mardi 22 juin 2010

Comité de mobilisation de travailleurs et de travailleuses d’un hôpital

Nous publions de larges extraits de différents textes d’un comité de mobilisation de travailleurs et de travailleuses d’un hôpital de la région de Montréal (Note). Même s’ils ont encore quelques illusions vis-à-vis du syndicat (Ils en ont payé le prix d’ailleurs comme nous le verront plus bas), ces travailleurs et travailleuses ont décidé de former un comité de mobilisation s'adressant à l'ensemble des prolétaires à l'intérieur de l’hôpital en allant au-delà des divisions syndicales. Leur action vise d'abord à créer un espace où discuter de leurs conditions de travail. La politique de terrain, ou, en d'autres termes, l’organisation politique des travailleurs eux-mêmes dans leur milieu, rend possible, selon eux une prise de conscience collective de leurs conditions et des possibilités qu’ils aient de les modifier.

Dans un tract diffusé le 1er mai sur leur lieu de travail ils décrivent bien l’état d’esclavage salarié qui est le leur :

« …En effet, une vision globale des offres patronales indique clairement une diminution de la qualité de vie des employés du système de santé public. En réalité, l’employé de l’État ne devient ni plus ni moins qu’un prisonnier du système, puisqu’un horaire de travail normal sera de sept jours par semaine au lieu de cinq et de douze heures par jour au lieu de huit. De plus, l’employeur peut établir un étalement des heures sur une base trimestrielle plutôt qu'hebdomadaire, ce qui veut dire qu’un employé pourrait se trouver à travailler 20 heures la première semaine, 15 la seconde, 45 la troisième et ainsi de suite. La comptabilisation des heures sera effectuée au bout de trois mois et une compensation sera peut être offerte à l’employé s’il y a surplus d’heures. Les gestionnaires des établissements de santé peuvent aussi décider de payer les congés fériés au lieu de les accorder s’ils croient ne pas pouvoir remplacer le travailleur. Et tout ceci sans compter que le gouvernement désire aussi réduire les journées de maladie…

…Il ne fait aucun doute que l’application de ces offres patronales, comme la disparition des primes de TS, vont augmenter la pénurie et précipiter bon nombre de travailleurs de la santé dans le secteur privé. À long terme, le gouvernement s’assure donc de mettre le système public assez à genoux pour justifier le passage à une gestion privée. Car si le gouvernement admet que le recours aux agences privées dans le domaine de la santé est un problème, il refuse toutefois de prendre la moindre mesure légale pour réduire leur utilisation. Pire, au lieu de tenter de rendre les conditions des travailleurs de la santé compétitives pour favoriser la rétention de personnel dans le public, il s’emploie à augmenter tous les problèmes déjà présents dans nos milieux de travail…

Et ils concluent leur tract de façon mobilisatrice en s’adressant à l’ensemble des travailleurs et travailleuses de l’hôpital:

«… Nous savons que rester passifs en ce moment, c’est accepter une dégradation continuelle de nos conditions de travail et la fin de l’universalité de notre système de santé. Pour ceux et celles qui se sont battus dans les dernières décennies pour un système de santé public et des conditions de travail tolérables, ainsi que pour les futures générations d'infirmières, il est de notre responsabilité de réagir.

Prenons les moyens nécessaires pour gagner : personne ne nous mènera quelque part sauf nous tous. Notre solidarité démontrera notre force. C’est mathématique, 50 000 personnes seront toujours plus fortes que quelques dirigeants…

…C’est pourquoi nous vous invitons à vous rassembler ici, à l’intérieur de l’hôpital de Verdun, toutes catégories d’emploi confondues. »

Leur première réunion ouverte à tous, (ils ont même invité les représentants des différents syndicats FIQ et CSN) a été perturbé par la présence de ces derniers et lors de la deuxième rencontre et par après ils ont pu constater que les ressources humaines de l’hôpital et les syndicats locaux s'entendaient bien pour ne pas tolérer d'initiative politique de la part des travailleurs en allant jusqu’à les menacer d’envoyer la sécurité pour saborder les réunions futures. Ils dénoncent aussi le manque de démocratie lors des assemblées syndicales.

Voici des extraits d’une lettre ouverte adressée aux syndicaux locaux FIQ et CSN suite à leur opposition à la création d’un comité de travailleurs.

