jeudi 22 septembre 2011

Résolution honteuse du CCI contre la Gauche communiste Dans le secret, le CCI actuel se trahit et trahit la classe ouvrière

La publication de cette article est le fait d'un seul membre des CIK et n'engage pas du tout les autres camarades des CIK.



Nous publions cet article du bulletin #6 de la Fraction de la Gauche Communiste Internationale avec lequel nous sommes d’accord parce qu’il faut à présent non seulement défendre les organisations de la GC mais en plus faire un travail pour les redresser (s'il y a lieu de le faire) et également de tenter un regroupement.


Les Communistes Internationalistes Klasbatalo


Résolution honteuse du CCI contre la Gauche communiste

Dans le secret, le CCI actuel se trahit et trahit la classe ouvrière


Voici ce que le CCI a voté lors de son 16ème congrès international en 2005 :


« Tous les groupes du milieu politique prolétarien, sauf le CCI, sont traversés par la plus dangereuse crise depuis l’après-guerre … l’incapacité des groupes du milieu, à part le CCI, à être à la hauteur du défi de la nouvelle période historique » ; « Outre le BIPR, les autres groupes du milieu prolétarien ne sont plus capables de contribuer positivement au futur parti de classe, la priorité de notre intervention n’est plus de les aider à y contribuer… » ; « Il faut être conséquent : si on dit que les groupes du milieu politique prolétarien ont une attitude destructrice, il faut les discréditer politiquement » ; « Il faut que l’organisation soit la plus claire et homogène sur le but de notre politique vis-à-vis du BIPR : ce qui importe est de discréditer le BIPR … qu’il disparaisse sur le plan politique. Si cette politique aboutit à sa disparition physique, c’est tant mieux » ; « il faut utiliser les difficultés du forum du BIPR pour le discréditer » ; « …le CCI est la seule organisation existante capable de répondre aux besoins de l’avant-garde révolutionnaire » ; « seul le CCI aujourd’hui pose les fondations pour le futur parti que la classe devra faire surgir » ; « Puisque le CCI est aujourd’hui le seul groupe historique de la Gauche communiste capable de contribuer au futur parti mondial, le travail actuel de regroupement des forces révolutionnaires est d’abord et avant tout celui du renforcement politique, géographique et numérique du CCI » ; « …une organisation représentant la conscience historique, la méthode marxiste et l’approche organisationnelle qu’aujourd’hui seul le CCI peut offrir » ; « …si on dit que le milieu politique prolétarien a une attitude destructrice vers les nouveaux éléments, notre attitude doit être différente, il faut les mettre hors d’état de nuire… ».


1- C'est totalement par hasard que le petit bout de cette résolution prise par le CCI actuel nous est récemment tombé dessus, ou plutôt nous est tombé sur la tête. En effet et contrairement aux principes et méthodes que cette organisation a toujours défendus depuis sa fondation, c'est une résolution qui a, jusqu'à maintenant, sciemment été tenue secrète. Que ce soit par honte ou par "tactique opportuniste", le fait que cette résolution n'ait pas été rendue publique ne change rien au caractère haïssable de son contenu. Même si cette résolution parle d'elle-même, nous pensons nécessaire d'en souligner les principaux aspects afin "de rendre la honte plus honteuse".


2- Que nous dit cet infâme texte ?

a) que le MPP [Milieu Politique Prolétarien]est en plein effondrement, qu'il n'a plus de raison d'être, parce tous les groupes qui le composent, sauf le CCI d'aujourd'hui (bien sûr !), ne sont pas "à la hauteur" de leurs responsabilités vis-à-vis de la classe ;

b) que ledit CCI, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé et fait dans le passé, n'a plus l'intention "de les aider" ;

c) ne trouvant pas cela suffisant, et parce qu'il juge tous ces groupes "destructeurs", il se propose même de "les discréditer politiquement", de "les mettre hors d'état de nuire" ;

[Ainsi le CCI, tournant le dos à ses propres fondements politiques, décide, à la place de l'Histoire (la guerre et la révolution pouvant, seules, trancher sur la question) et selon son bon vouloir, que des organisations politiques d'avant-garde - que la classe a mis tant d'années et d'effort à créer et à développer - méritent de disparaître.] ;

d) et, dans le cadre de cette charge digne de la bourgeoisie, ce CCI en toc accorde une place particulière et privilégiée au BIPR (la TCI actuelle) ; non seulement il souhaite (et s'engage concrètement pour) "qu'il disparaisse sur le plan politique" mais le clame et s'en félicite sans vergogne : "Si cette politique aboutit à sa disparition physique, c'est tant mieux !"

e) Dans sa folle logique, le CCI ne peut être que le seul rescapé de la prétendue "déroute générale" et même la seule organisation "capable de contribuer au futur parti mondial" ; la politique de regroupement qui a toujours été au cœur de l'existence du vrai CCI s'est lamentablement réduite au simple "renforcement politique, géographique et numérique du CCI"

Affaiblir gravement la classe révolutionnaire et la soumettre politiquement et physiquement, est forcément, surtout dans la période que nous vivons, un objectif impératif de la bourgeoisie. Dans le CCI d'aujourd'hui et dans sa politique exprimée par cette résolution, la classe dominante a trouvé "son cheval de Troie" vis-à-vis de l'avant-garde politique de la classe. Ce CCI-là s'est clairement engagé dans une politique de destruction du Camp prolétarien :

- de façon directe, en s'attaquant aux groupes qui le composent, surtout les plus sérieux, ceux de la Gauche communiste ;

- de façon indirecte, en brouillant et en déformant son image (Cf. ses nombreuses tentatives faites, ses dernières années, pour introduire des organisations anarchistes en son sein).


3- La "politique de regroupement" du vrai CCI

Depuis sa fondation et quelle qu'ait été la situation générale et l'état des organisations du Camp prolétarien, le CCI a toujours, sans défaillir, mis au cœur de son activité une politique de regroupement obstinée. Les multiples résolutions de Congrès, les nombreux "appels" faits aux autres groupes, sans oublier les correspondances internationales n'ont cessé de mettre en avant, de manière quasi-obsessionnelle, cette politique. En ne prenant que quelques exemples ici ou là, on est interpellé par la démarche, le contenu et l'état d'esprit de cette politique qui, à l'évidence, est totalement opposée à celle mise en avant aujourd'hui. Elle pouvait se définir en ces termes clairs :

"Il s'agit d'établir une coopération consciente entre toutes les organisations, non pas pour réaliser des regroupements hâtifs, artificiels, mais pour engendrer une volonté et une démarche qui donnent toute son importance à un travail systématique de débats, de confrontations fraternelles entre forces politiques prolétariennes." (Adresse aux groupes politiques prolétariens, Revue internationale 35, 1983).

Contrairement à ce qui prévaut actuellement, la place des "anciens" groupes y est centrale, tant pour le renforcement de leurs liens : "… vis-à-vis des "anciens" groupes, (...) la priorité doit être donnée à un resserrement des rapports avec l'autre pôle de référence historique du milieu : le courant du BIPR (poursuite et amélioration de la qualité du débat public et international, présence à leurs réunions publiques, propositions de réunions publiques communes, contacts directs aussi fréquents que possible)" (Résolution sur le Milieu Politique Prolétarien, Revue internationale 51, 1987), que pour servir de références et de tremplins pour les "nouveaux", ceux que le prolétariat fait surgir de nos jours : "Une nouvelle génération révolutionnaire ne vient pas par la voie de la génération spontanée, mais se hisse, en continuation, sur les épaules des générations révolutionnaires antérieures du prolétariat." (Correspondance internationale - Argentine –, Revue Internationale 49, 1987).

C'est bel et bien à une trahison fondamentale qu'on a affaire.

Parce qu'une telle politique ne peut mener qu'à la mort, pour le prolétariat, de l'organisation qui la prône, il est également de la responsabilité des militants sincères qui se trouvent au sein du CCI actuel – malgré les défections de ces dernières années, nous savons qu'il en reste encore - de s'élever contre elle. Militants du CCI , où vous situez-vous ? Combien de temps encore allez-vous accepter de vous asseoir, « fraternellement », à la même table que l'anarchisme et de participer en même temps à la politique de destruction des autres groupes de la Gauche communiste ?

