dimanche 26 mai 2013
Déclaration du 1er mai de la Tendance Communiste Internationaliste
Les CIK saluent avec enthousiasme
la déclaration du 1er mai de la Tendance Communiste Internationaliste : Contre la « guerre de classes » des riches, le temps est venu de se battre!
Nous sommes totalement d’accord
avec le fait que ce n’est pas seulement une crise de la dette, des banques etc
mais une crise structurelle de tout le système qui s’est développée sur des décennies.
La guerre mondiale est la
solution du capitalisme pour tenter de s’en sortir comme le mentionne la TCI
« la guerre n’est pas une
solution, mais c’est la seule que le capitalisme nous offre, dans le but de
s’extirper de sa crise de valorisation du capital. »
L’article nous montre bien aussi
comment la bourgeoisie peut nous isoler et nous diviser avec les syndicats
et des partis comme QS au Québec ou le NPA en France: Cela nécessitera une rupture politique avec les
syndicats et les partis parlementaires qui sont, sans exception, enlisés dans la
logique du système. Le rêve d’un capitalisme socialement responsable est
épuisé. Toutes les forces politiques qui prétendent représenter nos intérêts
par des négociations et des compromis avec la classe dominante se démasquent
encore et encore comme des défenseurs particulièrement perfides du système.
L’article rejette catégoriquement
le capitalisme d’état : " Il ne s’agit pas de «contrôler les banques», de «faire payer les riches»
ou de nationaliser les industries. Un capitalisme organisé sur la base de l’État n’est pas davantage une
alternative possible. L’expérience du stalinisme en Union soviétique et
ailleurs devrait en être la preuve suffisante."
Finalement la TCI indique clairement sa volonté de
participer à la construction d’une organisation révolutionnaire internationale tout en ne prétendant pas
être le noyau de cette organisation. Nous réitérons notre accord que les débats
politiques font partie intégrante de ce processus. Tout comme la TCI et depuis
plusieurs années nous cherchons la discussion et le travail en commun avec
les révolutionnaires sérieux et sérieuses à travers le monde, dans le but de
contribuer à la construction d’une nouvelle organisation révolutionnaire
internationale. Nous savons que ce sera un travail ardu et à long terme.
Nos échanges avec des groupes comme la Fraction de la Gauche
Communiste Internationale, Internationalist Voice, le CCI et la TCI sont basés
sur des propositions de principes et ont toujours montré le sérieux avec lequel
nous envisagions ces relations.
lundi 13 mai 2013
Sur la manifestation du 1er mai 2013
Voir le texte Réponse à l'action des groupes gauchistes que nous avons écrit
en 2008 et qui visait à dénoncer une manifestation de type front gauchiste.
Nous le reproduisons en 2013 avec ce préambule.
En l’honneur du
Premier Mai dernier, la CLAC (Convergence des luttes anticapitalistes) en a appelé à célébrer la journée internationale
des travailleurs et travailleuses devant un des cénacles de la bourgeoisie, le
Club 357C. Rappelons que ce repère d’exploiteurs est perdu en plein quartier du
tourisme et de la bourgeoisie – rue de la commune dans le Vieux-port de
Montréal – bien loin des quartiers prolétaires comme Hochelaga-Maisonneuve ou
Pointe-Saint-Charles, et qu’il représente une véritable souricière pour des
militants sincères, sans véritable possibilité de fuite ou marge de manoeuvre.
Notons également
qu’il est facile de constater que, depuis quelques années, la police
montréalaise expérimente les arrestations de masse, particulièrement celles qui
sont organisées par les groupes gauchistes plus radicaux comme le COBP ou la
CLAC. Des policiers provenant d’un peu partout dans le monde se déplacent même
ici pour venir étudier les tactiques policières de la police montréalaise.
