttes ouvrières et de la conscience de classe dans les grandes masses ouvrières. Elle s'attaque aussi directement au plan politique et idéologique aux avant-gardes politiques du prolétariat, c'est-à-dire aux forces communistes. Celles-ci sont déjà affectées par la dispersion et le sectarisme, ce qui aujourd'hui handicape la réaction ouvrière et le rapport de forces historique entre prolétariat et bourgeoisie. La pression de l'idéologie bourgeoise au sein du camp politique prolétarien est une constante qui justifie le combat permanent qui doit être mené contre les diverses manifestations de l'opportunisme politique. L'actuel CCI, dans sa course folle et apparemment sans frein dans cette voie, tente actuellement un véritable coup de force pour introduire l'anarchisme comme une composante à part entière du camp révolutionnaire, voire même comme l'alter-ego de la Gauche communiste! Outre que ceci ne peut que précipiter la liquidation, déjà bien engagée, de cette organisation et sa perte définitive comme organisation communiste, l'acceptation passive, le silence par les autres forces du camp prolétarien, sur les révisions théoriques et politiques par le CCI représenterait un handicap considérable pour le prolétariat dans la perspective des confrontations massives de classes. Comme moment particulier de ce combat, le lecteur trouvera dans ce bulletin la lettre ouverte que nous adressons à l'ensemble des militants du CCI. Et nous appelons tous les groupes communistes et tous les sympathisants de la Gauche communiste, au premier chef du CCI lui-même, à intervenir et à s'impliquer dans ce combat(3).
Bien évidemment, nous ne limitons pas à cette seule dimension, même si elle est pour nous fondamentale, l'action des groupes communistes. Leur intervention est tout aussi importante dans le développement des luttes ouvrières et le processus de grève de masse dans lequel nous sommes entrés. A ce jour, leur dispersion et leurs hésitations politiques n'ont pas permis que cette intervention soit à la hauteur, non pas du nécessaire vis-à-vis de la classe, mais de leurs forces politiques et militantes. Pourtant, à partir de l'histoire et des positions politiques qu'ils partagent, ils ont les moyens et la possibilité de parler d'une seule voix dans les combats d'aujourd'hui et de demain. Leur existence n'a de sens que pour cela.
31 Octobre 2010.
Fraction de la Gauche communiste internationale
http://fractioncommuniste.org/
(1) Autre exemple parmi d'autres encore d'un ex-"tigre" asiatique maintes et maintes fois vanté : Singapour a vu son PNB diminuer de 19%
(2) Source : yahoofinances, 14/10/2010
(3) Nous sommes prêts à reproduire sur notre site et dans notre bulletin toute contribution et intervention de groupe ou d'individus.
mercredi 6 octobre 2010
Pour une prise en main totale de votre lutte
Lettre au comité de mobilisation Verdun
« Les médias donnent l'impression que la majorité des syndicats du secteur de la santé ont conclu des ententes avec le gouvernement. C'est faux! Rien ne sera conclu tant que nous, travailleurs, n'auront pas accepté ces ententes. Nous avons encore le pouvoir de refuser les offres à condition d'aller nombreux à nos assemblées se positionner contre. »(1)
Comme vous l’avez écrit l’offre de l’état« ne résout en rien les nombreux problèmes endémiques du système de santé auxquels ils doivent pallier chaque jour »(2). Par exemple dans un CHSLD de Montréal, une seule infirmière prendra soin de 196 patients la nuit, 32 postes d’éducateurs seront abolis au début décembre à l’hôpital Louis-H-Lafontaine. Tant qu’aux salaires du secteur public« l’offre sur la table ne protège pas leur pouvoir d’achat ».(3)
L ‘idée des boss syndicaux d’arrimer les salaires à la situation économique montre bien qu’ils sont les chiens de garde du capitalisme. En période de crise permanente du capitalisme c’est le gel des salaires (augmentation égale ou inférieure à l’inflation). Cette idée n’est pas restreinte aux syndicats de la santé, la Fédération Autonome de l’enseignement (FAE) a aussi eu la même idée et a recommandé l’acceptation des offres de l’État. En période d’essor économique, si jamais il y en une, les prolétaires devront se battre pour avoir une véritable hausse salariale. Il faut se demander d’où vient cet essor économique si ce n’est de l’exploitation de la classe ouvrière mondiale et d’un endettement de plus en plus élevé.
