lundi 22 mars 2010

Réponse au cercle de lecture

C’est avec enthousiasme que les communistes internationalistes de Montréal ont accepté l’invitation du comité d’organisation du cercle de lecture. Nous leur avons envoyé le texte ci-dessous à débattre avec d’autres textes lors de la première rencontre, rencontre qui est reportée à septembre. Cette invitation pour nous se situe dans le cadre d’un regroupement des communistes internationalistes non seulement à l’échelle canadienne mais à l’échelle internationale compte tenu de la situation actuelle de crise du capitalisme.

L'unité est-elle possible?

Pour les marxistes il n’y a pas plusieurs unités possibles, il y en a qu’une seule qui est basée sur les principes suivants

Reconnaissance de l'internationalisme

Être internationaliste, un des aspects du communisme, c’est l’abolition des frontières, c’est reconnaître que « les prolétaires n’ont pas de patrie ».

C’est aussi lutter contre tous les mouvements visant à créer de nouveaux pays capitalistes, que ce soit capitaliste privé ou capitaliste d’état comme le Népal ou Cuba.

L’internationalisme ce n’est pas d’appuyer les luttes nationales partout dans le monde parce qu’elles s’opposent à un impérialisme en particulier.

Toutes les idéologies nationalistes, d’«indépendance nationale», de «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», quel que soit leur prétexte, ethnique, historique, religieux, etc., sont une véritable drogue pour les ouvriers. Elles visent à leur faire prendre parti pour une fraction ou une autre de la bourgeoisie, elles les mènent à se dresser les uns contre les autres, cela pouvant aller jusqu’à la guerre.

Reconnaissance de la dictature internationale du prolétariat

L’état bourgeois doit être détruit, il ne peut être réformé. Il doit être remplacé par un état prolétarien basé sur le pouvoir international des conseils ouvriers, regroupant l’ensemble du prolétariat. Le stalinisme russe ou le maoïsme chinois furent des régimes sanglants n’ayant rien à voir avec la dictature du prolétariat, c’étaient des dictatures bourgeoises.

Par contre la révolution d’Octobre 1917 en Russie fut le premier pas d’une authentique révolution communiste mondiale dans une vague révolutionnaire internationale qui mit fin à la guerre impérialiste et se prolongea plusieurs années. L’échec de cette vague révolutionnaire, en particulier en Allemagne en 1919-23, condamna la révolution en Russie à l’isolement et à une rapide dégénérescence. Le stalinisme mis en place dans les années 20 et après ne fut pas le communisme mais un capitalisme d’État centralement planifié comportant la doctrine du « socialisme dans un seul pays » que les marxistes rejettent.

«La révolution russe n'est qu'un détachement de l'armée socialiste mondiale, et le succès et le triomphe de la révolution que nous avons accomplie dépendent de l'action de cette armée. C'est un fait que personne parmi nous n'oublie (...). Le prolétariat russe a conscience de son isolement révolutionnaire, et il voit clairement que sa victoire a pour condition indispensable et prémisse fondamentale, l'intervention unie des ouvriers du monde entier. («Rapport à la Conférence des comités d'usines de la province de Moscou», 23 juillet 1918) Lénine

Rejet de la collaboration de classes

Nous rejetons les tactiques de « front uni », de «fronts populaires » et « anti-fascistes ». Toutes ces tactiques mélangent les intérêts du prolétariat à ceux de fractions de la bourgeoisie quelles qu’elles soient et ne servent finalement qu’à détourner la classe ouvrière de ses objectifs révolutionnaires.

Le parti internationaliste et international à créer

Ce sera une organisation politique révolutionnaire des prolétaires ayant une conscience de classe et leur union dans un parti politique international. Le rôle de ce parti ne sera pas de prendre le pouvoir au nom de la classe ouvrière mais de participer à l’unification de ses luttes ainsi qu’à leurs contrôles par les ouvriers eux-mêmes, et à la diffusion du programme communiste. Seule la classe ouvrière dans sa totalité, à travers ses propres organes autonomes (conseils ouvriers), peut instituer le socialisme. Cette tâche ne peut être délégué, même pas au Parti de classe le plus conscient. Outre l’isolement de la révolution qui est la cause principale de son échec, l’adéquation entre le parti bolchevik et l’État a permis à Staline de contrôler à la fois l’état et le parti.

Voilà nos conditions politiques permettant un travail à long terme entre marxistes.

Salutations internationalistes

Les communistes internationalistes de Montréal (CIM)

mardi 16 mars 2010

Le prolétariat de Grèce nous montre le chemin !

Des mouvements sociaux qui se multiplient, se relaient, se rejoignent, s'additionnent, voilà la situation que connaît, depuis quelques semaines, la Grèce ; situation que les médias bourgeois, dans le monde entier, s'évertuent à cacher, ou pire à déformer. Ses moyens d'information montrent ainsi que la classe capitaliste internationale a peur que cette situation fasse tache d'huile, que l'acteur principal de cette bouillonnante tragédie grecque, le prolétariat, ne serve d'exemple aux ouvriers des autres pays.


Le prolétariat grec riposte en force


Le dernier plan du gouvernement de ce pays prévoit des attaques énormes, comme l'augmentation de la TVA à 21%, la baisse des salaires (amputation de 60% du 14ème mois et de 30% du 13ème), le gel des retraites dans le public et dans le privé, la très forte augmentation des taxes de l'alcool, du tabac et de l'essence), la hausse des impôts (taxes d'habitation et foncière). Ces violentes attaques touchent directement et essentiellement le prolétariat. Le capitalisme veut ainsi faire payer sa crise par le prolétariat.


Cette situation est de la responsabilité totale et entière de la bourgeoisie, pas seulement nationale, dans la faillite générale de ce pays et dans les attaques d'aujourd'hui ; c'est la signification réelle des "recommandations" de l'Union Européenne, avec la bourgeoisie allemande en tête, et du FMI, qui sont là pour "soutenir" Papandréou, le Premier ministre grec, c'est-à-dire obliger la bourgeoisie grecque à faire payer son prolétariat.


Les attaques de ce type sont, aujourd'hui, déjà portées aussi en Espagne et au Portugal. Ce sont les mêmes qui vont tomber sur le prolétariat des autres pays dans les semaines à venir.


Face à ces attaques, des luttes se multiplient, grèves, manifestations, délégations massives, assemblées, à travers toute la Grèce pour s'opposer au plan scandaleux de la bourgeoisie. Dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, les prolétaires se mobilisent pour exprimer leur colère et leur refus de subir cette situation dont seul le capitalisme est responsable.


Ces prolétaires montrent la voie à leurs frères de classe du monde entier


- Ils expriment massivement par la lutte, et non par des moyens stériles comme ceux que propose la démocratie bourgeoise (élections, référendum, dialogue social, négociations syndicales, etc.) leur colère et leur refus des politiques gouvernementales et patronales anti-ouvrières. Et ils nous encouragent à en faire autant sinon plus.


- Ils manifestent, parce qu'ils n'ont plus le choix aujourd'hui, une détermination à toute épreuve qui les amène à s'attaquer de front à tout ce qui fait obstacle à leur légitime combat : ils multiplient les affrontements avec les forces de l'ordre capitaliste qui leur sont envoyées par le gouvernement du "socialiste" Papandréou ; ils expulsent manu-militari de leurs manifestations tous les "faux-amis" et notamment les boss syndicaux dont les organisations sont complices de la politique gouvernementale. Pour les prolétaires du monde entier, cette détermination des ouvriers grecs est à saluer et à adopter.

- Bien qu'encore dispersés et s'exprimant encore dans le cadre-piège du corporatisme (encouragés en cela par les syndicats), leurs efforts vont clairement dans le sens de se rejoindre, d'unir leur lutte à celles des autres, d'exprimer mutuellement leur solidarité, parce qu'ils se rendent compte que leurs préoccupations et leurs intérêts sont les mêmes ; c'est ce que l'on a vu dans la volonté exprimée par les ouvriers des différentes manifestations - que les syndicats avaient sciemment organisées en des lieux différents - de les faire converger, afin de se retrouver tous ensemble et unir leurs forces.