« Le 24 mai, la première réunion du comité de mobilisation s'est tenue dans la salle de repos au sous-sol. Quelques employés de l'entretien sont présents pour cette rencontre initiale. Lors de notre mobilisation et durant cette réunion, plusieurs travailleurs ont manifesté qu'une telle initiative répondait à un réel besoin et ont montré de l'enthousiasme à ce que «quelque chose» se passe enfin, peu importe qu’il soit amorcé par le syndicat ou par des collègues. Cependant, l'ambiance change lors de l'arrivée des représentants syndicaux. Nous tenons particulièrement à déplorer l'attitude d'intimidation manifestée par 3 représentants de la CSN, dont Guignard Elina et Denise Provost, qui ont refusé de s'asseoir même après que nous leur en avions explicitement fait la demande, en spécifiant que nous trouvions intimidant qu'ils soient debout alors que tous les travailleurs étaient assis. Ils ont de plus ignoré les tours de parole, interrompant les autres ou chuchotant entre eux pendant que d'autres parlaient. Peu importe leurs arguments contre ce comité de mobilisation, ce manque de respect n'a pas sa place dans un débat politique.

La réunion du 24 mai s'est résumée à une réponse aux critiques des représentants syndicaux sur notre ordre du jour qu'ils ont interprété comme une tentative d'imposer des moyens de pression. À ce sujet, ils ont affirmé que des employés revendicateurs qui agiraient selon une décision du comité de mobilisation ne pourraient pas bénéficier de leur protection syndicale. En fait, plusieurs points à l'ordre du jour, tel que celui sur le front commun, avaient comme but premier d'informer les gens, par exemple sur le déroulement des négociations et de favoriser la réflexion collective à ce sujet. Enfin, le syndicat affirme qu'en tant que seul représentant légal des employés, il est le seul à pouvoir initier une réflexion sur les conditions de travail.

Pour un retour à une démocratie participative

L'objectif du comité de mobilisation était purement l'inverse de l'imposition de moyens de pression. Nous voulions offrir un espace de dialogue entre travailleurs afin de débattre de propositions sur les façons de rendre notre travail moins pénible. Lors des dernières assemblées syndicales spéciales FIQ, les idées originales et les critiques des travailleurs n'ont eu aucun impact sur la formule déjà toute faite de moyens de pression que nous devions accepter ou refuser, mais visiblement pas modifier…

…le 25 mai, le responsable des relations de travail des ressources humaines contacte Ariane Bouchard pour lui dire que les réunions entre employés à l'intérieur de l'hôpital sont illégales et que seul le syndicat peut représenter les employés auprès des patrons. Monsieur Poirier, des ressources humaines, tient à défendre la légitimité du syndicat et évoque même la loi sur le maraudage syndical. Il n'hésite pas à ajouter qu'en cas de réunion, la sécurité expulsera les travailleurs présents.

Force est de constater que les ressources humaines et nos syndicats locaux s'entendent sur les raisons de ne pas tolérer d'initiative politique de la part des travailleurs….

…À la suite des discussions avec bon nombre de travailleurs, nous ne pouvons que faire le constat suivant : il existe une déception généralisée face au travail du syndicat, voire une perte totale de confiance dans certains cas…

un premier pas à franchir est de rétablir l’espace du lieu de travail comme endroit où il est possible de parler de nos conditions, où l’information circule autrement que sur papier, où la réflexion peut se faire collectivement à tout moment et non pas exclusivement pendant les assemblées syndicales. À noter : lors de nos différentes tournées des unités, personne, même dans un contexte global de surcharge de travail, n’a refusé de discuter avec nous. Au contraire, plusieurs ont salué notre initiative et nous ont encouragé à continuer même sans l'appui du syndicat. »

Malgré ces menaces ils maintiennent leur objectif de base de politiser leur lieu de travail et d'encourager la réflexion critique et collective sur les enjeux du système de santé. Ils continueront dans cette voie, avec ou sans le syndicat, tant que les travailleurs seront en accord avec leur démarche.

Dans toute lutte ouvrière, la mise en place de tels comités de mobilisation est un des éléments importants qui peut empêcher le sabotage syndical. Dans le contexte actuel de crise économique, seule une riposte massive internationale des prolétaires pourra faire reculer non seulement l’État québécois mais tous les États. Les mesures du budget Charest ne sont pas uniques, elles sont communes à un très grand nombre d’États.

La solidarité entre les travailleurs et travailleuses pour contrer les divisions syndicales dans un même lieu de travail est un premier pas mais cette lutte doit s’élargir à l’ensemble des travailleurs du secteur public et du privé.