Aussi, c’est avec
cet appel dans Coup de Bélier, journal de la CLAC, que les organisateurs de
l’évènement ont envoyé des manifestants se faire arrêter, de façon consciente
pour certains mais inconsciente pour la plupart :
« Lorsqu'on
se tanne, qu'on sort dans la rue, qu'on fait du bruit et qu'on brasse un peu la
cage, écoeuréEs de se faire niaiser, de l'austérité, de l'iniquité, de la
violence du système et de l'impunité, les crosseurs en haut de la pyramide
libèrent leurs chiens de garde pour nous tabasser, nous faire taire et nous
criminaliser. Mais nous ne nous tairons pas !
Le 1er
mai prochain, lorsque la police déploiera toutes ses forces autour du Club 357C
pour épargner les crosseurs de la juste colère des travailleurs et
travailleuses, des étudiants et étudiantes, des précaires, des pauvres et des
écoeuréEs du système capitaliste, lorsqu'elle sortira son arsenal et fera
valoir ses règlement iniques pour étouffer la contestation et nier le droit
fondamental de manifester, il sera plus clair que jamais qui elle sert et qui
elle sert à réprimer.
Le 1er
mai prochain, ne laissons pas les capitalistes et leur milice nous intimider et
nous diviser. Soyons solidaires, soyons uniEs et soyons enragéEs ! »
Un véritable appel à
une arrestation de masse ! Résultat : 447 arrestations. Maintenant,
pour des militants sincères, pour certains peut-être naïfs ou sans expérience,
un casier judiciaire, des contraventions salées, et des procès s’étalant sur
plusieurs mois. Un beau profilage politique de militants que la CLAC a offert
aux policiers sur un plateau d’argent ! Cet aventurisme politique n’a
servi à rien d’autre qu’à renflouer les coffres de l’État et faciliter à
l’avenir encore plus le travail des agences d’espionnage de type GAMMA en ayant
à l’œil les activistes plus radicaux.
Klasbatalo avait
donc décidé d’aller distribuer des tracts à la sortie du métro mais en restant
bien loin de la manifestation, car nous connaissons trop bien les limites de ce
genre d’action. L’insurrection révolutionnaire ne sera pas le simple produit
d’une avant-garde militante mais bien le produit d’un prolétariat mobilisé en
masse. Le rôle des révolutionnaires est donc de travailler à transformer la
conscience des luttes économiques, au sein du prolétariat, pour les faire éclore
sur le terrain des luttes politiques en intervenant au sein de chaque lutte
pour y insuffler le programme prolétarien, c’est-à-dire le communisme. Pour se
faire, il faut commencer à nous regrouper autour d’un parti de classe
international et internationaliste, en complète autonomie des institutions de
la bourgeoisie.
Solidarité avec tous
les arrêtés !
Les communistes
internationalistes - Klasbatalo
Libellés :
Capitalisme en crise,
Débat,
Gauchisme,
Lutte de classe
dimanche 21 avril 2013
Contre les coupures à l’assurance-chômage et à l’aide sociale : Vers une seule lutte massive
Actuellement deux
luttes ont lieu en même temps : la lutte contre le saccage de
l’assurance-chômage et la lutte contre les coupures à l’aide sociale.
Ces deux luttes
sont étroitement liées contrairement à ce qu’en dit la bourgeoisie, notamment
sa classe politique et ses médias. Le chômage est un aspect de la condition
ouvrière, les ouvriers chômeurs font tout autant partie de la classe ouvrière
que les ouvriers au travail. Si un ouvrier est au chômage, il est
potentiellement au travail; s'il travaille, il est potentiellement un chômeur.
Avec le saccage de l’assurance-chômage, il risque après peu de temps de
recourir à l’aide sociale et rejoindre ses frères et sœurs qui y recourent pour survivre.
L’État fédéral
et l’État provincial s’entendent comme des bandits pour s’attaquer à la fois
aux chômeurs et chômeuses et à ceux et celles qui ont recours à l’aide sociale. La lutte contre le déficit, le
rapatriement de pouvoir du fédéral au provincial, le nationalisme : ce
sont les arguments des bourgeoisies pour faire payer la crise du capitalisme
aux prolétaires. Ces attaques ne sont pas restreintes qu’au Canada. Cameron le
premier ministre britannique a aussi lancé une attaque contre le système de
prestations sociales tout comme Obama aux USA.