Pour que le prolétariat impose un rapport de force qui fasse plier la bourgeoisie, la recherche de l'unité de ses luttes est indispensable et même vitale. Cette unité s'obtient par l'extension et la solidarité active de chaque mouvement aux autres secteurs et corporations, par l'envoi de délégations massives aux usines et entreprises des alentours. Rien n'est pire, ni autant source de défaite, qu'un front social éclaté et dispersé ; c'est ce qui fait les affaires des capitalistes et cela, le plus souvent, grâce au travail de sabotage des syndicats.


Les affrontements qui se déroulent en Grèce nous montrent que nous ne pourrons réellement développer notre combat, multiplier nos luttes, les réunir dans un front commun massif et puissant qu'en les prenant en main nous-mêmes afin de les diriger, de les contrôler et de les organiser. Et cela à travers nos Assemblées générales qui doivent réunir le maximum d'ouvriers, qui doivent décider des grandes orientations et revendications de notre combat, qui doivent nommer nos délégués élus et révocables à tout instant, délégués qui nous représenteront dans les comités de grève. Ne laissons pas notre "guerre" de classe entre les mains de prétendus "spécialistes" !


La crise du capitalisme ne peut que s'aggraver. N'ayons pas d'illusion et n'écoutons pas les mensonges de nos gouvernements et des médias qui sont à la solde de la classe capitaliste ! Aujourd'hui, ce sont déjà certains pays du coeur du capitalisme dont les États sont au bord de la faillite, Espagne, Italie et surtout la Grande-Bretagne alors même que l'endettement est général.


L'ensemble de la classe capitaliste internationale se doit de faire payer sa crise au prolétariat, dans tous les secteurs, publics et privés, actifs, chômeurs et retraités, et dans tous les pays, sur tous les continents, de la périphérie du capitalisme jusqu'en son centre. Aucun d'entre nous n'y échappera. N'ayons aucune illusion !


Comme nos frères de classe en Grèce, nous devons refuser le sort que nous réserve le capitalisme et nous devons entrer en lutte massivement, organiser un front de luttes, large, compact et puissant qui fasse reculer la bourgeoisie.


C'est ainsi que nous serons à même de prendre conscience du fait que le capitalisme est un système en pleine faillite, qu'il ne peut mener l'humanité qu'à plus de misère encore et à sa destruction par la guerre généralisée, qu'il faut absolument le mettre à bas et que la seule force capable de le faire, c'est nous, le prolétariat international.


POUR LA BOURGEOISIE MONDIALE, C'EST LE PROLÉTARIAT, DANS TOUS LES PAYS, QUI DOIT PAYER LE PRIX DE LA CRISE DE SON SYSTÈME.


LA FAILLITE CAPITALISTE N'A D'AUTRE ISSUE QUE LA GÉNÉRALISATION ET L'APPROFONDISSEMENT DE LA MISÈRE DE TOUS LES EXPLOITÉS, EN ATTENDANT D'EXIGER D'EUX LE SACRIFICE DE LEUR VIE DANS UNE GUERRE MONDIALE, COMME CELA A DÉJÀ ÉTÉ LE CAS EN 1914 ET EN1939.


PARTOUT, AUJOURD'HUI, LES PROLÉTAIRES DOIVENT REFUSER LES SACRIFICES ÉNORMES QUE LEUR IMPOSE LA BOURGEOISIE POUR QUE, DEMAIN, ILS AIENT LA FORCE DE SUPPRIMER CETTE CLASSE ET SON SYSTÈME BARBARE.

9 Mars 2010

La Fraction interne du Courant Communiste International

Les Communistes Internationalistes de Montréal.

*****

Adresse e-mail de la FICCI : inter1925@yahoo.fr

Consultez le site de la FICCI :www.bulletincommuniste.org

Adresse e-mail des CIM : cim_icm@yahoo.com

Consultez le blog des CIM : http://klasbatalo.blogspot.com

samedi 13 février 2010

Charest et Godbout les toutous des capitalistes de l’amiante

En février, le premier ministre Charest, en Inde, a défendu les intérêts du lobby de l’amiante. Rappelons que l’amiante n’a rien d’un produit écologique. Pour les ouvriers qui sont mis directement en contact avec n’importe quelle forme d’amiante, c’est un produit dangereux qui a causé et continue de causer plusieurs maladies. Le danger de l’amiante se manifeste aussi lorsqu’il se dégrade : il produit alors des fibres qui se répandent dans l’air et pénètrent facilement dans le corps par la respiration. Les effets nocifs peuvent mettre des années à apparaître, souvent 20 à 40 ans après que la personne ait été exposé à l’amiante, mais des intervalles plus courts ou plus longs sont possibles. Les effets sont parfois bénins, mais peuvent aussi être graves, notamment sur les voies respiratoires (cancer du poumon, mésothéliome). Les producteurs assoiffés de profit ont causé par l’utilisation de l’amiante des milliers de morts dans le monde.

L’attitude de Charest ne nous surprend pas car comme tout représentant de l’état bourgeois, il défend la production capitaliste et dans ce cas-ci les producteurs québécois d’amiante. Son verni écolo au Québec ne sert qu’à amadouer les naïfs du lobby écologiste. Lors de sa démarche en Inde, il a trouvé un allié de taille dans le cadavre syndical Clément Godbout. Candidat du parti Québécois en 73, président de la FTQ de 1993 à 1998, membre du conseil d’administration de l’Institut du chrysotile depuis sa création en 1984 pour finalement en devenir le président en 2002. Le lobby de l’amiante a bien su le récompenser pour son travail de saboteur comme syndicaliste. Ce porte-parole de l’Institut du chrysotile, un organisme de défense des capitalistes canadiens producteurs d’amiante, a demandé aux ouvriers indiens de faire pression sur leur gouvernement pour obtenir des règles d’utilisation sécuritaire. Cet institut est tellement peu crédible que des spécialistes ont demandé que soit interrompu le financement de l'Institut, affirmant qu'il s'agit d'un «gaspillage de fonds publics» qui entache la réputation scientifique et morale du gouvernement ainsi que de la population canadienne et qui «expose des innocents» aux dangers de l'amiante pour leur santé. [1] L’Inde, en tant que puissance capitaliste émergente, base justement son économie sur de très bas salaire et un manque total d’encadrement de la santé et de la sécurité au travail : une exploitation écoeurante du prolétariat. Clément Godbout tend un bonbon empoisonné aux travailleurs indiens en les incitant à lutter seul contre les producteurs d’amiante. Demander des règles d’utilisation sécuritaire est selon la journaliste Rima Elkouri une attitude tout à fait hypocrite et irresponsable quand on sait que le Canada reconnaît qu’il est impossible de manipuler l’amiante en toute sécurité. [2] Clément Godbout continue toujours à japper comme il l’a bien appris quand il était syndicaliste: demander à des travailleurs de se battre secteur par secteur, isolés des autres secteurs et des autres pays.

Seule une lutte internationale de la classe ouvrière pourra mettre fin à l’utilisation de produits néfastes tel l’amiante.

Les communistes internationalistes de Montréal (CIM)

lundi 25 janvier 2010

Robert Perrault (1952-2010)

Après une longue lutte contre le cancer, Robert Perrault, un sympathisant du GIO est décédé lundi le 11 janvier à l’âge de 57 ans.

Pendant la majorité de sa vie Robert a milité dans le groupe maoïste le PCC(m-l) participant même aux shows électoraux en étant candidat de ce parti stalinien.

Il s’est finalement rendu compte que la théorie du « socialisme dans un seul pays » mis de l’avant par Staline était un cul-de-sac pour la classe ouvrière et que les groupes marxistes-léninistes étaient des groupes qui mettaient de l’avant le capitalisme d’état et non le socialisme. Suite à la lecture de la brochure Du nationalisme à l’internationalisme, il avait contacté les communistes internationalistes de Montréal (CIM) au printemps 2009. Nous retenons de cette première rencontre son esprit d’ouverture vers l’internationalisme et le camp politique prolétarien. Il parlait de son passé maoïste non pas pour s’en vanter ou raconter des anecdotes mais pour montrer le sectarisme de ces groupes et leur coupure d’avec les objectifs révolutionnaires internationaux du prolétariat.

Lors de cette rencontre, nous lui avions suggéré fortement rencontrer le Groupe Internationaliste Ouvrier (GIO) l’affilié canadien de Tendance Communiste Internationaliste (Anciennement le BIPR) et un sympathisant du Parti Communiste Internationaliste (Le Prolétaire). Lors d’une deuxième rencontre il nous apprend que même si politiquement il était plus près des CIM, il avait décidé de devenir sympathisant du GIO pour l’aider techniquement pour l’édition de Notes Internationales et d’autres projets.