Parce que ce sont les intérêts historiques de notre classe qui sont en jeu, il y a aussi nécessité pour toutes les organisations de mener un combat ouvert contre cette politique ; militants et organisations de cette Gauche, quels que soient vos désaccords avec les positions du CCI d'origine, quelles que soient vos considérations sur l'actuel CCI, vous ne pouvez laisser, s'instaurer une telle politique sans réagir, sans élever votre voix contre elle, sans la dénoncer énergiquement. Ce n'est qu'ainsi que vous et nous pourrons encore sauver ce qui peut l'être - ne serait-ce que quelques forces militantes - de l'organisation qui s'appelle encore "CCI" et du courant politique qu'elle incarne de moins en moins et que, pour notre part, nous continuons à représenter fièrement et à défendre.


La Fraction de la Gauche communiste internationale, août 2011.


Dans un autre article La crise économique, la marche à la guerre et la lutte des classes s'accélèrent, la FGCI a ajouté la note de bas de page suivante.

Depuis lors [2005]la politique liquidationniste du CCI actuel a fait des émules. Déjà en 2009, le groupe Perspective internationaliste avait lancé un Appel à un milieu "pro-révolutionnaire" sur la base d'un rejet identique des groupes communistes. Maintenant, les cercles ayant démissionné dernièrement de la TCI, l'Istituto Damen, et du CCI, Controverses, vont plus loin encore que PI et rejoignent la politique de liquidation du CCI actuel en décrétant la "faillite de la Gauche communiste" et appelant à la disparition-dissolution de ses principales organisations... TCI et CCI. Pour cette dernière organisation malheureusement, le processus est bien engagé si l'on en croit le bilan que cette organisation présente de son 19ème congrès international – nous comptons y revenir dans notre prochain numéro. Pour la TCI, nous ferons tout ce que nous pourrons pour lutter à ses côtés pour le regroupement et la constitution d'un véritable parti communiste mondial contre la "liquidation".


mercredi 24 août 2011

La crise de la « dette souveraine » internationale

Les communistes Internationalistes klasbatalo n’ont aucun lien organisationnel avec la Tendance Communiste Internationaliste et ne partage pas toutes ses positions politiques. Nous publions cet article parce qu’il fournit une bonne analyse de la crise financière de plusieurs États.

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La crise de la « dette souveraine » internationale

(traduit de l’anglais par la FGCI)

Après la crise des “subprimes”, c’est maintenant au tour de la dette “souveraine”. Les analystes bourgeois se sont rués pour condamner la grave situation actuelle comme une folie des marchés. En réalité, la seule folie est tout le système capitaliste global qui se débat de manière angoissée dans ses propres contradictions insolubles. Les soit-disant marchés ne représentent qu’une douzaine ou presque de banques internationales et de centres financiers. Ils “administrent” de manière spéculative quelque chose comme 600 000 milliards de dollars par an, soit 12 fois le PIB mondial. Il s’agit d’une masse de capitaux fictifs qui parcourt chaque jour les quatre coins de la planète à la recherche d’un avantage économique immédiat dans le but de générer plus de capital à réinvestir dans d’autres activités spéculatives comme une sorte de chaîne de lettres dont on peut voir la chaîne. L’argent en soi ne peut pas produire plus d’argent (sauf fictif il faut le noter) s’il n’est pas investi de manière productive dans le rapport capital-travail salarié. La spéculation, quelle que soit la forme qu’elle prend, ne produit pas de plus-value mais elle représente seulement un transfert de valeur qui a déjà été produite.

Ce phénomène n’est pas nouveau pour le capitalisme mais il a crû de manière exponentielle dans les dernières décennies, simplement parce que la production réelle est confrontée à une crise du profit rendant difficile que le mécanisme d’accumulation puisse opérer. Ce qui a été défini universellement comme une crise financière est en réalité une crise économique dont les origines reposent dans la difficulté croissante du capitalisme à survivre avec un taux de profit plus bas que jamais qui est de moins en moins rémunérateur pour l’investissement. La crise des profits a poussé une masse encore plus importante de capitaux à se retirer de la production pour aller à la recherche d’un faux espoir de valorisation au travers de la spéculation, déplaçant le problème du secteur productif vers le secteur spéculatif. Celui-ci en retour – après avoir causé une série d’explosions des bulles financières – est revenu au monde de la production réelle aggravant la situation très précaire qui avait initié le mécanisme spéculatif pervers dans un premier temps. Voilà le contexte dans lequel la crise des dettes souveraines est née et s’est développée ; et qui engloutit, à différents niveaux d’intensité, tous les principaux Etats capitalistes.

La dette souveraine, ou plutôt la dette publique – en d’autres termes la dette que l’État contracte avec les souscripteurs nationaux et internationaux pour financer ses propres activités – est d’autant plus grande que l’État doit intervenir pour soutenir l’économie nationale. Dans les dernières décennies, à côté du financement normal des dépenses publiques, la dette souveraine a dû pourvoir aux échecs que la baisse progressive du taux de profit a provoqué sur les entreprises de la sphère privée comme publique. Quand la crise a alors éclaté dans la sphère financière, la dette publique a dû se charger du fardeau pour restaurer la santé des banques et des institutions financières directement impliquées dans la crise. Cela voulait dire une sorte de nationalisation de la finance, bien au-delà du soutien que l’État a apporté à quelques géants du privé comme ceux du secteur mécanique des fabricants automobiles.

Pour les principaux pays impérialistes, le coût des dépenses de guerre et d’armement a fait le reste. L’exemple le plus parlant dans le monde est représenté par la situation américaine. La crise de la baisse du taux de profit s’est poursuivie durant des années dans le cadre du mécanisme de la valorisation du capital. Elle a favorisé la course à la spéculation et a déterminé l’éclatement de la bulle financière qui a anéanti des milliards et des milliards de dollars, obligeant l’État à une intervention précipitée et coûteuse qui a asséché ses réserves financières et l’a amené au bord de l’effondrement. Sa dette souveraine a atteint 14500 milliards de dollars équivalents à 102% de son PIB. Selon certains analystes américains, la dette est en réalité beaucoup plus importante et serait en fait de 140% du PIB si le calcul statistique incluait le montant des “Bonds” [Les Bons du Trésor américain, ndt] détenus par les fonds d’assurance et les Etats fédéraux.

Avec de tels chiffres, les États-Unis n’auraient, par exemple, jamais pu rentrer dans les critères de Maastricht ; et s’ils avaient été dans l’Union Européenne, ils auraient fini dans une situation pire que celle de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne ou de l’Italie. Si on y ajoute le déficit fédéral, autour de 11% du PIB, et qu’on y inclut les dettes des particuliers et des entreprises, le résultat auquel nous arrivons est catastrophique. L’État du Minnesota s’est déclaré en faillite. Il n’est plus capable d’assurer les services sociaux et ne peut plus payer ses employés. Il attend du gouvernement fédéral qu’il intervienne financièrement ce qui n’est pas encore arrivé. Quelques 40 autres États sont quasiment dans la même situation. Ce qui est étonnant c’est que la reclassificatiion des Bons américains ne s’est faite qu’aujourd’hui et non auparavant, et pourquoi seulement de la part de la Standard and Poor alors que Moody’s continue à attribuer un AAA.

Par rapport à cela, la protestation du Trésor américain sur une erreur présumée de 2000 milliards dans le calcul de Standard and Poor apparaît ridicule sinon embarrassante. De plus, la faiblesse des Bons américains émis en dollars a déclenché une guerre de concurrence planétaire avec l’euro au premier chef qui met en en péril l’économie européenne déjà peu solide. La Chine – qui possède 1250 milliards de dollars dans ses réserves monétaires – crie au scandale. Elle reproche au gouvernement américain de vivre au-dessus de ses moyens et de ne pas en faire assez pour remettre les choses en ordre. Elle menace de diversifier ses réserves monétaires (ce qu’elle a déjà commencé à faire depuis quelques années) et d’appeler à la création d’une nouvelle monnaie internationale en remplacement du dollar, à condition que celle-ci se base sur un ensemble de monnaies plus dignes de confiance.