Ces attaques sont
internationales et la résistance des travailleurs, chômeurs et assistés sociaux
doit l’être aussi. Ces luttes doivent être unifiées et non pas isolées comme le
font actuellement les politiciens qui s’en servent pour consolider leur
pouvoir. Ces politiciens s’appuient sur
les syndicats – et leur corporatisme d’une lutte à la fois – pour
diviser la classe ouvrière. Politiciens et syndicalistes vont nous inciter à voter
pour des partis politiques pour détourner la lutte vers le cirque électoral et
le show parlementaire.
Les boss et les politiciens défendent leur intérêt de classe
exploiteuse. Ils défendent leur position de dominants dans une société basée
sur la recherche du profit. Ils se
servent des syndicats qui ont comme rôle de nous maintenir divisés par des
luttes séparées des autres travailleurs, par le nationalisme et le lobbying
parlementaire. Le sabotage d’un soutien aux étudiants par la FTQ lors du printemps
érable en est un exemple frappant.
Prolétaires,
nous devons défendre nos intérêts comme travailleurs, comme une seule
classe sociale. Seuls des comités de travailleurs, de chômeurs et d’assistés
sociaux indépendants des syndicats et des politiciens doivent décider des
formes et des objectifs de la lutte en élisant des délégués révocables en tout
temps.
Cependant nous
devons voir les limites de ces luttes, qui sont toujours à recommencer.
Il faut
s’organiser politiquement pour en finir avec le capitalisme et tous ses États
car ce système décadent ne peut satisfaire les besoins de l’humanité. Ce sera
la tâche des prolétaires du monde entier de construire une société basée sur
les besoins de tous et toutes, et non les profits de quelques exploiteurs. Pour
cela il nous faut construire un parti révolutionnaire qui sera nécessairement
international et internationaliste.
Les communistes
internationalistes Klasbatalo est un des groupes politiques qui travaillent à
construire ce parti.
Les communistes
internationalistes Klasbatalo (CIK)
Email : Klasbatalo1917@gmail.com
jeudi 28 mars 2013
Brochure Bilan: lutte étudiante et assemblée de quartier
Table
des matières
Mouvement étudiant printemps 2012
-
Une crise économique internationale, des plans d’austérité drastique partout
dans le monde
et… une hausse des frais de scolarité
-
La lutte contre les frais de scolarité fait partie des luttes contre les
attaques capitalistes sur
nos conditions de vie
-
Le syndicalisme étudiant
-
Le mouvement étudiant s’isole et est isolé du mouvement ouvrier
-
Grève sociale et les minorités étudiantes radicales
-
La question de la violence
-
Le début de la fin : le déclenchement des élections signe la fin du
mouvement et son échec par la
grande participation des étudiants aux élections
-
Le sommet sur l’éducation et continuation des mesures d’austérité
Les Assemblées Populaires Autonomes de Quartier : notre intervention
dans les APAQ
-
La démocratie accouche de la loi 78
-
Le mouvement des casseroles : la classe ouvrière et les classes moyennes
se solidarisent avec le mouvement étudiant
-
Les illusions démocratiques et citoyennes du mouvement des casseroles
-
Les casseroles semblent vouloir se donner une extension politique :
création des APAQ
-
Les APAQ appuient le mouvement étudiant, mais se mettent aussi à sa remorque
-
L’autonomie selon les APAQ
- Les luttes de tendances:
le localisme et l’individualisme
anarchiste désorganisent les APAQ
-
Fin de la vague de luttes, dérives autogestionnaires
Annexes
Appel
aux révolutionnaires ou Appel à la gauche bourgeoise? (Réponse à Force étudiante
critique)
Pour
en finir avec le réformisme étudiant !
Le
capitalisme est en faillite! Unissons-nous pour
l’abattre!
Grève
générale ou cirque électoral
« Mouvement
Étudiant Révolutionnaire » : Mouvement petit-bourgeois réformiste
L’organisation
du prolétariat en dehors des périodes de luttes ouvertes
La brochure est disponible à la coop du cegep Edouard Montpetit et de l'université de Sherbrooke.