Il aurait bien aimé nous faire part de son implication lors des échanges en mai 2009 entre le GIO et les CIM mais il ne put nous en faire part. Il continua à maintenir des contacts personnels avec l’un de nous. Toujours optimiste, il terminait le dernier émail que nous avons reçu en écrivant « Vive la vie! Vive le communisme! ».

Robert a été pour une brève période un militant internationaliste. Nous retiendrons de lui son absence de sectarisme et sa volonté de clarifier les divergences politiques entre les CIM et le GIO.

Robert tu resteras toujours dans notre coeur et notre esprit.

dimanche 1 novembre 2009

Disparition du quorum lors d’une 2ième assemblée syndicale

Une deuxième Assemblée générale de l’Alliance des professeurs de Montréal aura bientôt lieu sur des amendements aux statuts et règlements de l'Alliance. (Note)

Ainsi le CA de l’Alliance se prononce en accord avec l’amendement 3.04 proposé par le comité des statuts.

« Le quorum d'une Assemblée générale est de deux cent cinquante (250) membres.

À défaut d’obtenir le quorum de 250 membres, le Conseil d’administration peut convoquer à nouveau l’Assemblée générale pour une réunion spéciale comportant le même ordre du jour et, dans ce cas, le quorum ne serait pas requis.

Si l’Assemblée initialement convoquée l’avait été en application d’une loi pour l’adoption d’une convention ou pour un vote de grève, ou en application des dispositions prévues aux alinéas b) et c) de l’article 3.03.2 des présents statuts, le Conseil d’administration doit convoquer cette deuxième réunion sans exigence de quorum dans les délais prescrits

Le quorum est formé du total des membres présents à la session préliminaire en matinée et à la réunion de l’AG en soirée. » Les caractères gras sont de moi.

Le CA est bien conscient du désintéressement des membres. Il a trouvé comme solution à l’absence de quorum lors d’une 2ième assemblée générale de laisser tomber le quorum. Ce qui veut dire que 100 ou 200 membres pourront voter les propositions du CA et de l’assemblée de déléguées en prétendant représenter plus de 7200 membres. C’est déjà scandaleux que le quorum ne soit que de 250 on passera à quelques pelés et un tondu.

Et le CA ose nous dire « Le Conseil d’administration est d’accord avec les recommandations du Comité des statuts parce que nous croyons que ce sont de sages recommandations qui ne pourront qu’améliorer la vie démocratique de notre syndicat. Bis #8 13 octobre

Vous avez bien lu ce sont de sages recommandations qui ne pourront qu’améliorer la vie démocratique de notre syndicat.

Pourtant les membres sont écoeurés des assemblées générales syndicales avec la question préalable, la demande de vote et le dépôt généralement des propositions des membres, ces règles antidémocratiques qui empêchent les membres de débattre leurs propres propositions sans compter le chronomètre qui règle nos interventions à la seconde près. Cette absence de changement dans la procédure des assemblées générales et la demande d’absence de quorum lors d’une 2ième assemblée n’est pas sans lien avec l’isolement et le corporatisme dans lesquels le syndicat veut maintenir ses membres.

Alors que des milliers de travailleuses et de travailleurs se sont réunis le jeudi 31 octobre dans le cadre de la lutte du secteur public, le CA lui trouve plus important de faire une 2ième assemblée générale pour voter l’abolition du quorum.

Avec la lutte des travailleuses et des travailleurs du secteur public qui s’en vient , il ne faudra donc pas s’attendre à des propositions de grève générales illimitées et élargies au plus grand nombre de travailleuses et de travailleurs. L’Alliance comme la très grande majorité des syndicats tant de la FAE que de la CSQ, a réussi à nous empêcher de le faire et même d’en débattre lors des dernières négociations. Ils proposèrent plutôt des grèves inutiles d’une journée ou deux. Cette fois-ci l’Alliance prend les devant. Aucun pas en avant dans l’élargissement de la lutte aux autres profs du Québec et trois pas en arrière dans la mobilisation. Pas un mot sur l’élargissement de la lutte aux autres travailleuses et travailleurs de la CSDM par exemple. Le syndicat est un ennemi rusé parmi nous qui se cache derrière des propos de défense des enseignants.

Tous les syndicats « regardent » la crise économique que nous subissons, ils sont incapables de promouvoir ou d’organiser de véritables luttes. Ils sont limités par les règles du code du travail, les carcans que sont les conventions collectives et leur crédibilité à maintenir vis-à-vis du patronat.

Nous devons rejeter le chantage habituel "ou cela ou rien" du gouvernement qui veut nous faire payer la crise.

Afin de ne pas faire des grèvettes inutiles ou des grèves plus longues mais contrôlées par les syndicats ou des grèves isolées d’un seul groupe de travailleurs il faut

. mettre sur pied des assemblées générales véritables des travailleuses et travailleurs d’un même employeur, indépendantes des syndicats qui pourraient avoir les caractéristiques suivantes :

. Les travailleuses et les travailleurs peuvent s’exprimer avant les demandes de vote sur les propositions.

. Des ordres du jour faisant le bilan de nos luttes.

. Un service de garde sur place ou près du lieu de l’assemblée.

. Des présidents d’assemblées ayant un esprit ouvert et qui tiennent compte avec souplesse des nouveaux profs. (Pas de contrôle bureaucratique qui compte les secondes des interventions).

. Des invitations et des envois de délégations à d’autres travailleuses et travailleurs en lutte.

. Créer des comités de grève ou de mobilisation qui doivent rendre des comptes à nos assemblées et être élus et révocables en tout temps.

Cela peut paraître utopique pour certains mais ce type d’assemblée a existé lors de la lutte des travailleuses et des travailleurs du secteur public en 1972 et cela arrive quelque fois lors de lutte en Europe. C’est la seule façon de contrer des lois spéciales et le sabotage de nos luttes par les syndicats.

Ce qui est sûr c’est que s’en remettre au syndicalisme et à leur routine de lutte c’est courir tout droit à la défaite.

Finalement la crise actuelle du capitalisme, la pire depuis 1929, ne peut nous mener qu’à plus de barbarie à l’échelle mondiale. Il faut donc songer sérieusement pour l’avenir de l’humanité, à un monde sans frontières, sans argent et sans classe sociale. Un monde qui n’est pas basé sur le profit. Notre seul choix le socialisme ou la barbarie.


Un militant des communistes internationalistes de Montréal
__________________________________________________
Note: Le syndicat lors de cette 2ième assemblée générale syndicale a finalement réussi à faire passer l'amendement.

jeudi 29 octobre 2009

Notre réponse aux réponses sur la proposition d'un site web

(Ajout à la fin : Réponse de la majorité de la Fraction reçu le 10/11/2009 et notre réponse à cette réponse)

Nous publions notre proposition d'un site web au sein de la Gauche communiste et nos commentaires aux réponses reçues sur notre proposition Nous publions aussi ces textes pour que les groupes de la Gauche communiste assument leurs responsabilités publiquement.

Les communistes internationalistes de Montréal

Proposition d’un site Web de discussion au sein de la Gauche communiste

Le but de ce lieu d’échange virtuel est de favoriser la discussion entre les groupes de la Gauche communiste afin que ces groupes:

  • Participent au renforcement des assises du camp prolétarien, par la mise en place d’un point de rencontre permanent où les groupes peuvent échanger fraternellement ;
  • Contribuent à la clarification du programme communiste face aux luttes que mène le prolétariat aujourd’hui ;
  • Tentent au plus grand rapprochement possible de ses éléments, sans pour autant mettre de côté les divergences entre ses participants, pour éventuellement intervenir conjointement au sein des luttes du prolétariat.

Nous espérons aussi que – par la simple présence d’un tel point de rencontre – puisse émerger une définition plus nette de ce qu’est le camp prolétarien dans les années 2000, en y extirpant tout élément étranger ou portant à confusion pour la classe qui est la nôtre. La classe productrice de plus-value peut en effet défendre ses intérêts immédiats ; mais seule une minorité révolutionnaire regroupée autour d’un parti de classe internationaliste peut insuffler sa conscience de classe pour soiau prolétariat afin de guider les luttes dans une direction révolutionnaire.