Quelles sont donc les issues pour sortir de la crise ? Les mêmes que d’habitude mais avec quelques différences. En 1929, les moyens financiers existaient pour mettre en place un mécanisme de soutien à la demande. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Les moyens financiers n’existent plus ; les États sont lourdement écrasés par la dette et la seule manière dont le capitalisme peut perdurer est à travers une plus grande dégradation de la force de travail. Prenons l’exemple le plus significatif, celui des États-Unis où le plus grand carnage social de l’histoire moderne est en train d’être organisé. Avec un tissu social où le véritable chômage a déjà atteint 16% (les chiffres officiels disent 9,8% mais ils sont complètement faux puisqu’ils ne prennent pas en compte les gens qui ne se présente plus aux bureaux de chômage et qu’ils n’inclut pas quiconque a travaillé à peine quelques semaines dans l’année), où 50 millions de personnes vivent dans la pauvreté absolue – et 90% d’entre eux survivent grâce aux distributions des organismes de charité – des coupes massives se font dans les dépenses publiques.

Le plan proposé, ou plutôt imposé, par Obama aux deux partis de la bourgeoisie prévoit une attaque violente contre les services sociaux et contre les allocations, une révision des rapports entre capital et travail, des réductions drastiques dans les dépenses publiques, des augmentations partielles d’impôts qui ne frapperont que les revenus tirés des salaires et non les revenus financiers ou ceux de la rente, et de profondes coupes dans tout ce qui est lié à l’intervention de l’État. Moins d’État social [ÉTAT PROVIDENCE ?] et, en revanche, des impôts et des coupes qui signifient plus de chômage et une augmentation, à la fois absolue et relative, de la pauvreté. Cela signifie aussi une plus grande exploitation sur les lieux de travail accompagné d’une réduction des salaires réels, d’abord dans tous les secteurs exposés à la concurrence internationale et ensuite dans tous les autres. Avoir un travail est difficile et il n’y a aucune garantie de le garder quand on en a un.

L’âge de départ à la retraite est retardé et les coupes dans l’assurance maladie vont suivre. Ce qui est mis en avant montre bien que les plans d’Obama pour réformer le système de santé – lequel n’existe que sur le papier – sont morts-nés tandis que des coupes massives sont envisagées dans les dépenses pour les systèmes Medicare et Medicaid déjà inadaptés. Il s’agit plus ou moins des mêmes “remèdes” que ceux qui ont été imposés à la Grèce pour qu’elle reçoive les subventions de la BCE et que les autres pays européens sont obligés d’adopter afin de pouvoir survivre à la seconde vague de la crise internationale.

C’est tout ce que le capitalisme peut concéder dans sa période de décadence historique. Le paradoxe est qu’alors que le développement des forces productives pourrait facilement fournir plus de biens et de meilleurs services pour chaque être humain, dans le cadre du capitalisme cela se transforme en une crise du taux de profit qui non seulement ne permet pas de bien-être social malgré la richesse produite mais aboutit à l’éclatement de crises économiques, avec leurs conséquences dévastatrices qui retombent sur les épaules de ceux qui produisent la richesse, les prolétaires. Et cela sans parler du danger de guerres qui ne sont plus limitées à des zones stratégiques pour les matières premières, mais de conflits plus globaux pour la survie de tel ou tel impérialisme, quel que soit les conséquences en terme de dévastation environnementale et de destruction folle des ressources de la planète.

Avec une telle perspective, il est plus que jamais l’heure du parti révolutionnaire mondial, du soulèvement de classe contre la crise du capital, contre les inévitables politiques de larmes et de sang, pour la création d’une société sans classe, sans capital et sans les maudites lois économiques basées sur la logique de profit. Une idée rétrograde ? Non ! C’est la seule solution face aux conséquences dévastatrices d’un système économique et social périmé qui, pour survivre à ses propres contradictions, est forcé de se nourrir en dépeçant le prolétariat international. C’est la seule issue praticable pour tout l’arc historique de la vie des rapports de production capitaliste.

FD

Tendance Communiste Internationaliste

http://www.leftcom.org/fr

mardi 5 juillet 2011

La « Grève de masse », un fait ou un processus ?

Nous publions ce texte du dernier bulletin #5 de la Fraction de la Gauche Communiste Internationale qui complète et corrige un tract (La "grève de masse" aujourd'hui et demain - Pour aller plus loin que les manifestations défouloirs contrôlées par les centrales syndicales). Le tract distribué était un résumé avec nos ajouts, d’un texte édité par nos camarades de la FGCI.

Nous avons distribué notre tract en mars lors d’une manifestation de l’Alliance sociale et de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.

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Lors de rencontres ou par mail, des camarades et lecteurs nous ont exprimé des réserves, un scepticisme sur notre analyse de la situation historique et particulièrement de l'évolution de la lutte des classes. Nous reprenons et restons fidèles à la méthode d'analyse du CCI d'origine, en particulier avec son analyse d'un « cours historique menant à des confrontations massives de classe », telle qu'elle a été largement développée et présentée dans la Revue internationale de cette organisation tout au long de son histoire, en particulier dans les années 1980. Parmi toutes les questions se rapportant à cette méthode d'analyse, une d'entre elles a plus particulièrement vu s'exprimer des questionnements, des incompréhensions ou des désaccords. Il s'agit de notre appréciation selon laquelle s'est ouverte aujourd'hui une période de « grève de masse internationale ». Certains rejettent le mot même de grève du fait que les grèves ne sont pas l'élément principal des réactions ouvrières aujourd'hui. D'autres estiment que nous surestimons le niveau de la lutte des classes car évoquer la « grève de masse » pour caractériser la période actuelle serait croire que nous nous trouvons dans une période révolutionnaire ou pré-révolutionnaire. Or, pour nous, c'est ouvertement, sous nos yeux, et cela malgré les tentatives soit de silence et de censure - rien dans les TV et journaux sur les grandes manifestations ouvrières en Grèce au moment même où avaient lieu le mouvement des « indignés » en Espagne -, soit de déformation - les mouvements actuels seraient pour de « véritables démocraties » -, que se déroule et se développe une dynamique de lutte en masse au niveau international. Les mouvements de classe d'Afrique du Nord, Tunisie, Egypte, aussi faibles étaient-ils, ont répondu aux réactions et luttes prolétariennes de la fin 2010, particulièrement à celle d'Europe (Grèce, France, Grande-Bretagne, Portugal, Espagne, etc.). Et à leur tour, ces mouvements des pays arabes, sur lesquels le prolétariat international avait les yeux braqués, sont venus être des facteurs d'encouragement au surgissement et au développement de mouvements de lutte en Europe, en Espagne bien sûr, en Grèce, etc... Il s'agit bien d'une dynamique internationale de luttes ouvrières face à la crise et aux attaques sur les conditions de vie qui est en train de se développer et de s'approfondir - quels que soient les obstacles qui met la bourgeoisie. Le processus de « grève de masse » est en cours... Nous avons décidé de mettre par écrit l'une de nos interventions sur le sujet estimant que cette question devait être portée et débattue le plus largement possible.