Vous écrivez aussi « Les chefs du front commun ont beaucoup insisté sur leur volonté de parvenir à des ententes négociées. Par peur d'un autre décret, la majorité des représentants préfèrent donc accepter des miettes»(4) Or ce front commun n’est que le produit des magouilles syndicales. Son objectif réel est de tromper les travailleurs en les empêchant de bâtir une véritable unité dans des assemblées générales ouvertes à tous et qui peuvent élire des délégués révocables en tout temps. Peu de temps après la manif syndicale du secteur public le 20 mars, manif sans but ni perspective, les syndicats ont vociféré qu’ils reportaient la lutte à l’automne. Hors dès le mois de juin, les centrales syndicales sauf la FIQ recommandaient l’acceptation des offres de l’État. En fait cette manif n’a servi que de défouloir pour dissiper la colère des travailleuses et des travailleurs et éviter qu’ils entrent en lutte.
Depuis le début de la lutte du secteur public, les syndicats lancent un faux débat : la défense du secteur public. Il est essentiel de comprendre que le "débat public-privé " que nous radotent les syndicats a pour but de nous faire croire que l’État est neutre. C'est l'État lui-même qui a imposé des conditions de travail de plus en plus mauvaises au cours des années dans les écoles, hôpitaux et ailleurs. C’est aussi l'État, par la spéculation à la Caisse de dépôt, qui a attaqué nos fonds de retraite.
Prétendre que « Les privatisations sous-diverses formes grugent lentement le joyau collectif qu’est le réseau public » dixit la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, c’est oublier premièrement toutes les attaques de tous les gouvernements pour diminuer les services dans le réseau public et deuxièmement taire les mises à pied de milliers de travailleuses et de travailleurs sans compter les surcharges de travail et les coupes salariales.
Selon La Presse du 17/11/09 « les employés du réseau de la santé sont sur les genoux, les congés de maladie prolongés augmentent sans cesse et, une fois sur trois, ils sont causés par des problèmes psychologiques. C’est ça le « joyau collectif » selon la CSN. L’État, n’est pas un organisme neutre au service de l’ensemble de la société. Ce serait selon eux une sorte d'arbitre visant à concilier les conflits entre les classes et à maintenir "l'ordre et la paix sociale". Non , l'État actuel – quel que soit le parti au pouvoir – est une machine politique, idéologique et répressive de la classe capitaliste dont l'objectif n'est autre que de garantir le maintien de l'exploitation des travailleurs salariés tant du privé que du public. Les syndicats du secteur public ont lancé ce faux débat public-privé pour préparer une défaite cuisante des travailleurs et pour empêcher encore une fois l’unité entre les prolétaires du public et du privé.
Vous écrivez : « Les centrales syndicales sont divisées et ne cherchent plus qu'à justifier leur lâcheté. On est loin du front commun de 72. Nous, travailleurs de la santé qui portons le système à bout de bras, n’avons pas à écoper parce que nos syndicats veulent demeurer copain copain avec le gouvernement!… La seule chose qui peut réanimer les syndicats, ce sont des membres prêts à s’engager dans une réelle lutte politique. »(5) Rappelons que lors du Front commun de 72 les syndicats ont détourné les vagues de grèves illégales en une grève pour la libération des trois crapules syndicales : Laberge, Pépin et Charbonneau. Pourtant ce n’était pas la combativité des travailleurs qui étaient absentes mais le fait qu’ils faisaient confiance aux syndicats. Selon nous il est impossible de réanimer les syndicats étant donné que ce sont des organismes liés à l’État par mille et un fils, lois, subventions et concertations. Leur passé tant au Québec, dans les autres provinces et ailleurs dans le, monde prouve par de multiples exemples qu’ils sont des saboteurs de nos luttes. Il suffit juste de se rappeler leur sabotage et compromis dans toutes les luttes du secteur public.
Mettre de l’espoir dans le mouvement syndicat ne peut que mener à la défaite et empêcher une réelle lutte politique contre le capitalisme. Le boss syndical de la section locale 4713 du SCFP-FTQ lors de l’assemblée du 17 septembre a mentionné qu’un refus de l’offre était synonyme de moyens de pression et il ne croyait pas que les membres soient vraiment prêts à faire la guerre. C’est certain que derrière des boss syndicaux comme ce président défaitiste, les travailleurs n’ont aucune envie d’être manipulés. C’est certain que même les infirmières et les infirmiers ne s’embarqueront pas dans des actions niaiseuses comme du camping devant le parlement. Pour les syndicats, même des grèves étroitement contrôlées c’est encore trop. Par exemple le président de la FTQ s’est vanté qu’il n’y a eu que quatre jours de grève depuis 1996 dans l’industrie de la construction. (6)
Les syndicats ne peuvent être ranimés et il faut se battre contre eux dès le début d’une lutte, vous l’avez vécu en mai lors des assemblées de travailleuses et de travailleurs à l’hôpital de Verdun en écrivant« Force est de constater que les ressources humaines et nos syndicats locaux s'entendent sur les raisons de ne pas tolérer d'initiative politique de la part des travailleurs…. » (7)
Il faut briser la camisole corporatiste syndicale, en essayant de se rendre dans des AG d’autres secteurs.