Puisqu’en général la Gauche Communiste est très faible numériquement et divisée sur certaines questions, elle intervient peu et de façon dispersée dans la classe. Parfois, comme de raison, avec des différences importantes ; mais parfois aussi avec le même point de vue politique ou avec des différences d’ordre secondaires. Nous pensons qu’un espace de débat théorique et pratique peut être un pas vers une plus grande unité et un plus grand éclaircissement du programme politique prolétarien.

Aussi, différents groupes de la GC se sont déjà exprimés pour avoir un espace semblable de débat.

Le BIPR [Nouveau nom Tendance Communiste Internationaliste]

« Dès sa fondation, les deux organisations fondatrices du Bureau ont affirmé que notre organisation ne prétendait pas être le parti international du prolétariat mais que nous ne sommes pas non plus un simple cercle de discussion académique. Il s’en suit que l’activité du Bureau, en complète cohérence avec sa plateforme et ses objectifs stratégiques, a toujours cherché à encourager les discussions entre divers groupes au niveau international, avec le but concret de reconstruire un véritable parti révolutionnaire international. L’activité entière du Bureau, tout en ne prétendant pas être le parti ni le noyau initial du futur parti, a été le débat politique et théorique avec d’autres groupes. La correspondance internationale dans plusieurs langues, des rencontres et des discussions avec des éléments qui nous ont contacté et la publication de la revue anglophone Internationalist Communist (maintenant suspendue pour des raisons financières) ont été notre travail quotidien depuis plusieurs années. » Après 25 années du Bureau - Bilan et perspectives mai 2008.

La Fraction Interne du CCI :

« Dans cette situation, particulièrement difficile pour notre classe, nous ne pouvons que constater et déplorer non seulement la faiblesse des minorités communistes mais surtout l'enfermement sectaire que les groupes et organisations du camp prolétarien subissent et entretiennent.

Ce dont la classe a besoin – et que seules ses avant-gardes communistes sont en mesure de lui apporter, et c'est d'ailleurs leur responsabilité propre – c'est d'une orientation, de repères politiques clairs, d'objectifs définis lui indiquant le sens de son combat et la réalité des enjeux.

Pour entrer en lutte, se mettre en grève, la masse des ouvriers n'a pas essentiellement besoin de ses minorités communistes ; elle peut le faire d'elle-même et elle le fait. Par contre, pour mener la lutte dans un sens tel que le rapport de forces puisse tourner en sa faveur ; pour déjouer les pièges et les embûches que la bourgeoisie, son appareil de gauche et ses syndicats, ne manquent pas de lui tendre ; pour saisir l'ampleur de la situation et la profondeur des enjeux, les minorités communistes sont indispensables et c'est pour cette tâche spécifique que la classe les a fait naître, historiquement. » La bourgeoisie à l'offensive tous azimuts ; le prolétariat en ordre dispersé. Bulletin #47 26/07/2009.

Le CCI

« Dans l'esprit de secte, le dialogue avec d'autres ne sert évidemment à rien. "On n'est pas d'accord ! On n'est pas d'accord ! On ne va pas se convaincre !"

Et pourquoi des organisations révolutionnaires ne convaincraient pas d'autres organisations à travers le débat ? Seules les sectes refusent de remettre en question leurs certitudes.

Comment se sont donc faits tous les regroupements de révolutionnaires dans le passé si ce n'est en parvenant à travers le débat à "se convaincre" ? » Le sectarisme, un héritage de la contre- révolution à dépassé. Revue Internationale # 22, 3e trimestre 1980.

« … la politisation des combats du prolétariat est en lien avec le développement de la présence en leur sein de la minorité communiste en leur sein. Le constat des faibles forces actuelles du milieu internationaliste est un des indices de la longueur du chemin qui reste encore à parcourir avant que la classe ouvrière puisse s’engager dans ses combats révolutionnaires et qu’elle fasse surgir son parti de classe mondial, organe essentiel sans lequel la victoire de la révolution est impossible» Résolution sur la situation internationale. Revue Internationale #138, 3etrimestre 2009.

Bien entendu, ces citations ne sont pas exclusives mais reflètent le besoin urgent d’un lieu de débats théorique et pratique compte tenu de l’ampleur de la crise actuelle et d’un prolétariat qui lutte sans aucune orientation politique révolutionnaire à long terme c’est-à-dire le communisme. Par exemple il aurait été important de faire un bilan des luttes en Grèce et en Guadeloupe, d’étudier les conséquences de l’accroissement du capitalisme d’état dans les luttes actuelles et futures de la classe ouvrière, etc.

Propositions de critères de base pour participer à ce lieu de rencontre :

  • Reconnaissance de la dictature du prolétariat
  • Reconnaissance de la nécessité d’un parti international et internationaliste du prolétariat
  • Un minimum d’intervention dans la classe (Rédaction et diffusion de tracts par ex.)

Il va de soi que l’internationalisme est un critère mais nous considérons qu’il est inclus dans les deux premiers critères et que seule la lutte internationale du prolétariat peut l’amener à la victoire sur le capitalisme.

Pour le moment nous lançons l’invitation au BIPR, le OPOP (Brésil-Opposition Ouvrière), au CCI, au Pcint (Le Prolétaire) et à la FICCI.

Éventuellement d’autres groupes (et / ou des individus) correspondant à ces critères pourraient s’ajouter.

Nous souhaitons, grâce à ce lieu d’échange, voir des groupes de la GC évoluer fraternellement vers une relative homogénéité – lorsque que c’est possible de le faire – ou de les voir se détacher du camp prolétarien lorsque les discussions verront certains de ceux-ci surgir avec des notions complètements étrangères aux intérêts de notre classe.

Ce sera un outil interne à des groupes de la GC. La mise en place de textes ne sera accessible qu’aux groupes participants ; cette restriction afin d’éviter que des groupes gauchistes ne viennent semer la confusion ou nuisent aux débats. Cependant, la lecture du site sera ouverte à tous, et donc aux éléments conscient de la classe. Certes cela est restreint à l’accès internet mais n’oublions pas que le but premier concerne les groupes de la GC.

Les textes devraient être publiés en anglais et en français. La responsabilité de la traduction relèvera des groupes participants.

Évidemment, il s’agit ici d’une proposition. Nous espérons qu’elle sera débattue et éventuellement modifiée par les participants proposés ci-haut. Les CIM ne mettront pas en place ce site Web. Advenant votre accord, nous attendons les propositions d’un nouveau site ou d’un emplacement sur un site actuel.

Salutations internationalistes

Des communistes internationalistes de Montréal (CIM) 31 août 2009

____________________________________________
Chers camarades,
Tout d’abord, veuillez excuser le retard de cette correspondance. La raison principale de ce long délai fut que nous attendions d’avoir la réponse de tous les participants avant d’envoyer les éléments du débat.

Aussi, merci d’avoir pris en considération notre proposition. À vrai dire, une proposition semblable avait été émise par la Fraction Interne du CCI, il y a de cela un peu plus de deux ans, lors de la visite d’un de ses membres à notre groupe. Dès le départ, nous avions des doutes et des réserves quant à la réalisation d’un tel projet : il faut dire que notre groupe fut mis sur pied suite à notre impossibilité de débattre réellement au sein-même de la filiation canadienne du BIPR; aussi, la position de la Fraction à ce moment était que, puisque pour eux le CCI liquidait ces positions politiques originelles, le BIPR demeurait le seul pôle de regroupement possible à l’intérieur de l’actuelle Gauche Communiste (GC). Notons à ce sujet que le PCI a quelque peu malmené la conception que nous nous faisions de cette appellation à travers la réponse qui fut faite à notre proposition.

Soulignons également que nous n’avons jamais su partager l’optimisme de certaines organisations – situées ouvertement au sein de la GC – face à la conjoncture actuelle du capitalisme en crise; et face à la reprise des luttes du prolétariat qui lui indiquerait à nouveau le chemin des luttes politiques contre les luttes économiques. Puisque dès le départ, il a été impossible pour nous de débattre avec le BIPR malgré tous les efforts (1) fait en ce sens, nous étions donc plutôt pessimistes quant à la mise sur pied du projet; les divers groupes que nous souhaitions voir impliqués ne se parlant plus depuis quelques années.