Ce que Rosa Luxemburg appelle "grève de (ou 'en' selon la version française) masse" et qu'elle décrit longuement et clairement dans son ouvrage, ne représente pas seulement, comme certains le pensent faussement, 1905 ou un événement de ce type, c'est-à-dire un mouvement de classe qui poserait ouvertement la question de la révolution ; c'est la lutte de classe et son processus de développement dans la période qui s'est ouverte au début du 20ème siècle. "Aujourd'hui la révolution russe a soumis cette argumentation à une révision fondamentale; elle a, pour la première fois, dans l'histoire des luttes de classe, permis une réalisation grandiose de l'idée de la grève de masse et même - nous l'expliquerons plus en détail - de la grève générale, inaugurant ainsi une époque nouvelle dans l'évolution du mouvement ouvrier." (Rosa Luxemburg, Grève de masse, parti et syndicat, 1906), notamment le processus qui va jusqu'à la période révolutionnaire, donc qui inclut ce qui la précède et la prépare :

« Ainsi quiconque veut parler de la grève de masse en Russie doit avant tout avoir son histoire devant les yeux. On fait commencer à juste titre la période actuelle, pour ainsi dire officielle, de la révolution russe avec le soulèvement du prolétariat de Saint-Pétersbourg le 22 janvier 1905 (…). Mais ce soulèvement de Saint-Pétersbourg, le 22 janvier n'était que le point culminant d'une grève de masse qui avait mis en mouvement tout le prolétariat de la capitale du tsar, en janvier 1905. A son tour, cette grève de janvier à Saint- Pétersbourg était la conséquence immédiate de la gigantesque grève générale qui avait éclaté peu auparavant, en décembre 1904, dans le Caucase, à Bakou et tint longtemps toute la Russie en haleine. Or, les événements de décembre à Bakou n'étaient eux-mêmes qu'un dernier et puissant écho des grandes grèves qui, en 1903 et 1904, tels des tremblements de terre périodiques, ébranlèrent tout le sud de la Russie, et dont le prologue fut la grève de Batoum dans le Caucase en mars 1902. Au fond cette première série de grèves, dans la chaîne continue de éruptions révolutionnaires actuelles, n'est elle-même distante que de cinq ou six ans de la grève générale des ouvriers du textile de Saint-Pétersbourg en 1896 et 1897. »

Réduire la "grève de masse" aux seuls mouvements prérévolutionnaires ou même révolutionnaires qu'a développés et développera notre classe est une incompréhension profonde de ce que met en avant Rosa Luxemburg et de l'essentiel du combat du prolétariat dans une période qui n'est pas contrerévolutionnaire (ce qui est le cas actuellement, et cela depuis la reprise ouvrière de 1968). Quand, dans notre texte du bulletin précédent, La "Grève de masse" aujourd'hui et demain, nous avons osé parler de "grève de masse" pour les combats qui se déroulent "aujourd'hui", nous n'avons fait, et cela fort modestement, que reprendre la vision que Rosa Luxemburg nous a transmis. Nous pouvons même dire que les conditions actuelles (l'ampleur et la profondeur de la crise qui s'attaque au monde capitaliste tout entier jusque dans son coeur ; ses implications terribles sur la classe ouvrière entrainant la paupérisation des masses ; les luttes de riposte massives qui gagnent toutes les zones de la planète...) donnent une ampleur à cette vision que même Rosa n'avait pu envisager. En effet, ce qu'elle décrivait au niveau de la seule Russie, nous le voyons commencer à se développer au niveau international : ces derniers mois seulement nous ont permis de voir des luttes importantes (par leur ampleur, par leur durée et par leur radicalisme anti-capitaliste) se développer simultanément ou se relayer, traversant l'Europe du nord au sud, passant au versant sud de la Méditerranée pour revenir vers son versant nord, s'attaquant tout aussi fortement aux autres continents et cela sans qu'aucune zone ne soit réellement épargnée. Et, parce que les conditions objectives, pour le moins, ne peuvent aller qu'en se développant, l'essentiel de ce processus de "grève de masse", qui a déjà commencé, se situe, à notre avis, devant nous.

Contrairement à ceux qui pourraient penser que Grève de masse, parti et syndicat est un vieux texte, « inadapté » à ce qui se passe dans notre période, voire même un texte « dépassé », nous invitons tous les communistes et militants à le relire attentivement et à se réapproprier ce texte (et tant d'autres) du mouvement ouvrier. Les communistes ont constamment, et aujourd'hui plus que jamais, besoin des enseignements que notre classe a tirés de ses expériences, donc des écrits des grandes figures du marxisme, comme Rosa Luxemburg, pour comprendre et intervenir dans la situation actuelle.

Tout ce que nous mettons en avant ici concernant le développement de la lutte de classe aujourd'hui ne signifie surtout pas que, pour nous, c'est "une autoroute" qui se profile devant notre classe. Si notre fraction refuse de minimiser ou d'ignorer les très fortes colère et combativité ouvrières qui s'expriment actuellement à travers la planète (et surtout dans les pays du coeur du capitalisme), elle est, en même temps, pleinement capable de prendre en compte la faiblesse importante que révèle actuellement le prolétariat au niveau de sa conscience (difficulté à se concevoir en tant que classe et perte de vue momentanée de sa perspective historique qui se manifestent notamment, par la très faible influence, en son sein, de la Gauche communiste...), laquelle est avant tout le fruit de la prétendue "fin du communisme" qui a fait suite à l'effondrement du stalinisme. Cependant, nous sommes certains qu'il ne peut y avoir de dépassement de cette faiblesse sans le développement du combat quotidien et de plus en plus large que mène la classe contre les effets de la crise capitaliste. Il est là le chemin ; c'est ce à quoi nous assistons actuellement et que nous devons, d'abord et sans réticences, soutenir et encourager. Comme dit Rosa : "Un océan de privations et de souffrances terribles est en effet le prix auquel toute révolution est achetée par la masse prolétarienne.... Cet éveil de la conscience de classe se manifeste immédiatement de la manière suivante : une masse de millions de prolétaires découvre tout à coup, avec un sentiment d'acuité insupportable, le caractère intolérable de son existence sociale et économique, dont elle subissait l'esclavage depuis des décennies sous le joug du capitalisme. Aussitôt se déclenche un soulèvement général et spontané en vue de secouer ce joug, de briser ces chaînes. Sous mille formes les souffrances du prolétariat moderne ravivent le souvenir de ces vieilles plaies toujours saignantes."

Mais la bataille est encore, pour l'essentiel, à mener ; le processus de "grève de masse" n'en est, selon nous, qu'à ses débuts, non pas seulement du fait des faiblesses actuelles propres à la classe qui a l'immense responsabilité historique de se lancer "à l'assaut du ciel", mais aussi et surtout du fait de la pression énorme qu'exerce sans cesse sur elle la classe dominante, physiquement et surtout idéologiquement. Cette pression, qui s'est surtout développée dans la période de décadence, prend, dans la période que nous vivons et qui révèle de plus en plus clairement la faillite totale du capitalisme et l'incapacité de la bourgeoisie à lui apporter une solution, une importance jamais atteinte dans l'histoire de l'humanité. C'est une classe dominante au bord du gouffre qui est dans l'obligation de peaufiner et d'utiliser toutes les outils à sa disposition pour chercher à désarmer préventivement son bourreau, d'où le développement incroyable de la répression, celui des immenses campagnes idéologiques (les "démocratiques" avec toutes leurs déclinaisons, l'anticommunisme etc.), dont le prolétariat est la principale cible et d'où la multiplication des obstacles qu'elle place au sein même de ses luttes.