L'ensemble de la classe capitaliste internationale se doit de faire payer sa crise au prolétariat, dans tous les secteurs, publics et privés, actifs, chômeurs et retraités, et dans tous les pays, sur tous les continents, de la périphérie du capitalisme jusqu'en son centre. Aucun d'entre nous n'y échappera. N'ayons aucune illusion ! Partout, aujourd’hui les prolétaires doivent refuser les sacrifices énormes que leur impose la bourgeoisie pour que, demain, ils aient la force de supprimer cette classe et son système barbare.

Les Communistes Internationalistes de Montréal Le 18 juin 2010.


Note : Nous vous invitons à consulter leur blog : http://mobilisationverdun.blogspot.com/

lundi 14 juin 2010

Une journée de débrayage corporatiste qui ridiculise l’arme de la grève

Débrayage d’enseignantes et d’enseignants le 8 juin 2010

Les enseignantes et enseignants ont des classes surchargées, l’intégration d’élèvesayant des troubles d’apprentissage dans les classes régulières rend leur tâche très difficile, à l’éducation des adultes, des profs sont précaires depuis 5, 10 et même 15 ans. Au secteur public la tâche des autres prolétaires est aussi semblable. Les infirmières et infirmiers, par exemple, sont obligés de faire du temps supplémentaire. Le nombre de patients qui leur est alloué particulièrement la nuit est beaucoup trop élevé.

On se souviendra, qu’en 2004, l’actuel président de la FAE, le pantin St-Germain, alors qu’il était président de l’Alliance des profs se bornait à dire aux profs d’appeler les pompiers pour des raisons de sécurité si leur classe était surchargée. Maintenant c’est lui-même et les syndicats qui éteignent un élargissement de la lutte par une grèvette isolée des autres travailleurs. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a donc réussi à faire voter une grèvette d’une journée qui a eu lieu le 8 juin dernier. Lors de cette journée, les profs étaient cantonnés devant leurs écoles et centres complètement isolés des autres travailleuses et travailleurs. Ce n’était pas un exemple de courage mais plutôt du pire corporatisme. Cette action corporative a ridiculisé l’arme de la grève. Une manif défouloir a eu lieu lors de la journée.

Avant cette grèvette, le syndicat a infantilisé les profs avec des moyens de pressions comme passer dix minutes en dehors de l’école en sifflant. Pour aveugler lesenseignantes et enseignants, la FAE veut faire croire que l’État va reculer avec des gestes ridicules comme grignoter des céleris, porter des lunettes noires avec le iPod branché sur les oreilles et autres syndicaleries pendant les réunions avec la direction. Les autres syndicaleries sont sur : http://www.failqc.com/wp-content/uploads/2010/06/liste.pdf. Un des clowns de FAE, Armand Dubois s’est senti obligé d’avouer que peu de membres ont suivi ces suggestions.

La toute aussi corporatiste Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec a trouvé quant à elle que faire du camping devant le Parlement serait un bon moyen « d’atteindre ses priorités ». Elle aussi isole les prolétaires des autres secteurs.

On voit bien encore une fois comment les syndicats usent de leur pouvoir pour diviser les prolétaires même s’ils ont des revendications semblables.

Les syndicats de la FAE ont quitté la CSQ, non parce que c’était et c’est une centrale qui vend ses membres à l’État comme le prouve la récente entente, mais ils ont quitté pour des raisons purement corporatives. La FAE isole les enseignantes et enseignants de tout l’ensemble du secteur public. En cela elle n’est pas différente des autres syndicats, chacun cherche à tirer la couverte de son côté. C’est quel syndicat qui signerait une entente bidon le plus tôt possible avant juillet.

Les mesures d’austérité du dernier budget Charest touche tous les prolétaires, secteur public et privé. Seule une action massive pourra faire reculer l’État. Il est impossible d’y faire face, isolé dans des commissions scolaires ou des hôpitaux. Lutter massivement est la seule façon de ne pas être écrasé. Les grèvettes d’une journée ou deux, secteur par secteur ne peuvent mener qu’à la défaite.

L’arme de la grève est utilisée par les syndicats pour leur donner de la crédibilité face à l’État. Ainsi ils montrent qu’ils ont bien en main leurs membres tout en étant un défouloir pour les plus combatifs. Une journée de grève c’est une perte totale qui n’a aucun impact sur l’État sauf pour les boss syndicaux parce que ça justifie leur existence parasitaire.