C’est donc au printemps passé que nous avons remis cette idée à l’ordre du jour au court de discussion face à l’état lamentable du camp politique prolétarien sur le plan mondial; face à la conjoncture historique dans lequel le milieu révolutionnaire patauge depuis 30 ans et qui ne va pas en s’améliorant. Une tentative s’avérait donc nécessaire.

Maintenant, pour faire un court survol des dernières semaines, le CCI nous a répondu avant même d’avoir reçu la proposition d’un site web commun (à la fin du mois d’août passé). En effet, un membre de notre petit groupe a eu la chance de rencontrer deux militants du CCI et leur avait avancé verbalement l’idée du site web, en juillet passé. À ce moment, les deux camarades semblaient d’accord avec cette idée (qui n’excluait pas la participation de la FICCI); leur seule condition ponctuelle étant d’y inclure un groupe dont nous ne connaissions pas l’existence : l’OPOP (ce que nous avons fait).

Le PCI, quant à lui, nous a répondu à la fin septembre dans une réponse très politique et tranchante. Bien que nous ne partagions pas certains éléments de sa réponse, nous saluons sa franchise. Nous reproduisons ici la réponse du PCI :
Les CIM

Le 26/09/2009

Au CIM (Montréal)

Chers camarades,

Nous avons bien reçu votre brochure «Du nationalisme à l'internationalisme« et votre «Proposition d'un site Web de discussion au sein de la Gauche communiste» du 31 août dernier. Vous adressez votre proposition au CCI, au BIPR (Bureau International pour le Parti Révolutionnaire, dont la principale composante est le groupe italien Battaglia Comunista, mais qui comprend aussi la Communist Workers Organisationen Grande-Bretagne, le Groupe Internationaliste Ouvrierau Canada et Bilan et Perspectives en France), à la FICCI (Fraction Interne du CCI, groupe exclu de cette dernière organisation il y a quelques années) et au groupe brésilien OPOP (Opposition Ouvrière, groupe avec lequel le CCI dit avoir des liens)

Vous présentez ce «lieu d'échange virtuel» comme devant avoir pour but de «Favoriser la discussion entre les groupes de la Gauche communiste afin que ces groupes: participent au renforcement des assises du camp prolétarien par la mise en place d'un point de rencontre permanent où les groupes peuvent échanger fraternellement; contribuent à la clarification du programme communiste face aux luttes que mène le prolétariat aujourd'hui; tentent au plus grand rapprochement possible de ses éléments, sans pour autant mettre de côté les divergences entre ses participants, pour éventuellement intervenir conjointement au sein des luttes du prolétariat». Selon vous: «Puisque la Gauche Communiste est très faible numériquement et divisée sur certaines questions, elle intervient peu et de façon dispersée dans la classe. (...) Nous pensons qu'un espace de débat théorique et pratique peut être un pas vers une plus grande unité et un plus grand éclaircissement du programme politique prolétarien».
Vous estimez qu'il y a «le besoin urgent d'un lieu de débats théorique et pratique compte tenu de l'ampleur de la crise actuelle et d'un prolétariat qui lutte sans aucune orientation politique révolutionnaire à long terme, c'est-à-dire le communisme». Vous souhaitez «grâce à ce lieu d'échange, voir des groupes de la GC évoluer fraternellement vers une relative homogénéité - lorsque c'est possible de le faire - ou de les voir se détacher du camp prolétarien lorsque les discussions verront certains de ceux-ci surgir avec des notions complètement étrangères aux intérêts de notre classe». En appui de votre proposition vous citez des déclarations du CCI, du BIPR et de la FICCI en faveur du débat avec d'autres groupes et contre le «sectarisme».

Nous ne partageons pas cette position, ni votre analyse ou votre objectif; c'est pourquoi nous ne pouvons que répondre négativement à votre proposition.

Les partis ou organisations auxquels vous adressez votre proposition ne sont pas des organisations nouvelles-nées qui par mégarde, par manque de réflexion ou par ignorance, pourraient avoir inclus dans leur programme quelques positions erronées ou incertaines qu'il suffirait de discuter pour les rectifier. A l'exception de OPOP que nous ne connaissons pas, ce sont des organisations qui existent depuis des années ou des dizaines d'années et qui ont mené entre elles des polémiques sur tous les points litigieux: c'est même de la rupture avec Battaglia Comunista qu'est né notre parti au début des années cinquante! Leurs positions politiques, théoriques et programmatiques sont fixées depuis longtemps, de même que leur action pratique: bien naïf serait celui qui s'imaginerait qu'une «discussion fraternelle» sur un forum internet pourrait tout à coup convaincre les uns ou les autres de modifier leur position!
Mais en réalité il s'agit de toute autre chose et la méthode que vous nous proposez est tout sauf nouvelle.

Excepté le recours au média internet, il s'agit, à une échelle sans doute microscopique, de l'éternelle méthode opportuniste qui fait passer la recherche du nombre ou des résultats immédiats avant la défense intransigeante des principes et du programme. L'expérience historique a tragiquement démontré que cette méthode aboutissait invariablement à la défaite du prolétariat et à la victoire de la contre-révolution. Les militants de notre courant ont été taxés de «sectarisme» parce qu'ils combattaient cette méthode dans l'Internationale Communiste dès ses premières années comme dans le regroupement des communistes oppositionnels que tentait de réaliser Trotsky: les faits sont là pour montrer que les «sectaires» avaient vu clair...

Nous nions absolument que les différents groupes auxquels vous adressez votre proposition ne soient séparés que par des questions secondaires et qu'ils fassent tous partie d'une supposée «Gauche communiste» destinée à être le creuset du futur parti. Ils sont au contraire séparés par des questions cruciales qui demain pourront déterminer le sort de la révolution et qui dès aujourd'hui les placent de façon différente par rapport aux premières manifestations du processus de réapparition de la lutte de classe: la question du parti et de son rôle, la question de l'Etat et la conception de la dictature du prolétariat, la question de la violence, l'attitude par rapport aux luttes de défense économique et immédiate des prolétaires, par rapport aux luttes partielles de certaines catégories de prolétaires, etc.

Quel sens pourrait avoir un rapprochement avec des organisations qui défendent les conceptions idéalistes classiques du préalable de la «prise de conscience» des prolétaires avant qu'ils puissent faire la révolution et qui donc bornent le rôle du parti à celui d' éclaireur des consciences? Quelle unité d'action pourrait-il y avoir avec des organisations qui nient tout intérêt aux luttes de défense économiques des prolétaires et qui donc s'opposent à toute organisation de type syndical pour ces luttes? Ces deux exemples pour montrer que ces organisations soi-disant de Gauche communiste se trouvent en fait sur une série de points en dehors du marxisme...

L'extrême faiblesse du nombre de militants communistes, leur isolement à peu près complet par rapport à la classe ouvrière et ses luttes sont malheureusement des données de fait qui caractérisent la situation actuelle où le prolétariat est encore sous la domination d'influences bourgeoises et prisonnier des réseaux de collaboration de classe mis en place dans tous les pays depuis des décennies. Sans aucun doute des crises économiques importantes comme celle actuelle tendent objectivement à affaiblir cette sujétion et à pousser les prolétaires à se révolter contre leur condition; mais il faudra encore du temps pour que sur la base de ces poussées élémentaires surgissent des minorités prolétariennes décidées à oeuvrer à la solution de la crise bien plus grave et bien plus décisive: la crise du mouvement ouvrier révolutionnaire qui depuis plus de 80 ans a réduit le prolétariat à l'impuissance en détruisant son parti et ses organisations de classe. Il est impossible de travailler à résoudre cette crise, c'est-à-dire de travailler à la reconstitution du parti de classe internationaliste et international qui aura pour tâche de diriger la lutte des prolétaires de tous les pays pour la révolution communiste internationale, au moyen d'expédients démocratiques comme des discussions politiques et programmatiques visant à rassembler des partis et groupes aux positions politiques différentes afin d'augmenter le nombre des militants révolutionnaires et leurs possibilités d'action.

La voie à suivre est exactement l'inverse de celle que vous proposez: c'est la voie de la lutte politique intransigeante contre toutes les tentatives pour estomper les divergences programmatiques et de principes, les orientations politiques et tactiques, qui en réalité divisent profondément les différentes organisations que vous voudriez rassemblez dans votre «Gauche communiste». Les rares prolétaires qui sont aujourd'hui et qui plus nombreux seront demain poussés à rompre avec toutes les variétés de réformisme ont avant tout besoin de clarté politique: il ne faut pas leur cacher les divergences au moyen de débats démocratiques, mais au contraire les rendre plus nettes et plus manifestes pour que les orientations correctes puissent l'emporter sur celles qui ne le sont pas.
Quelles que soient les intentions bonnes ou mauvaises, tout ce qui entrave la clarification politique fait oeuvre anti-prolétarienne car cela revient à faire obstacle à la reconstitution de l'organe suprême de la lutte ouvrière: le parti.