Concernant ce tout dernier aspect (les obstacles au sein des luttes), existe une conception de la lutte de classe que les communistes ne peuvent pas partager et qu'ils doivent combattre. Celle-ci se révèle dans une certaine tendance à mésestimer, pour le moins, les luttes ouvrières dans lesquelles s'exprime l'influence de la bourgeoisie (aujourd'hui, la présence ou le contrôle des syndicats, les illusions démocratiques et autres...) ; comme si, pour exprimer les intérêts et les préoccupations de la classe ouvrière, les luttes se devaient d'être "pures". Ainsi, celles qui, semble-t-il, sont, à un niveau ou à un autre, influencées par l'idéologie de la bourgeoisie ou qui seraient contrôlées par ses agents politiques ou syndicaux, seraient à ignorer ou peut-être même à rejeter. Développer une telle conception et vouloir agir en fonction d'elle reviendrait à attendre la lutte "pure" et donc à rejeter la quasi-totalité du combat du prolétariat. Dans la conception marxiste, il n'y a pas de lutte "pure" qui, seule, mériterait d'être prise en considération ; selon nous, une telle conception serait, au mieux empruntée à l'idéalisme, voire à l'anarchisme. Le combat contre la classe ennemie existe jusqu'au sein même de la lutte. L'affirmation de la classe ne passe pas seulement par son opposition ouverte à l'exploitation que lui impose le capitalisme, mais aussi et obligatoirement par son combat pour se défaire de la présence et de l'influence, au sein de ses luttes, de la classe ennemie. C'est ce que l'expérience historique nous a amplement démontré, surtout dans la période de décadence dans laquelle la bourgeoisie a développé le capitalisme d'État avec sa mainmise sur tous les plans de la société, en particulier vis-àvis de la classe qui la hante. Il n'est pas nécessaire d'étaler ici tous les exemples qui le prouvent ; mais, n'est-il pas, au moins, nécessaire de rappeler que, jusque dans "la forme enfin trouvée de la prise du pouvoir" - les conseils ouvriers -, ce combat a eu lieu en 1905, en 1917, en Russie et en Allemagne ; qu'en leur sein, la bataille a pu voir dans un cas la victoire de notre classe, dans l'autre celle de l'ennemi. Débarrassons-nous donc de cette conception de la lutte "pure", car elle ne permet pas d'appréhender la réalité et surtout elle n'appartient pas au prolétariat.

La FGCI (08/06/11)


lundi 30 mai 2011

Les anarchistes contre la classe ouvrière


Nous venons de publier une brochure Les anarchistes contre la classe ouvrière. Quel est donc le but de cette brochure? De par la radicalité de son discours et de ses moyens d’actions, le mouvement anarchiste rejoint certaines franges du prolétariat, en particulier les jeunes travailleurs-euses et les étudiants prolétarisés. Cette brochure veut donc montrer en quoi l’anarchisme est une voie de garage pour la lutte révolutionnaire et en quoi il est, en période révolutionnaire, un des derniers recours que la bourgeoisie a entre ses mains pour sauvegarder le capitalisme. En d’autres mots, nous souhaitons, à travers la dénonciation de l’anarchisme, remettre à l’ordre du jour le programme communiste, l’exposer devant notre classe en espérant que plus de travailleurs-euses, dans leurs luttes contre le capital, se l’approprient.
Index de la brochure
Les anarchistes contre la révolution prolétarienne
La radicalisation des mouvements sociaux
Autogestion, lifestylisme et activisme
Frontisme avec la bourgeoisie
Le marxisme est-il autoritaire?
Bon communisme, méchant communisme
L’État comme puissance dominatrice autonome? Où la conception dominé/dominant pour évacuer la lutte de classes
Organisation, centralisme et fédéralisme
Révolution prolétarienne
Internationalisme
Rôle du parti
Rôle des conseils ouvriers
Dictature du prolétariat
Annexe I : Espagne 36 : Le mythe des collectivités anarchistes
Annexe II : Réponse à l’action des groupes gauchistes le 1er mai 2008
Annexe III :L’anarchisme cherche à infiltrer le camp prolétarien. Le Courant Communiste International actuel lui ouvre la porte.
Positions de base des Communistes Internationalistes-Klasbatalo
Il est possible de la commander en envoyant un courriel avec vos coordonnées en écrivant à : cim_icm@yahoo.com

mardi 17 mai 2011

Moyen-Orient, gaz de schiste, élections…lettre d’un sympathisant et notre réponse

Salut

Tout va très bien, désolé pour mon silence mais j'ai de nombreux projets en cours : verger biologique, restauration lacs, et en plus producteur acéricole et forestier. J'ai lit le tract sur l'égypte et d'autres textes que vous m'avez envoyer qui sont très représentatifs de la situation. Cette vague de colère est exploité par nos médias qui dénonce les méchants dictateurs tandis que la démocratie à l'occidentale est tellement irréprochable et la vois de l'avenir. Le dossier inquiétant du moment à mon avis c'est l'exploitation des gazs de schiste au québec, à ce sujet le documentaire ``gasland`` nous dresse un portrait de ce qui nous attend si nous nous mobilisons pas. Et tant qu'on vivra dans une société capitaliste nous devrons nous défendre contres ses bandits. Si on élimine l'argent et le profit pour établir une société équitable et éthique où tout abus envers dame nature sera proscrit, là nous pourrons dire que nous avons pris le droit chemin.

Continuez de m'envoyer vos tracts, source d'espoir.

Un sympathisant

Salut

Nous sommes tous biens contents d’avoir de tes nouvelles. Nous sommes aussi très enthousiastes à l’idée que tu lis les textes et tracts que l’on t’envoie de temps à autre.

Bravo de ne pas avoir tombé dans le piège démocratique lors des derniers événements du monde arabe. En effet comme tu l’affirmes, que ce soit la démocratie libérale ou une dictature militaire qui règne au Maghreb, le seul grand maître de la société actuellement et internationalement est le capitalisme. C’est donc un leurre de combattre en ce moment au Moyen-Orient pour la démocratie alors qu’un nouveau régime démocratique là-bas ne changerait rien sur le fond : le capital exploiterait le prolétariat de toute façon! La plupart de groupes de gauche ont soutenu les « révolutions » sous prétexte que la démocratie est un moindre mal comparé à la dictature. En fait, ils se démasquent en tant que partisans d’un capitalisme à visage humain. Or, un tel capitalisme n’existe pas! En effet, parce qu’il est un système composé de cycles économiques (et donc politiques), un cadre systémique compétitif, il n'est pas gouvernable par les sentiments ou le bon-vouloir moral de ses dirigeants. Et c’est donc pour cela que nous organisons pour de renverser le capitalisme!

Au sujet de l’exploitation des gaz de schiste, en effet c’est très préoccupant comme tu l’affirme. Seulement, on ne peut pas comprendre pourquoi l’industrie pétrolifère au Québec tient tant à ses puits de gaz de schiste sans comprendre les logiques mêmes du capitalisme. Le capital doit toujours faire de plus en plus de profit pour se maintenir en tant que capital, sinon il dépérit face à la concurrence. En d’autres mots, les big boss de l’industrie du pétrole et du gaz doivent toujours trouver d’autres moyens pour faire plus de profits, sinon d’autres big boss vont les manger tout rond. Un de ceux-là est de développer des nouveaux marchés en exploitant des ressources naturelles qui étaient jusqu'à maintenant inexploitées, comme les gaz de schiste. Ainsi, pour nous, lutter contre le développement des puits de gaz de schiste, une lutte importante au niveau de la protection de l’écosystème, ne peut se concevoir que dans le cadre d’une lutte générale contre le capitalisme, donc une lutte pour la révolution prolétarienne.

Qu’en penses-tu?

Nous continuerons de t’envoyer tous nos tracts, textes, prises de position et brochures. Je t’invite fortement à visiter, en complément à notre matériel et seulement dans la mesure où tu as du temps libre, les sites internet de d’autres organisations de la Gauche Communiste :

http://www.leftcommunism.org/index.php?lang=fr

http://fr.internationalism.org/

http://fractioncommuniste.org/

http://proletariatuniversel.blogspot.com/

http://www.pcint.org/

http://www.leftcom.org/fr

Et bien sûr notre blogue :

http://klasbatalo.blogspot.com/

Porte-toi bien!

… pour les Communistes internationalistes – Klasbatalo

samedi 23 avril 2011

ÉLECTIONS CANADIENNES : A BAS LE CIRQUE ÉLECTORAL, VIVE LA LUTTE PROLÉTARIENNE!

Le 2 mai prochain le cirque parlementaire jouera son énième représentation au Canada pour l’élection d’un nouveau gouvernement fédéral. Les divers partis de la bourgeoisie se sont rués pour participer à cette mascarade une fois de plus et pour convaincre les travailleurs qu’en votant pour eux ils amélioreront leur sort!