Depuis des années les actions de sabotages des luttes par les syndicats ont permis à différents gouvernements de passer des décrets ou d’imposer le statut quo. Dans le contexte actuel de crise économique, seule une riposte massive des prolétaires peut faire reculer les États. La lutte des prolétaires grecs en est un exemple mais les syndicats veillant au grain ont réussi à diviser, empêchant une grève générale illimitée et mettant de l’avant des grèves secteur par secteur avec des grèvettes d’un jour.

Une grève générale des travailleuses et des travailleurs du secteur public, contrôlée par les prolétaires eux-mêmes c’est :

- Informer les prolétaires par un tract appellant à l’élargissement de la lutte;

- Ne pas rester isolés mais appeler à l’élargissement de la grève à d’autres secteurs tant public que privé ;

- Faire régulièrement des assemblées contrôlées par les prolétaires et non par le syndicat.

Ces luttes ne doivent pas être menées par des bureaucrates mais par des travailleuses et des travailleurs, élues et révocables en tout temps, membres de comité de grève ou de mobilisation, et devant rendre des comptes lors des assemblées.

Un militant des communistes internationalistes de Montréal

lundi 7 juin 2010

Rééditions de brochures


Nous avons tenu une table d’information lors du salon du livre anarchiste de Montréal les 29 et 30 mai 2010. À cette occasion, nous avons réédité des brochures du « vieux » Courant Communiste International (CCI). Tous ces textes et brochures ont paru avant 2001.
Nous n’avons pas diffusé des textes et brochures de la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) étant donné le diktat de sa mise au point sectaire d’avril 2009 : « nous avisons ces derniers [les CIM] que nous souhaitons fortement que dans ces conditions, ils cessent immédiatement la diffusion publique du matériel du BIPR et de l’ensemble de ses sections. »
L’ajout suivant a été mis dans chaque brochure : « Les Communistes Internationalistes de Montréal (CIM) n’ont aucun lien organisationnel avec le Courant Communiste International et ne partagent pas toutes ses positions politiques. »
Ces brochures sont :
Les syndicats contre la classe ouvrière 2$
Un ensemble de trois textes : 1$
- Anarchisme et communisme du CCI en 2000
- Lettre de la Fraction de la Gauche Communiste Internationale (FGCI) à un représentant du Grupo Socialista Libertario (GSL) du Mexique, organisation qui se revendique l'anarchisme en 2010.
- Réponse à l’action des groupes gauchistes le 1er mai 2008 par les CIM.
La Gauche communiste et la continuation du marxisme 0,50$.

samedi 15 mai 2010

Résistance contre les mesures de crise au Canada

La situation engendrée par la crise a amené l'Etat québécois à de très nombreuses augmentations tarifaires: frais de scolarité, coût de l'essence en général et permission aux villes de Montréal et de Québec d'une hausse de 1,5 cents par litre, tarif d'électricité, frais en santé plus possiblement un ticket modérateur à venir en santé l'an prochain augmentation de la TVQ et de multiples coupures Les offres étatiques aux travailleurs du secteur public sont quant à elles très en deçà des demandes syndicales.

Il en est résulté une grande résistance des prolétaires qui est apparu lors de plusieurs manifestations.

-Manif des travailleurs du secteur public le 20 mars: 75 000 personnes à Montréal

-Marche des travailleurs de Shell contre la fermeture le 22 mars: 600 personnes

-Manif contre la hausse de tarification le 1er avril: 15 000 personnes à Montréal

Les organisateurs de cette dernière manif, une coalition de groupes syndicaux, chômeurs, assistés sociaux, étudiants et groupes religieux attendaient 5000 personnes.

-Manif à Québec de 50 000 personnes, manif organisé par une radio poubelle et des hommes d'affaires. Cette manif se voulait "apolitique". La bourgeoisie se rend compte de la résistance accrue des prolétaires et encadre très bien les manifs avec les syndicats.

Il y a eu aussi plusieurs petites manifestations depuis la fin mars dans plusieurs petites villes.

Les syndicats tentent de restreindre cet élan de résistance en reportant la lutte à l’automne.