Fraternellement

Comme le mentionne le PCI, nous pensons en effet que cette tentative, de notre part, qui visait essentiellement à ouvrir – ou plutôt à ré-ouvrir – un débat parmi les groupes issus de la GC fut quelque peu naïve ; cependant, cette naïveté diffère de celle dont nous accuse le PCI. Notre naïveté se situe plutôt au niveau de l’état actuel des lieux dans lequel trempe les divers groupes composant la GC : état sclérosé causé par la profonde période contre-révolutionnaire que nous essuyons et qui se manifeste par le sectarisme politique, le repliement des organisations sur elles-mêmes sous prétexte d’une préservation des bases programmatiques déjà acquises, la peur des confrontations politiques, quand il ne s’agit pas tout simplement de la faiblesse numérique des divers groupes pour maintenir dynamique cette confrontation d’idées, etc.

Bien que nous considérions la réponse du PCI comme très politique et franche, nous pensons cependant qu’il reste cantonné dans son isolement programmatique. En effet, s’il est si sûr de la profondeur et de l’intégrité prolétarienne de ses positions programmatiques, qu’est-ce qui l’empêche de ramener encore une fois le débat au sein des autres courants de la GC ? Nous maintenons que c’est par la confrontation politique que les éléments prolétariens s’unissent autour du programme révolutionnaire ou se détachent de celui-ci. Le PCI ne nous semble pas prêt à vouloir rompre son isolement et à reprendre contact avec les luttes que mènent ponctuellement le prolétariat.

Maintenant, la réponse hâtive du CCI :

Le CCI au CIM
Le 20 août 09
Chers camarades.
Nous avons pris connaissance de votre lettre du 17 août 09 et la présente concerne essentiellement une réponse à votre proposition de forum.

Avant cela, nous voulons toutefois dire deux mots à propos de votre lettre de novembre 2007 que vous venez de nous réexpédier (mail du 2/08/09). En la lisant, nous nous souvenons de l'avoir effectivement reçue. A l'époque nous n'avions cependant pas pensé qu'elle appelait une réponse de notre part dans la mesure où elle exprimait surtout vos inquiétudes concernant notre texte sur la culture du débat ou encore la mise en place dans le CCI d'une Commission d’Investigation permanente. Si une critique plus explicite sur ces deux questions, ou toute autre, nous était parvenue par la suite, nous y aurions répondu de façon argumentée.

Mais c'est très bien de revenir aujourd'hui sur cet épisode pour éclaircir les circonstances ayant conduit à l'interruption de notre correspondance sans que cela ait été voulu ni par vous ni par nous, comme cela a été éclairci lors de notre dernière rencontre (en date du 16 juillet à Paris). A ce propos, nous vous livrons un élément supplémentaire qui, nous nous en rendons compte à présent, a pu vous dérouter à l'époque : nous avions procédé à cette période, pour des raison évidentes d'économie de frais postaux, à une réduction drastique du nombre de nos publications souvent envoyées "à l'aveugle" à de nombreuses adresses de par le monde. Visiblement cette "réorganisation" n'a pas été complètement maîtrisée par nous et vous a malheureusement affecté. Nous le regrettons vivement.

Nous en arrivons à présent à votre proposition de forum commun regroupant en plus de vous et nous, le PCI, le BIPR et la FICCI.

Une telle proposition s'inscrit parfaitement dans la démarche que nous avons toujours eue en direction du milieu politique prolétarien et le manque d'écho qu'elle a rencontré de la part de ce dernier ne nous y a pas fait renoncer. Ainsi, malgré l'initiative des groupes qui allaient constituer le BIPR de rompre le cycle des conférences internationales de la Gauche communiste (1977-80) et le refus catégorique des groupes de la mouvance "bordiguiste" d'y participer, nous n'avons eu de cesse de solliciter le BIPR et les différents PCI avec des propositions d'intervention commune face à des évènements importants de la situation (la guerre en général). Nous avons également proposé au BIPR, à la fin des années 1990, une coopération entre nos deux organisations en vue d'un travail commun en Russie. Signalons également que nous avions également invité le BIPR à participer à notre XIIIe congrès international, en 1999.

A une seule exception près (une réunion publique commune avec la CWO à Londres en 1997 célébrant l'anniversaire de la révolution russe), toutes ces démarches de notre part ont toujours provoqué de la part du BIPR (et des PCI également) une fin de non recevoir. Néanmoins, ce ne sont pas ces échecs qui ont été de nature à nous faire modifier notre position sur la nécessité d'une activité commune entre révolutionnaires de différentes organisations, tout au plus avons-nous modulé la fréquence de nos sollicitations pour les réserver aux moments les plus importants de la situation internationale.

Nous aurions continué à solliciter le BIPR de la même façon si, à l'automne 2004, cette organisation ne s'était distinguée par une attitude à l'encontre de la nôtre qui "n’est pas digne d’un groupe qui se réclame de la Gauche communiste mais appartient aux méthodes du trotskisme dégénéré, voire du stalinisme" (Lettre ouverte du CCI aux militants du BIPR, en date du 7 décembre 2004) (2). Nous voulons parler de l'épisode du Circulo d'Argentine, où le BIPR a couvert de sa respectabilité et participé à propager les dénigrements portés à notre encontre par un aventurier, "monsieur B. ", lequel, déçu de ne pas être intégré rapidement dans le CCI, avait entrepris de porter fortement atteinte à note organisation en utilisant frauduleusement la signature du groupe de camarades sympathisants du CCI en Argentine (le NCI) dont il faisait initialement partie mais qui ignorait tout de ses manœuvres. (3)

Nous avions, à cette occasion, explicité publiquement quelle serait notre ligne de conduite vis-à-vis du BIPR, le considérant comme "un obstacle à la prise de conscience du prolétariat" s'il devait persister "dans la politique du mensonge, de la calomnie et, pire encore du "laisser dire" et du silence complice devant les agissements des groupuscules dont c’est la marque de fabrique et la raison d’exister" (Lettre ouverte …).

A notre connaissance le BIPR n'a pas depuis lors réédité ce type de comportement ce qui ne signifie pas pour autant qu'il ait tiré les leçons de l'évènement, ni qu'à la première occasion il ne se livrera pas à nouveau à la calomnie. C'est la raison pour laquelle nous n'entreprendrons avec lui aucune coopération politique du type de celle qu'implique l'organisation en commun d'un forum de discussion tant qu'il n'aura pas fait la preuve qu'il a compris avoir commis une grave faute politique. C'est une question de principe concernant les questions de comportement politique (qui sont des questions politiques primordiales) et auquel nous ne dérogerons pas.

Cela ne signifie pas que, face au BIPR, nous nous refusions à quelque contact qui soit. Il a toujours pu venir librement à nos réunions publiques (comme quiconque d'ailleurs, à part la FICCI sur laquelle nous allons revenir) et nous participons aux siennes. Nous avons également récemment participé (le 25 Avril 2009) à une rencontre à l'initiative du MDF (Midlands Discussion Forum) en Grande-Bretagne, à laquelle le BIPR participait également de même que Perspective Internationaliste. Mais cela ne va pas au-delà.