Pendant ce temps les conditions de vie de la classe prolétarienne continuent de se détériorer avec notamment des suppressions d’emploi, comme avec la fermeture annoncée pour 2012 de l’usine d’électroménagers Electrolux située dans la ville de l’Assomption au Québec. Les attaques contre les acquis sociaux(Note 1 des CIK), gagnés grâce à de dures luttes ouvrières, se poursuivent partout au Canada, comme avec le dernier budget du ministre des Finances Raymond Bachand au Québec. Les frais de scolarité des universités québécoises, qui sont historiquement les plus bas en Amérique du Nord, vont augmenter de 325$ par année à compter de 2012 dans le but de rattraper la moyenne canadienne, passant de 2168$ (leur niveau actuel) à 3793$ pour chaque année de scolarité! Les cotisations au régime de retraite québécois ont aussi été augmentés, accroissant ainsi les ponctions sur le revenu prolétarien, et une hausse des pénalités de 0.5% à 0.6% pour ceux et celles qui prendront leur retraite avant 65 ans a été institué. A Toronto, principale ville canadienne, le maire nouvellement élu en 2010 Rob Ford, veut privatiser la majeure partie de la collecte de déchets, la Société d’habitation de Toronto et «tout ce qui n’est pas coulé dans le ciment», autrement dit une bonne partie des services publics de cette ville. Le but est de faire baisser le plus possible les conditions de travail des prolétaires qui travaillent dans les services publics. Le dernier budget du gouvernement Harper en mars dernier a institué une augmentation les cotisations au régime d’assurance-emploi, diminué les impôts des grandes entreprises, gelé les dépenses d’exploitation des sociétés d’États comme Radio-Canada et Postes Canada pour bloquer toute hausse salariale pour les employés, etc.

Tout ceci n’est qu’un avant-goût de ce qui attend la classe ouvrière canadienne, car les effets de la crise capitaliste qui va s’intensifiant obligent la bourgeoisie à accroître son exploitation en s’attaquant toujours plus à ses conditions de vie et de travail, y compris en rognant les acquis concédés autrefois pour maintenir la paix sociale. Le prolétariat ne pourra y répondre que la lutte, pas par les élections.

En effet, contrairement au mythe répandu par la classe dominante, ses médias monopolisés, les institutions bourgeoises (école, églises, etc…) et par les partis et syndicats réformistes (Voir la note 2 des CIK) , les élections ne représentent nullement une quelconque expression d’une «volonté populaire». L’orientation des politiques gouvernementales est déterminée par les intérêts des grands groupes capitalistes dont l’État bourgeois est un serviteur. Les élections ne servent à rien sinon à mystifier le prolétariat en lui faisant croire que son bulletin de vote peut contribuer à faire «changer les choses». Elles font perdurer les illusions démocratiques, selon lesquelles tous les «citoyens» sont égaux et l’Etat est une institution neutre obéissant gentiment aux bouts de papier déposés dans les urnes, et qu’il n’est donc pas besoin de la lutte de classe. Ces illusions, qui sont un obstacle majeur à la reprise de la lutte des classes, contribuent à maintenir le mythe puissant à l’effet que les institutions démocratiques peuvent servir à faire avancer les intérêts du prolétariat, alors que les institutions politiques de la démocratie bourgeoise sont au service exclusif de la classe dominante et sont utilisées pour réprimer la lutte prolétarienne.

Un des aspects de ces élections (la quatrième en 7 ans!) est la campagne, initiée par la gauche réformiste, qui appelle à ne pas voter pour le Parti Conservateur du premier ministre Stephen Harper, au pouvoir depuis janvier 2006, et qui serait particulièrement dangereux et réactionnaire. Nul doute que ce parti soit profondément rétrograde et anti-ouvrier, mais en quoi est-il si différent des autres partis bourgeois?

Le Parti Libéral du Canada a représenté le principal parti de la bourgeoisie canadienne depuis la Confédération de 1867 et a constamment attaqué les droits et intérêts du prolétariat, notamment avec la Loi sur les mesures de guerre en 1970 sous le prétexte de mater une insurrection appréhendée au Québec. Le chef du PLC, Michael Ignatieff, vient de promettre qu’il poursuivra l’intervention impérialiste canadienne en Afghanistan s’il est réélu! Quand il était au pouvoir dans les années 90, le Parti Libéral a sabré sauvagement dans l’assurance-chômage et a détourné des fonds destinés à ce programme pour éponger le déficit fédéral!

Le Nouveau Parti Démocratique, membre sur le papier de la IIème Internationale réformiste, axe son discours sur l’aide aux familles ou l’amélioration des soins de santé pour les aînés. Le Bloc Québécois régionaliste, nationaliste bourgeois, ne parle que des «intérêts du Québec», comme si les travailleurs et les patrons québécois avaient des intérêts similaires!

Quant au Parti Vert du Canada, il propose tout simplement d’humaniser la gestion de l’environnement à l’intérieur du capitalisme, qui est pourtant le responsable de la détérioration continue de l’environnement. Tout ceci dévoile on peut plus clairement les fausses alternatives qui nous sont présentées par le cirque électoral et démontre l’imposture de la campagne Tout sauf Harper qui s’insère parfaitement dans la défense du système capitaliste d’exploitation en mettant de l’avant un «moindre mal» au Parti Conservateur. Les promoteurs de cette campagne sont des adversaires de classe des prolétaires au même titre que les Conservateurs.

Tous les partis représentés au Parlement canadien ont voté à l’unanimité en faveur de l’intervention impérialiste en Libye sous le prétexte de «protéger la vie des civils libyens»! Le Parti Vert se prononce en faveur d’une «intervention diplomatique rapide et soutenue en Libye afin d’empêcher la situation de dégénérer en guerre civile». « Nous ne devons pas perdre de vue notre priorité – prévenir la mort d’innombrables civils libyens innocents », a rappelé Ellen Michelson, porte-parole des verts en matière de Paix et de Sécurité. « Les efforts diplomatiques doivent faire contrepoids à la présence militaire pour faire en sorte d’éviter au maximum les pertes de vie et les dommages structurels ». Tout ce verbiage représente un appui à peine déguisé à la guerre impérialiste contre la Libye enrobé de «préoccupations humanitaires». La campagne électorale détourne l’attention des prolétaires de leurs intérêts immédiats, mais elle détourne aussi l’attention des interventions impérialistes en cours.

Le parti de la gauche réformiste et petite-bourgeoise au Québec, Québec Solidaire participe pleinement à la campagne contre les Conservateurs. Il dénonce notamment les politiques de droite que ce parti a mis en vigueur et son obsession sécuritaire, commune à tous les gouvernements bourgeois et insiste sur le fait que les orientations du gouvernement Harper iraient à «l’encontre de valeurs largement partagées par la population québécoise : justice sociale, défense de la culture et de la langue française, égalité entre les femmes et les hommes, développement d’un Québec vert, respect des droits humains, solidarité internationale, démocratie» (1). Une phraséologie typiquement petite-bourgeoise et nationaliste qui ne fait aucune mention de la classe ouvrière et de la lutte des classes et qui propage les illusions d’un possible monde «meilleur» sous le joug du capital! Quant à l’obsession sécuritaire des Conservateurs, il est important de rappeler le système des certificats de sécurité qui permettent de mettre en détention sans accusations ni jugement des personnes immigrantes qui n’ont pas la citoyenneté canadienne sous le prétexte de «terrorisme». L’appel à ne pas voter pour le parti Conservateur représente simplement un soutien à une fraction de la classe dominante, considérée comme étant plus «éclairée», contre une autre qui serait plus réactionnaire. Le prolétariat n’a absolument aucun intérêt à se laisser enrôler dans cette campagne qui vise à maintenir intacte la domination de classe de la bourgeoisie.