Elle est aussi en vente à la librairie l'Insoumise 2033 rue St-Laurent, Montréal et à Paris à la librairie La Brèche.
Vous pouvez aussi écrire à klasbatalo1917@gmail.com
Elle est aussi en vente à la librairie l'Insoumise 2033 rue St-Laurent, Montréal et à Paris à la librairie La Brèche.
Vous pouvez aussi écrire à klasbatalo1917@gmail.com
lundi 4 mars 2013
Se relever pour gagner
Nous avons obtenu le tract ci-dessous d’un
sympathisant du GIO lors de la
manifestation étudiante du 26 février à Montréal. Par sa publication sur notre
blog, nous voulons montrer notre total accord avec son contenu. Il est publié
tel quel.
Les communistes internationalistes Klasbatalo
***************************************************
Il y à
peine plus d’un an, la plus grande grève étudiante de l’histoire du Québec
éclate. Cette grève fut aussi le premier mouvement soutenue et massif contre
les mesures d’austérité causées par la crise des subprimes de 2008. Cette
mobilisation exemplaire au niveau de la combativité de sa base, a créé un crise
quasi sans précédent dans l’histoire de la société québécoise. Elle a aussi
démontré les limites du mouvement étudiant et celle de tout mouvement isolé ou les illusions réformistes conservent
leur emprise sur les militants et militantes.
Cette
grève a été une gigantesque école de la lutte des classes pour des milliers de
personnes.
En luttant, on a découvert la
violence policière, le mépris des institutions bourgeoises, surtout des médias
capitalistes, les tribunaux appliquant la « justice » de classe, et
l’arrogance des bourgeois eux-mêmes! Certains et certaines d’entre vous se
rappellent surement avec quel cynisme, des petits gosses de riches ont imploré
l’intervention de la police pour pouvoir aller à « leurs cours »;
comment des politiciens et des petits carriéristes ont pris six mois de
sacrifices et les ont vendus pour s’acheter une chaise ou poser leur cul au
parlement, comment des « chefs » ont joué les stars grâce à nos
blessures et à nos nuits sans sommeil. Cette grève nous a appris cela certes,
mais elle nous a aussi fait connaître le courage des matins gris sur les lignes
de piquetage. Elle nous a aussi révélé toute la force de la foule dans les
actions et les manifestations, lorsque nous avons fait comprendre à maintes
reprises aux chiens de l’État que, oui, on était capable de se défendre. Nous
avons aussi appris à frapper le portefeuille des bourgeois en bloquant ports,
banques et ponts. Nous avons appris ce que c’est de s’organiser, de voir la
solidarité dans les yeux de centaines de travailleurs et de travailleuses,
prendre la rue à nos côtés, casseroles en mains. Certain-ne-s ont même voté le
principe d’une grève illégale dite « sociale », pour nous appuyer (ce
sont les bureaucrates syndicaux qui les ont empêché). Cela a gonflé nos
poitrines de savoir que c’était nous, et pas Léo, ni Martine, ni même Gabriel,
qui avions donné courage à ces prolétaires, nos frères et nos sœurs de classe.
Nous avons vu ces mêmes travailleurs et ces même travailleuses s’organiser en
assemblées autonomes de quartiers, en réseaux et en comités pour nous appuyer.
Aussi, nous avons bloqué la hausse libérale, on s’est « calissé » de
la loi spéciale, on a bloqué les coupures dans les cegeps et on a gagné une
augmentation des prêts et bourses. Nous avons même gagné que lors de cette
triste farce qu’est le Sommet, une hausse massive des frais de scolarité soit
probablement complètement écartée. On est battu-e-s, on a arraché-e-s chaque
gain avec notre courage et nos tripes, on pourrait presque dire qu’on a gagné…
Mais.
Malheureusement,
la grève a eu une fin peu glorieuse. Bien entendu, la masse étudiante était
fatiguée et les militants et les militantes terriblement juridiciarisé-e-s.