Comme vous le savez, il existe également un obstacle du même type concernant un travail commun avec la FICCI, puisqu'il concerne lui aussi les questions de comportement politique. Néanmoins, celui-ci est bien plus important que concernant le BIPR comme nous avons eu l'occasion, à de nombreuses reprises, de le mettre en évidence :

"La prétendue "Fraction Interne du CCI" (FICCI) est un tout petit groupuscule composé d’anciens membres du CCI exclus lors de notre 15e congrès international pour mouchardage. Ce n'est pas la seule infamie dont ces éléments s'étaient rendus responsables puisque, reniant les principes fondamentaux de comportement communiste, ils s'étaient également distingués par des attitudes typiques de voyous, tels que la calomnie, le chantage et le vol. Pour ces autres comportements, bien qu'ils soient très graves, le CCI n'avait pas prononcé d'exclusion à leur égard, mais une simple suspension. C'est-à-dire qu'il était encore possible pour ces éléments de revenir un jour dans l'organisation à condition évidemment qu'ils restituent le matériel et l'argent qu'ils avaient dérobés à celle-ci et qu'ils s'engagent à renoncer aux comportements qui n'ont pas leur place dans une organisation communiste. Si le CCI a décidé finalement de les exclure, c'est qu'ils ont publié sur leur site Internet (c'est-à-dire au vu de toutes les polices du monde) des informations internes facilitant le travail de la police : a) la date où devait se tenir la conférence de notre section au Mexique ; b) les véritables initiales d'un de nos camarades présenté par eux comme "le chef du CCI", avec la précision qu'il était l'auteur de tel ou tel texte compte tenu de "son style" (ce qui est une indication intéressante pour les services de police)." (Calomnie et mouchardage, les deux mamelles de la politique de la FICCI envers le CCI)(4)

Même s'il peut nous arriver de nous retrouver dans une même réunion que la FICCI, organisée par d'autres groupes, les mesures que nous maintenons vis-à-vis de celle-ci sont à la mesure de la nocivité de son comportement politique, comme l'illustre l'interdiction qui leur est faite de participer à nos réunions publiques, mesure qui a fait l'objet d'une prise de position publique dans notre presse. (5)
Si, dans le cas du BIPR, on ne peut pas exclure de déblocage de la situation actuelle dans le cas où, comme nous l'avons dit, il y aurait de sa part la reconnaissance d'un problème politique important dont ils ont été la cause, il n'en va pas de même pour la FICCI. Sa fondation s'étant effectuée sur la base de comportements tels que la délation, elle n'a pas de réhabilitation possible à nos yeux en tant que groupe. Et l'accalmie dans ses attaques contre le CCI, qu'on peut observer depuis un certain temps déjà, ne change rien à l'affaire. La question peut toutefois se poser différemment concernant les individus qui la composent, pour ceux d'entre eux qui décideraient de la quitter en faisant la critique de leur comportement passé. Mais nous n'en sommes pas là aujourd'hui.

L'impossibilité de ce projet de forum que vous proposez n'empêche pas, selon nous, le développement de bonnes relations politiques entre nous incluant évidemment la discussion des questions en divergence. En effet, nous ne mettons pas comme préalable à l'établissement d'une telle relation entre nous que vous partagiez notre conception de la défense d'une éthique prolétarienne entre groupes prolétariens, ou notre analyse du parasitisme ou encore celle de la nature de la FICCI (en tant que groupe parasite). Nous ne l'avions d'ailleurs pas exigé du BIPR non plus lorsque, au premier trimestre 2003, alors que cette organisation avait déjà établi des relations politiques avec la FICCI, nous lui avions fait la proposition, ainsi qu'aux autres groupes de la Gauche communiste, d'une intervention commune face à la guerre. Vous pourrez lire à ce sujet les termes des deux lettres adressées aux organisations de la gauche communiste qui sont publiées dans notre Revue internationale n ° 113, Propositions du CCI aux groupes révolutionnaires pour une intervention commune face à la guerre(6)

Nous restons disponibles pour répondre aux questionnements que cette lettre pourrait susciter de votre part ou pour entamer une discussion sur telle ou telle question politique vous tenant à cœur, soit sur le mode débat interne ou bien sous forme de débat dans la presse, dès lors que celui-ci peut intéresser le lecteur. Par ailleurs, nous allons veiller à vous faire parvenir régulièrement nos publications.
Recevez chers camarades, nos salutations communistes.
Le CCI

Nous somme un peu dépité par cette étrange réponse. Le CCI écrivait dans les années quatre-vingts :
« Dans l'esprit de secte, le dialogue avec d'autres ne sert évidemment à rien. "On n'est pas d'accord ! On n'est pas d'accord ! On ne va pas se convaincre !"

Et pourquoi des organisations révolutionnaires ne convaincraient pas d'autres organisations à travers le débat ? Seules les sectes refusent de remettre en question leurs certitudes.

Comment se sont donc faits tous les regroupements de révolutionnaires dans le passé si ce n'est en parvenant à travers le débat à "se convaincre" ? » Le sectarisme, un héritage de la contre- révolution à dépasser. Revue Internationale # 22, 3e trimestre 1980.

Maintenant, il nous répond :
« (…) nous ne mettons pas comme préalable à l'établissement d'une telle relation entre nous que vous partagiez notre conception de la défense d'une éthique prolétarienne entre groupes prolétariens(…) »

Pourtant, n’est-ce pas ce qu’il exige du BIPR pour que celui-ci puisse participer conjointement à notre proposition? Nous sommes malheureux de dire que la réponse du CCI ne nous convainc aucunement et qu’elle représente pour nous plutôt cette caractéristique propre au sectarisme et à l’opportunisme qu’il dénonce lui-même. En fait, le CCI ne démontre aucunement la volonté de participer à quelque débat que ce soit avec d’autres groupes, à l’exception peut-être du nôtre. Est-ce qu’il s’agit ainsi d’une simple entreprise opportuniste de racolage ?

Le BIPR quant à lui ne nous a aucunement répondu, ce qui n’est pas sans nous surprendre. Il semble que les organisations issues de la Gauche se cramponnent actuellement de toutes leurs forces à leurs organisations respectives, aussi moribondes soient-elles. Bien qu’il semble y avoir une certaine reprise des luttes un peu partout sur le globe depuis quelques années, il semble y avoir une incapacité des organisations issues de la GC à se pencher sur ces luttes afin d’en faire ressortir la théorie, et une incapacité tout aussi grande à intervenir au sein de celles-ci.

Par la proposition qui fut lancée, nous ne souhaitions pas regrouper de façon opportuniste, comme l’affirme le PCI, mais plutôt ouvrir un lieu où il aurait été possible de relancer le débat au sein de la classe qui est la nôtre.

Maintenant, la volonté d’ouvrir les discussions et d’entrer en dialogue avec notre classe est-elle réellement présente au sein des minorités communistes?

Nous présentons, pour terminer, la réponse d’une partie de la FICCI qui subit elle aussi des difficultés internes présentement. Nous terminons avec cette réponse car c’est la réponse dont nous sommes le plus prêt et que nous partageons entièrement. Elle conclut donc les brèves échanges qui eurent lieu depuis quelques semaines :

Prise de position sur la Proposition d'un site web au sein de la Gauche communiste faite par lesCommunistes internationalistes de Montréal

1) Nous approuvons et soutenons la Proposition pour la constitution d'un site web au sein de la Gauche communisteque les Communistes internationalistes de Montréal ont faite et envoyée le 31 août 2009 aux principaux groupes politiques de cette Gauche. Pourquoi soutenons-nous cette Proposition ?

En premier lieu, parce que, comme le soulignent les CIM, le camp prolétarien a besoin d'un point de rencontre politique, d'un "espace politique", permanent pour la Gauche communiste qui puisse servir de point de référence politique pour l'ensemble des groupes et éléments isolés qui sont en recherche des positions communistes, en recherche de débats et de confrontations politiques, en recherche de clarification et de cohérence politique. Ensuite, nous sommes d'accord avec le souci de la Proposition sur la nécessité de pousser au maximum possible la clarification du Programme communiste. Enfin, nous sommes tout autant d'accord avec la nécessité de rapprochements politiques entre les différentes composantes de la Gauche communiste, et sur la possibilité que de tels rapprochements puissent aller jusqu'à des interventions conjointes.

Notre appui à la Proposition des CIM ne surprendra personne dans la mesure où les conceptions qui y sont présentées et qui animent l'initiative sont les nôtres depuis toujours.

Nous tenons aussi à souligner notre accord sur les propositions de critères politiques mises en avant par la Proposition. En particulier, et cela est fondamental pour notre Fraction, le critère de la mise en avant indispensable de la nécessité du parti pour la classe. Ce critère est d'autant plus important qu'aujourd'hui le prolétariat souffre particulièrement du poids et de la vogue des idées et conceptions conseillisto-anarchistes tant dans ses minorités politiques que dans ses grandes masses au travers des illusions démocratiques.