La force d’une lutte est basée sur la recherche d’une unité la plus large dans la classe ouvrière, unité qui doit se forger dans l’extension et la solidarité, dans le développement d’un rapport de forces face à l’État bourgeois.
La direction de la lutte doit être entre les mains des travailleurs du début jusqu’à la fin.
Les Communistes Internationalistes-Klasbatalo 2/10/2010
1- Tract du comité Mobilisation Verdun Il est encore temps de refuser
2-Texte du comité Mobilisation Verdun La section locale 4713 du SCFP-FTQ rejette les offres
3-Idem
4-Tract du comité Mobilisation Verdun Il est encore temps de refuser
5-Idem
6- Interview avec Maisonneuve à Radio-Canada le 12 mars 2010
7-Lettre adressée aux syndicats locaux FIQ et CSN du CSSS Sud-Ouest Verdun
jeudi 26 août 2010
Ajouts à nos positions de base
mercredi 25 août 2010
Positions de base des Communistes Internationalistes- Klasbatalo!
3 - Les ex-pays de l’est de l’Europe, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, etc., n’ont jamais été des pays communistes quoiqu’en dise la propagande de la bourgeoisie, propagande stalinienne incluse. C’était et sont encore, pour certains, des pays où règne une forme spécifique du capitalisme d’État.4 - La participation de la classe ouvrière au cirque électoral et aux différents parlements est le meilleur moyen qu’a trouvé la bourgeoisie pour détourner le prolétariat de sa tâche historique : l'émancipation de l'ensemble de l'humanité. Tout comme le fascisme, la « démocratie bourgeoise » est un terrain où le prolétariat n’a aucune véritable place.
6 - Nous rejetons les tactiques de « front uni », de «fronts populaires » et « anti-fascistes ». Toutes ces tactiques mélangent les intérêts du prolétariat à ceux des fractions de la bourgeoisie quelles qu’elles soient et ne servent ultimement qu’à détourner la classe ouvrière de ses objectifs révolutionnaires.
8 - La classe ouvrière est la seule classe capable de mener à bien la révolution communiste. La lutte révolutionnaire conduit nécessairement la classe ouvrière à une confrontation avec l’État capitaliste. Pour détruire le capitalisme, la classe ouvrière devra renverser tous les États et établir la dictature du prolétariat à l’échelle mondiale : le pouvoir international des conseils ouvriers, regroupant l’ensemble du prolétariat.
10 - Un premier pas vers ce but est l’organisation politique révolutionnaire des prolétaires ayant une conscience de classe et leur union dans un parti politique international. Le rôle de ce parti ne sera pas de prendre le pouvoir au nom de la classe ouvrière mais de participer à l’unification et à l’extension de ses luttes ainsi qu’à leurs contrôles par les ouvriers eux-mêmes, et à la diffusion du programme communiste afin de conscientiser le prolétariat en classe pour soi. Seule la classe ouvrière dans sa totalité, à travers ses propres organes autonomes, par exemple les conseils ouvriers, peut instituer le socialisme. Cette tâche ne peut être déléguée, même pas au Parti de classe le plus conscient.
11 – La pratique révolutionnaire ne laisse aucune place à des attitudes de sectarisme et de repli sur soi. Nos idées doivent être entendues au sein de notre classe. Nous nous donnons comme mandat d’intervenir le plus souvent possible, selon nos forces réelles, au sein des différentes luttes de notre classe, afin d’échanger et de participer à la clarification du programme prolétarien, et à l’édification du parti révolutionnaire.
vendredi 30 juillet 2010
Retour sur le G20
Lors du G20 d’avril 2009, une entente était intervenue pour confirmer la poursuite d’injection de 5000 de milliards de dollars US dans l’économie capitaliste avant la fin de 2010. Cette politique inefficace des états capitalistes a entraîné un endettement que le classe ouvrière doit payer. C’est ce qui est commencé en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Islande, en France, en Hongrie en Irlande et en Californie.
À peine 16 mois plus tard, le G20 de Toronto a montré que la bourgeoisie est toujours incapable de trouver une solution à la crise.