Des militants d’extrême-gauche, dont les maoïstes du Parti Communiste Révolutionnaire, ont lancé une campagne pour le boycott des élections fédérales de 2011 (2). C’est une campagne démocratique de boycott des élections. Ses promoteurs n’appellent pas les prolétaires à boycotter les élections afin de faire avancer la rupture avec les illusions démocratiques et le retour à la lutte de classe, mais parce que ces élections ne sont pas assez démocratiques ! Ils disent que leur campagne de boycottage leur servira à montrer la nature « non-démocratique » de ces élections et à appeler à la lutte pour une « démocratie populaire » et un « pouvoir populaire » ; apparemment cette lutte consistera à… « commencer la conversation sur comment créer une véritable égalité et une véritable démocratie » ! Puisqu’ils s’efforcent de renforcer les illusions dans la démocratie, il est naturel qu’ils ne parlent pas de la division du « peuple » en classes opposées et qu’ils cachent qu’il ne pourra exister de « véritable égalité » qu’après la révolution, la destruction de l’Etat bourgeois et l’instauration de la dictature du prolétariat, étape indispensable pour démanteler le capitalisme et passer à la société communiste sans classes.

Pour ces élections, comme pour toutes les autres, la seule position qui correspond aux intérêts de classe du prolétariat est l’abstentionnisme révolutionnaire. Ceci correspond aux positions défendues par la Gauche Communiste dès les années vingt (3).

La force du prolétariat, dont l’exploitation fait vivre toute la société bourgeoise, ne réside que dans son action collective, menée et organisée sur des bases de classe. Le terrain électoral, par définition interclassiste, où chaque prolétaire va isolément déposer son bulletin aux côtés des individus de toutes les autres classes, est un terrain truqué qui ne sert que la classe dominante. D’une part parce que celle-ci a mis sur pied et entretient un gigantesque et multiforme appareil (médias, partis, institutions diverses…) anti-prolétarien de propagande et de formation de l’ « opinion publique » ; d’autre part parce que le parlement et tout le système politique démocratique ne sont plus depuis longtemps des centres du pouvoir réel dans la société bourgeoise : leur fonction principale est de dévier le mécontentement dans les méandres des alternances inoffensives entre politiciens bourgeois de droite et de gauche. Pour se défendre contre l’exploitation et la répression, pour lutter contre la politique bourgeoise, pour exprimer sa solidarité avec les prolétaires des autres pays, la classe ouvrière devra abandonner ses illusions démocratiques, légalistes et pacifistes et en venir à l’affrontement ouvert avec la classe exploiteuse. La lutte prolétarienne ne passe pas par le cirque électoral et les institutions démocratiques bourgeoises, elle les combat ! Les prolétaires n’ont rien à gagner à participer aux élections bourgeoises où le capitalisme est toujours le vainqueur ! La seule solution pour le prolétariat au Canada et partout dans le monde c’est la reprise de la lutte de classe pour la défense de ses intérêts exclusifs de classe et ensuite pour le renversement du système capitaliste d’exploitation sous la direction du parti politique de classe.

Non au cirque électoral ! A bas le capitalisme, à bas l’impérialisme !

Pour le retour à la lutte de classe, pour la reconstitution du parti de classe international, pour la révolution communiste internationale !

Parti Communiste International

www.pcint.org

(1) http://www.quebecsolidaire.net/actualite_nationale/elections_federales_au_quebec_c’est_non_aux_conservateurs

(2) www.boycott2011.ca

(3) Voir les Thèses sur le parlementarisme de la Fraction Communiste abstentionniste, dirigée par Amadeo Bordiga : «... dans les pays ou le régime démocratique a depuis longtemps achevé sa formation, il n’existe plus, au contraire, aucune possibilité d’utiliser la tribune parlementaire pour l’oeuvre révolutionnaire des communistes, et la clarté de la propagande non moins que la préparation efficace de la lutte finale pour la dictature exigent que les communistes mènent une agitation pour le boycottage des élections par les ouvriers... La dangereuse conception qui réduit toute action politique à des luttes électorales et à l’activité parlementaire n’a été que trop répandue par la pratique ultra-parlementaire des partis socialistes traditionnels»

http://marxists.org/francais/bordiga/works/1920/06/bordiga_19200627.htm

1- Note des CIK: Les supposés "acquis sociaux gagnés de haute lutte par la classe ouvrière" sont en fait plutôt des transformations économico-politiques, c'est-à-dire une tendance internationale au capitalisme d'État, mis sur pied par des organismes tout à fait bourgeois : les syndicats, les partis staliniens et sociaux-démocrates dans le but de maintenir le capitalisme, que de réels gains pour la classe ouvrière.

2-Note des CIK : Tous les syndicats sont réformistes. Dans le capitalisme en décadence, il ne peut y avoir des syndicats révolutionnaires. Nous considérons les syndicats comme des organismes liés à l’État par mille et un fils, lois, subventions et concertations. Changer les directions syndicales ou essayer de transformer les syndicats est impossible tant leurs liens avec l’État capitaliste sont organiques. Ceci implique le rejet des syndicats rouges ou anarchistes

Les Communistes Internationalistes Klasbatalo (CIK) n'ont aucun lien organisationnel avec le Parti Communiste International et ne partagent pas toutes ses positions politiques.

mardi 5 avril 2011

Brochure d'archive: La question du syndicalisme au Québec

C’est autour d’une lutte perdue par la faute du syndicat que des ouvrières de la chemise, de la fourrure, de la chaussure et des chemins de fer se regroupent pour constituer l’Atelier Ouvrier. Très vite, leur analyse les amène à comprendre que leur défaite est attribuable aux structures mêmes du syndicalisme. Ils produisent alors le texte La question du syndicalisme au Québec.
Ce texte d’archive de 72 pages, publié en décembre 73 par l’Atelier Ouvrier, tout en critiquant les syndicats, analyse point par point les clauses d’une convention collective d’ouvriers de la chaussure. Même si le texte reflète quelques illusions sur les syndicats, par exemple, quand il hésite entre « pousser sur le syndicat » ou créer des comités de luttes indépendants du syndicat ou bien quand il mentionne que La principale raison d’être du syndicalisme… c’est la convention collective. C’est une vision restreinte des syndicats alors que leur véritable rôle est un de sabotage des luttes ouvrières tout en étant des organisations qui travaillent à la préservation du capitalisme. L’AO représentait quand même un écoeurement de prolétaires vis-à-vis du syndicalisme au début des années 70. Le sabotage des luttes du mouvement ouvrier par les syndicats ne date pas d’hier. Le texte montre aussi très bien comment les syndicats sont liés pieds et mains à l’État bourgeois par des lois, subventions et concertations, bref ils font partie de l’État.
Fin décembre 74, l’Atelier Ouvrier disparaît parce qu’il a été phagocyté par l’organisation maoïste En Lutte! Les maoïstes se sont chargés d’orienter ces militants vers la position syndicale stalinienne i.e que ce sont les directions syndicales qu’il faut changer et non pas lutter en dehors des syndicats. Les syndicats n’étant pour eux qu’un instrument pour renforcir le capitalisme d’État.