Les CIM ont diffusé 2400 tracts Le prolétariat de Grèce nous montre le chemin ! dans les 3 premières et dans les manifs dans le cadre du 1er mai à Longueuil, Valleyfield et Montréal. Les tracts ont très bien accueillis, on nous en demandait des copies supplémentaires. À Montréal, le 1er mai, la déclaration de la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) a aussi été distribué : La crise mondiale du capitalisme Organisons la riposte !

Ailleurs au Canada, il y a eu une grève d’une journée des employés de la fonction publique de l'Ontario (Ontario Public Service Employees Union (OPSEU) le 12 mars, 33000 grévistes dont une grande partie des travailleurs sont les répartiteurs d'ambulances, des techniciens de laboratoire et les travailleurs de traitement d'eau. Ils leur est interdit de faire la grève parce que leur travail est considéré comme un service essentiel. Les luttes concernent la sécurité d’emploi, la retraite et les salaires. C’est l’une des plus grandes grèves dans l’histoire de la province d’Ontario.

Il y a toujours la grève dans le complexe géant de Vale Inco mines de nickel à Sudbury, en Ontario qui est entré dans son onzième mois. La grève est faite par 3 100 travailleurs du Syndicat des Métallos (FTQ) section locale de 6500 des membres de Sudbury et de 120 travailleurs d'une raffinerie à Port Colborne.

Le syndicat se garde bien de mobiliser la classe ouvrière dans la région de Sudbury (l'un des berceaux du syndicalisme industriel au Canada), et encore moins en Ontario et en Amérique du Nord, à l'appui de la grève.

Il est très difficile d’avoir des infos sur les grèves au Canada anglais. Au Québec les médias bourgeois parlent à peine des grèves alors c’est le silence total sur celles en dehors de la province. L’inverse est aussi vrai au Canada anglais.

jeudi 29 avril 2010

Appel des Sympathisants de la Gauche communiste en Australie

Nous avons reçu cet appel d'un groupe de sympathisants de la Gauche communiste de Sydney et Adelaide en Australie.

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Camarades,

Aujourd'hui, l'humanité est en face du même ultimatum qui lui est posée depuis le début de la Première guerre mondiale tel que Rosa Luxemburg et Friedrich Engels avant elle l'avaient exprimé : Socialisme ou Barbarie.

Le système capitaliste mondial connaît sa pire crise économique depuis la Grande Dépression, avec la classe ouvrière faisant les frais du choc, subissant partout des gels de salaires, des licenciements et des conditions de travail détériorées. La menace d'une catastrophe environnementale globale apparaît plus forte que jamais. Les conflits sanglants et brutaux font rage autour du globe - de l'Irak à l'Afghanistan, de la Somalie au Soudan, de la Colombie au Mexique.

En contraste à ces expressions d'une société moribonde, nous voyons aussi les germes d'un nouveau monde - sans exploitation ou oppression, sans pauvreté ou pénurie, sans guerres ni frontières nationales - dans la lutte de classe de la classe ouvrière internationale.

La Gauche communiste a ses origines dans les courants de Gauche de l'Internationale communiste qui ont surgi comme réponse prolétarienne face aux dérapages opportunistes quand celle-ci fut confrontée au recul de la vague révolutionnaire internationale dans les années 1920. Alors que la Gauche communiste fut présente dans beaucoup de pays, ses représentants les plus éminents se trouvaient en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et en Russie. Dans la période de contre-révolution qui s'ouvrit à la fin des années 1920, ce fut la Gauche communiste qui se révéla être le défenseur le plus intransigeant de l'internationalisme prolétarien et la plus rigoureuse pour tirer le bilan de la vague révolutionnaire.

Bien que des sympathisants de la Gauche communiste existent en Australie, ils ne sont à ce jour que des individus souffrant largement d'isolement politique. Afin d'intervenir effectivement dans la lutte de classe, il est nécessaire que les révolutionnaires s'organisent dans une organisation politique fondée sur la basse de positions et de principes partagés.

Cependant, pour l'heure, la formation immédiate d'un tel groupe n'est pas à l'ordre du jour en Australie. Pour le moment, il convient de regrouper les internationalistes pour mener des discussions dont l'objectif est de commencer et de maintenir des contacts entre camarades (particulièrement avec ceux qui sont géographiquement isolés) et une clarification politique collective des positions qui définissent le programme communiste aujourd'hui.

Nous appelons donc à commencer des discussions organisées entre sympathisants de la Gauche communiste en Australie. Nous proposons que les discussions soient conduites sous le nom de Internationalist Communist Affiliate Network.