Après tout le battage publicitaire des médias bourgeois sur cette rencontre des crapules capitalistes de vingt pays, le G20 a montré que la bourgeoisie mondiale était divisée sur les solutions à court terme de la crise capitaliste. Des pays européens comme la France et l’Allemagne ont mis de l’avant la taxation des banques en vue de constituer un "fond de résolution" des crises financières. Ils ont reçu l’appui d’ATTAC, une association pour la taxation des transactions financières qui voudrait maintenir le capitalisme en imposant ce type de taxe. Quant à l’état canadien représenté par Harper, il s’est opposé férocement à ce type de taxe. Les banques canadiennes ayant été moins frappées par la crise financière que les autres banques du monde ont trouvé en Harper un fidèle chien de garde. Son cheval de bataille a été la lutte contre le déficit auquel doivent s’attaquer les dirigeants du G20, déficit qu’il faudra réduire d’au moins 50% d’ici 2013. Il a déjà été suivi sur ce chemin par la France et l’Allemagne. Réduire le déficit pour une crapule bourgeoise comme Harper, c’est lancer des plans d’austérité qui vont baisser le niveau de vie de la classe ouvrière. Cela n’a pas empêché l’intention de son gouvernement d’acheter 65 avions militaires F-35 au coût de 9 milliards de dollars canadiens sans compter les milliards de plus pour l’entretien des appareils. Selon Michel Fortmann, directeur du Centre d’études sur la paix et la sécurité internationale, « le F-35 est un avion de combat prévu pour des conflits de nature industrielle et de haute technologie ». La Presse, samedi 17 juillet 2010. Quant à Yves Bélanger, directeur du Groupe ressource sur l’industrie militaire et la sécurité à Montréal estime que « cette politique affirme que le monde est devenu incertain et qu’il faut se préparer à intervenir à l’étranger ». Idem
Le Canada comme les autres pays préparent la guerre pour régler la crise du capitalisme.
Les Etats-Unis, quant à eux, veulent toujours que l’État aide les capitalistes, c’est-à-dire maintienne son plan de sauvetage des institutions financières sans lancer de programme d’austérité. Il faut dire que l’utilisation du dollar comme principale monnaie mondiale d’échange combinée à la chute de l’euro sert à camoufler l’énorme dette américaine. L’État a aussi augmenté son budget militaire de 3,4% par rapport à l’année précédente soit un montant global 704 milliards US montant qui est du même ordre que le plan de sauvetage. La classe ouvrière américaine en paie le prix, dans plusieurs secteurs et territoires, son niveau de vie est comparable à celui des années 30.
Les manifestations aux G20 sont loin d’être une menace réelle pour le capitalisme.
Le mot d’ordre des maoïstes et de groupes anarchistes de « chercher à annuler le sommet du G20, ou du moins de le perturber significativement, en s’approchant des lieux de négociation passe minimalement par faire sauter leur clôture et pénétrer leurs périmètres de sécurité le plus loin possible » était à tout à fait ridicule. Il attirait les médias avec du sensationnalisme et surtout il détournait l’attention du prolétariat des divergences entre les différentes puissances. Comme indiqué plus haut la bourgeoisie du monde entier n’a pas de solution pour régler la crise si ce n’est de la marche vers la guerre mondiale.
Après l’écrasante répression des manifestants, le PCR maoïste parle d’une « grande victoire populaire » (sic), pour que, ses héros (ou zéros) maoïstes puissent se pavaner en martyrs dans les réunions de leur « parti ». « Grande victoire populaire » avec près de 1000 arrestations et une confusion extrême sur l’enjeu d’une véritable lutte contre le capitalisme. Loin de parler de la classe ouvrière comme classe révolutionnaire les maos parlent du vrai monde.
Ce type de manifestation confirme que cette opposition est divisée et parcellisée en groupes identitaires (Autochtones, gays, syndicats, pacifistes, gauchistes, antiracistes, queers, etc.)
S’il faut parler de victoire, ce sont celles des forces de sécurité et de répressions qui ont empochées un milliard et fichées près de 1000 personnes. Cela a aussi eu comme résultats chez plusieurs manifestants et groupes de demander plus de démocratie bourgeoise par une demande d’enquête publique comme si l’État canadien ou ontarien était neutre.
Pour les internationalistes, la révolution n’est pas l’affaire d’une poignée d’individus aux méthodes cryptiques qui prendraient en main la patente révolutionnaire au nom d’une classe – dans un aventurisme fait d’intrigues, d’actions symboliques et de manœuvres politiques – mais bien l’affaire d’une classe majoritaire guidée par les mots d’ordre de son parti révolutionnaire. On ne pourra détruire le capitalisme sans un programme véritablement révolutionnaire qui vise l’abolition du travail salarié, des frontières et de l’argent. Un parti internationaliste basé sur un tel programme est à créer.
Des Communistes Internationalistes, Montréal. Le 23 juillet 2010