2) La Proposition de site web pour la Gauche communiste met à juste titre la nécessité de réagir face à la faiblesse numérique, à la division et à la dispersion politiques du camp prolétarien dans la situation historique actuelle. Certes, c'est une réalité "objective". Néanmoins, ce n'est qu'une partie de la réalité, qu'une dimension, une réalité "de surface", apparente, que tout le monde souligne et dans laquelle tout le monde semble se complaire.

Il y a aussi une autre dimension de cette réalité qui, à nos yeux, est beaucoup plus importante et plus "signifiante". C'est la dimension profonde, "historique" de la Gauche communiste et des groupes qui la constituent (mais que, malheureusement, personne, ou presque, ne veut voir ni encore moins prendre en compte) qui s'exprime à travers l'unité fondamentale qui existe en son sein face aux forces politiques de la bourgeoisie, gauche, gauchistes et syndicats, et face aux courants conseillisto-anarchistes de tout ordre. En fait, concrètement, les divergences que chaque groupe de la Gauche communiste met en avant par rapport aux autres, ne sont - quoiqu'on en dise - que des divergences secondaires - ce qui ne veut pas dire qu'elles ne seraient pas importantes. Combien même ces divergences seraient de premier ordre, elles n'en rendraient que plus légitime et nécessaire l'ouverture de débats et de confrontations directes des positions et, pour nous, d'"espace" tel que celui que les CIM proposent.

La réalité actuelle n'a cessé de prouver que les groupes qui composent la Gauche communiste actuelle - et qui pour la plupart, sinon pour la quasi-totalité, sont issus de la Gauche italienne -, ont sur des questions fondamentales telles la crise, la guerre, les réponses et l'alternative prolétariennes, des analyses et des interventions très proches et ces dernières années mêmes souvent convergentes. Si cette réalité est malheureusement peu, ou pas, perçue par les groupes actuels de la Gauche, cela est pour l'essentiel le fruit du sectarisme et de la dispersion, héritage direct de la contre-révolution ; héritage que la bourgeoisie fait tout pour entretenir, développer et aggraver au travers de son idéologie, et cela au détriment du prolétariat international et de ses intérêts fondamentaux.

3) Voilà pourquoi nous pensons que le premier pas que les communistes doivent accomplir aujourd'hui, qui est selon nous leur première responsabilité, c'est de prendre conscience de ce qui déjà les unit, de lutter contre les tares (la dispersion, le refermement sur soi, le sectarisme, le refus ou la peur de la confrontation politique entre révolutionnaires qui est une des principales sources de clarification et d'élaboration du programme) qu'ils ont héritées du passé, de la contre-révolution et qui, aujourd'hui plus que jamais, font le jeu de la bourgeoisie et s'opposent aux intérêts fondamentaux de notre classe. Ces tares se manifestent depuis la dernière guerre mondiale et surtout dans la période actuelle, au point que, contrairement à ce qui prévalait précédemment dans le mouvement ouvrier, chacun ne se préoccupe que de sa petite chapelle et, du haut de ses certitudes, croit pouvoir développer des relations uniques et exclusives avec la classe ouvrière jusqu'à se considérer comme le seul axe, le seul noyau, du futur parti !

Tous se revendiquent, à un moment ou un autre, de "l'ouverture d'esprit", de l'anti-sectarisme, de la volonté de confronter leurs positions politiques, voire de vouloir agir avec les autres. Nous appuyons tout particulièrement l'insistance des CIM sur ce plan, notamment quand, dans leur Proposition, ils reprennent et citent les "grandes déclarations" des différents groupes.

Malheureusement, dès que la question d'un rapprochement, d'un resserrement de liens entre les groupes est posée concrètement, toutes les excuses sont bonnes pour se défiler.

Ainsi face à la Proposition actuelle des CIM, le CCI d'aujourd'hui s'amuse à avoir un double langage et fait tout pour saboter la proposition : dans une première rencontre directe avec les CIM, en juillet 2009, il donne son accord sur cette initiative et en particulier sur les participants que les CIM mentionne, parmi ceux-ci notre Fraction. Et immédiatement après, dans un courrier, il rejette notre participation et, plus grave encore, celle du BIPR.

Le BIPR, lui, reste silencieux et semble ignorer l'existence de cette Proposition politique dont, pourtant il devrait, et il est le seul à pouvoir, être le principal moteur. Pourquoi un tel silence ? Serait-ce dû au fait que les CIM sont à l'initiative de cette proposition ? Serait-ce dû au fait que le BIPR a des "arriérés" non résolus avec ce groupe ? Mais, dans ce type de situation, qu'est-ce qui est le plus important ? La proposition politique en elle-même ? Ou bien les contentieux particuliers qui peuvent exister ? Et la méthode qui est proposée, n'est-elle pas, entre autres, la seule possibilité de résolution des contentieux et autres malentendus ?

Enfin, nous avons pris connaissance du refus catégorique du PCI/Programme communiste à la Proposition. C'est une attitude politique qui, malheureusement, ne nous étonne pas. Mais aujourd'hui, le PCI pourrait se poser la question suivante : quel intérêt tire-t-il d'une telle position politique quand les 30 dernières années de son existence, quand sa propre expérience, prouvent à quel point cette position sectaire lui a été néfaste.

4) En conclusion, nous réitérons notre plein appui à la proposition des CIM. Ce site Web devrait regrouper l'ensemble des groupes politiques de la Gauche communiste sans oublier les éléments et groupes isolés qui se reconnaissent dans les critères de participation mis en avant. Mais, pour nous, le BIPR devrait en être l'axe et le moteur principal ; comme nous l'avons toujours défendu, cette organisation est aujourd'hui le seul pôle de regroupement sérieux du camp prolétarien et, de ce fait, son concours ne peut qu'être décisif dans la création et l'animation d'un tel espace politique.

Pour la Fraction interne du CCI.
Ldo, Juan (avec le soutien politique de Jonas).
18 octobre 2009

(1) Note des CIM. Notons aussi franchement les erreurs et fautes que nous avons pu commettre à travers ces efforts qui ne furent jamais pardonnées malgré des mises au point et excuses publiques de notre part. Voir En réponse à la Mise au point du Bureau International pour le Parti Révolutionnaire. Le texte que nous avions produit suite à ces fautes politiques. En effet, le BIPR « en mutation » affiche encore aujourd’hui sa mise au point à notre égard, près de sept mois après nos rectifications publiques.

Les notes 2, 3, 4, 5 et 6 sont du CCI.
(3) Vous pourrez trouver un résumé de l'enchaînement des faits relatifs à cette affaire, au sein du texte De calomnies en mensonges, le BIPR s'éloigne de la cause du prolétariat, en date du 26 avril 2005 ("Le comportement récent du BIPR constitue un passif qui ne peut être escamoté") http://fr.internationalism.org/rinte121/bipr.htm
(5) "Le CCI a pris la décision d'interdire la présence à ses réunions publiques et à ses permanences des membres de la prétendue"Fraction interne" du CCI (FICCI). C'est la première fois que notre organisation prend une décision de ce type et il est nécessaire qu'elle en fasse connaître publiquement les raisons face aux éléments et groupes du milieu politique prolétarien de même que devant l'ensemble de la classe ouvrière. Cette décision fait suite à l'exclusion de ces mêmes membres de la FICCI lors de notre XVe congrès, au printemps 2003 et résulte des motifs de cette exclusion : l'adoption par ces éléments d'une politique de mouchardage contre notre organisation. Pour que les choses soient bien claires : ce n'est pas en soi parce que ces éléments ont été exclus du CCI qu'il ne peuvent pas participer à ses réunions publiques. Si le CCI était conduit à exclure un de ses membres à cause, par exemple, d'un mode de vie incompatible avec l'appartenance à une organisation communiste (comme la toxicomanie), il ne l'empêcherait pas ensuite de venir à ses réunions publiques. C'est bien parce que ces éléments ont décidé de se comporter comme des mouchards que nous ne pouvons tolérer leur présence à celles-ci. Cette décision du CCI s'applique à tout individu qui se consacre à rendre publiques des informations pouvant faciliter le travail des services de répression de l'Etat bourgeois. Notre décision n'a rien d'exceptionnel dans l'histoire des organisations du mouvement ouvrier. Celles-ci ont toujours eu comme principe d'écarter les mouchards pour préserver la sécurité des organisations révolutionnaires et de leurs militants" (Les réunions publiques du CCI interdites aux mouchards, Révolution internationale n ° 338, septembre 2003)