Nous proposons que le critère pour la participation soit l'accord avec les positions les plus élémentaires de la Gauche communiste aujourd'hui :

- la guerre impérialiste et les mouvemens nationaux de tout type n'ont rien à offrir à la classe ouvrière sinon mort et destruction. La classe ouvrière doit s'opposer à tous les camps bourgeois. En les appelant à prendre partie pour l'une ou l'autre faction, la bourgeoisie divise les travailleurs et les mène à massacrer leurs frères et soeurs de classe ;

- le parlement et les élections bourgeoises sont une mascarade. La " démocratie " capitaliste n'est pas différente dans son essence à toute forme de dictature capitaliste. Tout appel à participer au cirque parlementaire ne peut que renforcer le mensonge que les élections offrent un véritable choix pour les exploités ;

- tous les syndicats sont des organes du système capitaliste et agissent à son service. Le rôle fondamental des syndicats est de maintenir l'ordre au sein de la classe ouvrière et de saboter ses luttes. Afin de défendre ses intérêts immédiats et finalement de faire la révolution, la classe ouvrière doit lutter en-dehors et contre les syndicats.

Tous ceux qui sont intéressés à prendre part à ce réseau, sont encouragés à écrire à InternationalistWorker@gmail.com. Nous saluons aussi tous commentaires, questions et critiques.

Salutations communistes fraternelles.
F, J, M, N, T.

lundi 22 mars 2010

Réponse au cercle de lecture

C’est avec enthousiasme que les communistes internationalistes de Montréal ont accepté l’invitation du comité d’organisation du cercle de lecture. Nous leur avons envoyé le texte ci-dessous à débattre avec d’autres textes lors de la première rencontre, rencontre qui est reportée à septembre. Cette invitation pour nous se situe dans le cadre d’un regroupement des communistes internationalistes non seulement à l’échelle canadienne mais à l’échelle internationale compte tenu de la situation actuelle de crise du capitalisme.

L'unité est-elle possible?

Pour les marxistes il n’y a pas plusieurs unités possibles, il y en a qu’une seule qui est basée sur les principes suivants

Reconnaissance de l'internationalisme

Être internationaliste, un des aspects du communisme, c’est l’abolition des frontières, c’est reconnaître que « les prolétaires n’ont pas de patrie ».

C’est aussi lutter contre tous les mouvements visant à créer de nouveaux pays capitalistes, que ce soit capitaliste privé ou capitaliste d’état comme le Népal ou Cuba.

L’internationalisme ce n’est pas d’appuyer les luttes nationales partout dans le monde parce qu’elles s’opposent à un impérialisme en particulier.

Toutes les idéologies nationalistes, d’«indépendance nationale», de «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», quel que soit leur prétexte, ethnique, historique, religieux, etc., sont une véritable drogue pour les ouvriers. Elles visent à leur faire prendre parti pour une fraction ou une autre de la bourgeoisie, elles les mènent à se dresser les uns contre les autres, cela pouvant aller jusqu’à la guerre.

Reconnaissance de la dictature internationale du prolétariat

L’état bourgeois doit être détruit, il ne peut être réformé. Il doit être remplacé par un état prolétarien basé sur le pouvoir international des conseils ouvriers, regroupant l’ensemble du prolétariat. Le stalinisme russe ou le maoïsme chinois furent des régimes sanglants n’ayant rien à voir avec la dictature du prolétariat, c’étaient des dictatures bourgeoises.

Par contre la révolution d’Octobre 1917 en Russie fut le premier pas d’une authentique révolution communiste mondiale dans une vague révolutionnaire internationale qui mit fin à la guerre impérialiste et se prolongea plusieurs années. L’échec de cette vague révolutionnaire, en particulier en Allemagne en 1919-23, condamna la révolution en Russie à l’isolement et à une rapide dégénérescence. Le stalinisme mis en place dans les années 20 et après ne fut pas le communisme mais un capitalisme d’État centralement planifié comportant la doctrine du « socialisme dans un seul pays » que les marxistes rejettent.