Les communistes internationalistes Klasbatalo

Extraits de La question du syndicalisme au Québec :
« …Ainsi on peut déjà donner une première définition du syndicalisme que nous complèterons plus loin. Le syndicalisme apparaît d’abord comme la FORME D’ORGANISATION CAPITALISTE DE LA CLASSE OUVRIÈRE. Précisons ces termes.
Le syndicalisme est la forme d’organisation capitaliste de la classe ouvrière. C’est-à-dire est le mode regroupement des ouvriers qui tentent de défendre leurs intérêts économiques – salaires et conditions de travail – contre les patrons. Mais cette façon de s’organiser est dite capitaliste parce qu’elle correspond à la naissance et au développement du capitalisme, autour du 19e siècle. Avant, les ouvriers étaient organisés autrement parce que les patrons du temps régnaient de façon différente et que les conditions de travail et de production étaient aussi différentes.
Cette façon de s’organiser est dite capitaliste aussi parce qu’elle obéit, à peu de choses près, aux mêmes règles de fonctionnement que celle régnant dans l’entreprise capitaliste.
Cette dernière affirmation a deux sens. D’abord elle signifie comme nous le disions plus haut, que le syndicalisme est développé parallèlement au capitalisme. Ensuite, elle signifie que dans ses structures, son organisation interne, ses RÈGLES DE FONCTIONNENT, sa hiérarchie, le syndicalisme fonctionne à peu près comme l’entreprise capitaliste.
C’est-à-dire que dans le syndicalisme, il y a la BASE et le SOMMET. Le sommet décide pour la base qui n’a pas grand chose à dire. En un mot, il y a des BOSS dans le syndicalisme comme dans l’entreprise. De plus, même si initialement le syndicalisme a été construit pour défendre les intérêts des travailleurs, aujourd’hui il semble plus souvent qu’autrement que ce sont les travailleurs qui sont faits pour financer le syndicalisme. En effet, le syndicalisme n’a plus son ardeur des débuts.
Pourquoi? Parce qu’il est devenu une INSTITUTION RESPECTABLE DU SYSTÈME ÉTABLI. Parce que le système actuel a passé des lois qui régissent le fonctionnement du syndicalisme, des luttes ouvrières, des griefs, de la négociation, etc… Ces LOIS LIMITENT l’action du syndicalisme et par là EMBRIGADENT la classe ouvrière dans un CARCAN JURIDIQUE qui lui lie les pieds et les mains.
La troisième raison pour laquelle le syndicalisme est dit la forme d’organisation capitaliste de la classe ouvrière réside précisément dans ce dernier point. À cause des nombreuses LOIS RÉGISSANT la pratique syndicale, le syndicalisme est obligé d’entretenir des relations avec l’ÉTAT, plus particulièrement avec le MINISTÈRE DU TRAVAIL.
Ainsi le syndicalisme est-il toujours en situation de DÉPENDANCE vis-à-vis des pouvoirs publiques. Une des preuves en est donnée par les multiples rapports que les centrales syndicales envoient au gouvernement pour que celui-ci n’agisse pas de façon trop défavorable à la population.
Mais cette intervention de l’ÉTAT dans le domaine des relations de travail a eu un effet crucial sur le syndicalisme. En effet au début du 19e siècle on ne faisait pas de distinction – à juste titre d’ailleurs – entre la lutte économique des travailleurs et les combats politiques qu’ils menaient pour s’affranchir des patrons.
Les luttes économiques sur les conditions de travail et de salaires n’étaient pas aussi séparées au plan de L’ORGANISATION DES TRAVAILLEURS des luttes politiques qu’aujourd’hui. Or depuis plus de cent ans les interventions de l’État dans le domaine des relations de travail ont délimité les règles de la pratique syndicale, son champ d’action, etc… Parallèlement le syndicalisme surtout nord-américain, se perfectionnait dans la négociation collective et laissait à d’autres le soin de mener les actions politiques. C’est de là que date la séparation entre lutte économique et combat politique. Or pour la classe ouvrière, lutte économique et combat politique devraient être une seule et même chose. L’un impliquant l’autre… »
« …Qu’est-ce qu’une convention collective? C’est un contrat de travail qui lie le patron et le syndicat. C’est-à-dire que les deux parties s’entendent sur les conditions de la vente du travail des ouvriers.
Il y a donc des ouvriers qui sur le marché du travail offrent leur capacité de travail. Sur le même marché, s’amènent les patrons qui ont besoin de la FORCE DE TRAVAIL des ouvriers.
Le syndicat est l’intermédiaire par lequel l’achat et la vente de la force de travail des ouvriers se règlent. Le syndicat est le COMMERÇANT EN GROS d’une marchandise qui s’appelle la force de travail et qui concrètement est constituée par des hommes et des femmes qui doivent travailler pour gagner leur vie.
Mais pour qu’il y ait contrat entre le patron et le syndicat, il faut que les deux parties se reconnaissent légalement l’une et l’autre. Or, cette reconnaissance légale entre le syndicat et le patron IMPLIQUE la reconnaissance de toute une série de POSITIONS SOCIALES et de RAPPORTS DE FORCE.
Cette reconnaissance légale des deux parties dans et par la convention implique qu’il y ait des travailleurs c’est-à-dire des hommes et des femmes qui doivent nécessairement vendre leur capacité de travail à des patrons. VENDRE leur FORCE DE TRAVAIL parce qu’ils ne peuvent pas vendre autres choses. Vendre parce qu’ils ne peuvent pas faire autre chose. VENDRE parce qu’ils sont une MARCHANDISE. Vendre parce qu’ils sont FORCES DE VENDRE LEUR FORCE DE TRAVAIL.
Cette reconnaissance légale des deux parties implique aussi qu’ils y ait des patrons qui ACHETENT la FORCE DE TRAVAIL des ouvriers. C’est-à-dire qu’il y ait des hommes qui achètent la capacité de production d’autres hommes. Des hommes capables d’acheter la capacité de production des autres parce qu’ils ont l’argent pour le faire. Des hommes qui n’ont pas besoin de travailler pour vivre. Des hommes qui n’ont pas besoin de se vendre à d’autres pour vivre.
Donc, à la base de la reconnaissance juridique des deux parties (patrons-syndicats) il y a une INEGALITE SOCIALE fondamentale des hommes entre eux.
A cela s’ajoute un autre fait qui accentue cette inégalité. Il s’agit de la présence même du syndicat. En effet, par la convention, la vente et l’achat de la force de travail des ouvriers ne se fait pas directement, face à face. Elles s’opèrent par le syndicat. C’est lui qui tente d’influer le patron.
Evidemment cela implique que dans beaucoup de cas, le syndicat accepte qu’il y ait des hommes obligés de se vendre comme une marchandise pour vivre et d’autres hommes qui n’ont pas besoin de travailler pour vivre.
Mais à cause de toutes les raisons mentionnées plus haut, le syndicat n’a pas toujours un rôle positif et avantageux pour les travailleurs. De par les lois qui régissent la vente et l’achat de la force de travail (Code du travail) le syndicat se voit souvent forcé d’obliger les travailleurs à accepter une convention qui ne les avantage pas tellement. Souvent même le syndicat ne veut absolument pas défendre les travailleurs, plus intéressé qu’il est à retirer les cotisations qu’à mener le combat rondement. Ou encore, dans les cas de syndicats de boutique, le syndicat est à la solde du patron et trahit effrontément les travailleurs en les vendant au boss pour rien.
Il en découle donc que même la vente de la capacité de production des travailleurs échappe au contrôle des ouvriers. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas la liberté de marchander eux-mêmes avec le patron.
Ainsi le syndicat en défendant mal les travailleurs, en acceptant de les louer à bas prix, en ne les informant pas de leurs mauvaises conditions de travail, en leur cachant des clauses qui leur font perdre des droits acquis etc…renforcit l’inégalité fondamentale entre les ouvriers et les patrons entre la CLASSE OUVRIERE et la CLASSE BOURGEOISE.
À partir de ce moment, le syndicat qui dans ses premières années de lutte pouvait être un instrument valable de défense[1] se transforme ici en un AGENT des capitalistes pour leur faciliter l’achat de la force de travail des ouvriers.
L’analyse de toute convention montre facilement que cette CONNIVENCE et cette COLLABORATION patron-syndicat sur le dos des travailleurs.
L’analyse de toute convention montre facilement aussi jusqu’à quel point les travailleurs se trouvent liés pieds et mains à des règlements, lois, conditions de travail qu’ils ne souhaitent absolument pas mais dont l’habileté de quelques beaux parleurs syndicalistes leur ont fait accepter.
L’analyse de toute convention montre facilement enfin que le syndicat enlève tout droit de regard aux ouvriers sur leur propre convention. En effet, les deux parties concernées par la convention ne sont pas le patron d’une part et les ouvriers d’autre part. Les parties signataires et responsables de l’application et de la juridiction de la convention sont le patron et le syndicat. Mais parce que le syndicat la signe en notre nom, nous sommes pognés avec.
Le syndicat est pogné dans un carcan de lois et à son tour il veut nous pogner dans ces mêmes lois pour perpétuer notre exploitation. »

Nous pouvons vous envoyer la brochure par téléchargement.
S’adresser à cim_icm@yahoo.com 

[1] Notes des Communistes Internationalistes Klasbatalo
Cela était vrai au 19ième siècle avant la période impérialisme du capitalisme mais par après les syndicats sont devenus de plus en plus intégrés à l’État bourgeois et de fervents défenseurs du capitalisme.