«La révolution russe n'est qu'un détachement de l'armée socialiste mondiale, et le succès et le triomphe de la révolution que nous avons accomplie dépendent de l'action de cette armée. C'est un fait que personne parmi nous n'oublie (...). Le prolétariat russe a conscience de son isolement révolutionnaire, et il voit clairement que sa victoire a pour condition indispensable et prémisse fondamentale, l'intervention unie des ouvriers du monde entier. («Rapport à la Conférence des comités d'usines de la province de Moscou», 23 juillet 1918) Lénine

Rejet de la collaboration de classes

Nous rejetons les tactiques de « front uni », de «fronts populaires » et « anti-fascistes ». Toutes ces tactiques mélangent les intérêts du prolétariat à ceux de fractions de la bourgeoisie quelles qu’elles soient et ne servent finalement qu’à détourner la classe ouvrière de ses objectifs révolutionnaires.

Le parti internationaliste et international à créer

Ce sera une organisation politique révolutionnaire des prolétaires ayant une conscience de classe et leur union dans un parti politique international. Le rôle de ce parti ne sera pas de prendre le pouvoir au nom de la classe ouvrière mais de participer à l’unification de ses luttes ainsi qu’à leurs contrôles par les ouvriers eux-mêmes, et à la diffusion du programme communiste. Seule la classe ouvrière dans sa totalité, à travers ses propres organes autonomes (conseils ouvriers), peut instituer le socialisme. Cette tâche ne peut être délégué, même pas au Parti de classe le plus conscient. Outre l’isolement de la révolution qui est la cause principale de son échec, l’adéquation entre le parti bolchevik et l’État a permis à Staline de contrôler à la fois l’état et le parti.

Voilà nos conditions politiques permettant un travail à long terme entre marxistes.

Salutations internationalistes

Les communistes internationalistes de Montréal (CIM)

mardi 16 mars 2010

Le prolétariat de Grèce nous montre le chemin !

Des mouvements sociaux qui se multiplient, se relaient, se rejoignent, s'additionnent, voilà la situation que connaît, depuis quelques semaines, la Grèce ; situation que les médias bourgeois, dans le monde entier, s'évertuent à cacher, ou pire à déformer. Ses moyens d'information montrent ainsi que la classe capitaliste internationale a peur que cette situation fasse tache d'huile, que l'acteur principal de cette bouillonnante tragédie grecque, le prolétariat, ne serve d'exemple aux ouvriers des autres pays.


Le prolétariat grec riposte en force


Le dernier plan du gouvernement de ce pays prévoit des attaques énormes, comme l'augmentation de la TVA à 21%, la baisse des salaires (amputation de 60% du 14ème mois et de 30% du 13ème), le gel des retraites dans le public et dans le privé, la très forte augmentation des taxes de l'alcool, du tabac et de l'essence), la hausse des impôts (taxes d'habitation et foncière). Ces violentes attaques touchent directement et essentiellement le prolétariat. Le capitalisme veut ainsi faire payer sa crise par le prolétariat.


Cette situation est de la responsabilité totale et entière de la bourgeoisie, pas seulement nationale, dans la faillite générale de ce pays et dans les attaques d'aujourd'hui ; c'est la signification réelle des "recommandations" de l'Union Européenne, avec la bourgeoisie allemande en tête, et du FMI, qui sont là pour "soutenir" Papandréou, le Premier ministre grec, c'est-à-dire obliger la bourgeoisie grecque à faire payer son prolétariat.


Les attaques de ce type sont, aujourd'hui, déjà portées aussi en Espagne et au Portugal. Ce sont les mêmes qui vont tomber sur le prolétariat des autres pays dans les semaines à venir.


Face à ces attaques, des luttes se multiplient, grèves, manifestations, délégations massives, assemblées, à travers toute la Grèce pour s'opposer au plan scandaleux de la bourgeoisie. Dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, les prolétaires se mobilisent pour exprimer leur colère et leur refus de subir cette situation dont seul le capitalisme est responsable.


Ces prolétaires montrent la voie à leurs frères de classe du monde entier


- Ils expriment massivement par la lutte, et non par des moyens stériles comme ceux que propose la démocratie bourgeoise (élections, référendum, dialogue social, négociations syndicales, etc.) leur colère et leur refus des politiques gouvernementales et patronales anti-ouvrières. Et ils nous encouragent à en faire autant sinon plus.


- Ils manifestent, parce qu'ils n'ont plus le choix aujourd'hui, une détermination à toute épreuve qui les amène à s'attaquer de front à tout ce qui fait obstacle à leur légitime combat : ils multiplient les affrontements avec les forces de l'ordre capitaliste qui leur sont envoyées par le gouvernement du "socialiste" Papandréou ; ils expulsent manu-militari de leurs manifestations tous les "faux-amis" et notamment les boss syndicaux dont les organisations sont complices de la politique gouvernementale. Pour les prolétaires du monde entier, cette détermination des ouvriers grecs est à saluer et à adopter.

- Bien qu'encore dispersés et s'exprimant encore dans le cadre-piège du corporatisme (encouragés en cela par les syndicats), leurs efforts vont clairement dans le sens de se rejoindre, d'unir leur lutte à celles des autres, d'exprimer mutuellement leur solidarité, parce qu'ils se rendent compte que leurs préoccupations et leurs intérêts sont les mêmes ; c'est ce que l'on a vu dans la volonté exprimée par les ouvriers des différentes manifestations - que les syndicats avaient sciemment organisées en des lieux différents - de les faire converger, afin de se retrouver tous ensemble et unir leurs forces.


Pour que le prolétariat impose un rapport de force qui fasse plier la bourgeoisie, la recherche de l'unité de ses luttes est indispensable et même vitale. Cette unité s'obtient par l'extension et la solidarité active de chaque mouvement aux autres secteurs et corporations, par l'envoi de délégations massives aux usines et entreprises des alentours. Rien n'est pire, ni autant source de défaite, qu'un front social éclaté et dispersé ; c'est ce qui fait les affaires des capitalistes et cela, le plus souvent, grâce au travail de sabotage des syndicats.


Les affrontements qui se déroulent en Grèce nous montrent que nous ne pourrons réellement développer notre combat, multiplier nos luttes, les réunir dans un front commun massif et puissant qu'en les prenant en main nous-mêmes afin de les diriger, de les contrôler et de les organiser. Et cela à travers nos Assemblées générales qui doivent réunir le maximum d'ouvriers, qui doivent décider des grandes orientations et revendications de notre combat, qui doivent nommer nos délégués élus et révocables à tout instant, délégués qui nous représenteront dans les comités de grève. Ne laissons pas notre "guerre" de classe entre les mains de prétendus "spécialistes" !


La crise du capitalisme ne peut que s'aggraver. N'ayons pas d'illusion et n'écoutons pas les mensonges de nos gouvernements et des médias qui sont à la solde de la classe capitaliste ! Aujourd'hui, ce sont déjà certains pays du coeur du capitalisme dont les États sont au bord de la faillite, Espagne, Italie et surtout la Grande-Bretagne alors même que l'endettement est général.


L'ensemble de la classe capitaliste internationale se doit de faire payer sa crise au prolétariat, dans tous les secteurs, publics et privés, actifs, chômeurs et retraités, et dans tous les pays, sur tous les continents, de la périphérie du capitalisme jusqu'en son centre. Aucun d'entre nous n'y échappera. N'ayons aucune illusion !


Comme nos frères de classe en Grèce, nous devons refuser le sort que nous réserve le capitalisme et nous devons entrer en lutte massivement, organiser un front de luttes, large, compact et puissant qui fasse reculer la bourgeoisie.


C'est ainsi que nous serons à même de prendre conscience du fait que le capitalisme est un système en pleine faillite, qu'il ne peut mener l'humanité qu'à plus de misère encore et à sa destruction par la guerre généralisée, qu'il faut absolument le mettre à bas et que la seule force capable de le faire, c'est nous, le prolétariat international.


POUR LA BOURGEOISIE MONDIALE, C'EST LE PROLÉTARIAT, DANS TOUS LES PAYS, QUI DOIT PAYER LE PRIX DE LA CRISE DE SON SYSTÈME.


LA FAILLITE CAPITALISTE N'A D'AUTRE ISSUE QUE LA GÉNÉRALISATION ET L'APPROFONDISSEMENT DE LA MISÈRE DE TOUS LES EXPLOITÉS, EN ATTENDANT D'EXIGER D'EUX LE SACRIFICE DE LEUR VIE DANS UNE GUERRE MONDIALE, COMME CELA A DÉJÀ ÉTÉ LE CAS EN 1914 ET EN1939.


PARTOUT, AUJOURD'HUI, LES PROLÉTAIRES DOIVENT REFUSER LES SACRIFICES ÉNORMES QUE LEUR IMPOSE LA BOURGEOISIE POUR QUE, DEMAIN, ILS AIENT LA FORCE DE SUPPRIMER CETTE CLASSE ET SON SYSTÈME BARBARE.

9 Mars 2010

La Fraction interne du Courant Communiste International

Les Communistes Internationalistes de Montréal.

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