Cela a contribué à mettre fin à la grève. Pour beaucoup d’éléments radicalisés,
la raison de l’échec de la grève, de la menace plus que palpable d’indexation,
de l’implantation de l’assurance qualité, de l’absence de perspectives
politiques claires à la fin de la lutte est dû à la récupération électorale. La
victoire à la « Pyrrhus » ne serait dû qu’à un état-major qui aurait
trahi. Certes les coups de poignard des bureaucrates syndicaux, qui ont fait
avorté la grève sociale, ou ceux des sociaux-démocrates et des nationalistes de
« gauche », qui ont saboté la lutte pur mieux briller aux une, ont
tué la grève, mais il y a d’autres raisons. Si nous avons perdu, les seuls
coupables c’est nous autres. Si la grève que nous avons tant mobber, organisé
et radicalisé s’est réduite en cendre pour servir des basses manœuvres
électoralistes, c’est parce qu’on s’y est laissé prendre. Pourquoi le
chauvinisme d’Option Nationale et du Parti Québécois et la sociale démocratie
de Québec solidaire sont-ils les grands gagnants de la lutte? Tout simplement
parce qu’ils et elles se sont organisé-e-s. Nous avons rien eu de mieux à faire que
d’accuser les réformistes d’agir en réformistes. Nous sommes tombés dans
l’idéalisme, dans la croyance que le mouvement étudiant, interclassiste,
idéaliste et libéral était un terrain ou l’on pouvait gagner par notre simple
présence. Nous sommes tombés tête première dans la Gueule du loup du « life
style » libertaire; préférant l’adrénaline du cassage de vitrines à celui d’un
long et patient travail de jonction à la base avec le reste de la classe ouvrière.
Nous avons plaidé la diversité des tactiques plutôt que l’unité d’action. Nous
avons beaucoup parlé de démocratie « directe » détachée de son contexte
sociale, plutôt que de préparer l’affrontement direct avec l’État bourgeois.
Nous avons malmené les fédérations étudiantes, plutôt que d’expliquer où menait
le concertationnisme. Nous avons critiqué des idées d’oppression, ce qui est
souvent nécessaire au cœur de la lutte, mais trop peu à leurs bases
matérielles. Nous avons parlé, et nous parlons encore d’éducation « humaniste
», « non-marchande », alors que nous savons pertinemment qu’une telle éducation
ne serait possible que sous le socialisme.
Arrêtons de nous nourrir de chimères. Nos
futur-e-s boss sont dans nos AG, nos futur-e-s députés dans nos comités de
mobilisation. Les concierges de nos établissements ont souvent plus de
potentiel de lutte que plusieurs des personnes qui sont dans nos classes. Nous
avons souvent peur des étudiants et étudiantes en techniques, qui peuvent se
montrer frileux face à des revendications qui ne semblent pas les affecter,
plutôt que d’essayer de les joindre. Nous avons besoin d’organisation, d’un
programme de lutte, d’une discipline. Nous devons nous solidariser beaucoup
plus de la clase ouvrière dans ses luttes. Nous devons nous préparer à
affronter la classe bourgeoise dans son ensemble, pas juste la « droite », pas
juste le PQ. Nous avons amèrement constaté le cul de sac où nous a mené le «
parti des urnes et de la rue» qu’est QS. Nous sommes en guerre, il serait temps
d’agir en conséquence.
Pour plusieurs camarades, aujourd’hui c’est le début de
la lutte contre l’indexation. Nous devons aller plus loin. Aujourd’hui, doit
être le début d’un vrai mouvement contre l’austérité. La lutte contre l’odieuse
réforme de l’assurance-chômage ainsi que la lutte contre toutes les autres
mesures de compression des divers paliers de l’État doivent être menées à bien.
D’ailleurs, le Parti Québécois [Note des CI-K] attaquera sûrement les travailleurs et les
travailleuses du secteur publique lors des prochaines négociations des
conventions collectives. Une opposition de classe doit être construite contre
l’austérité capitaliste. Ce ne seront ni les partis réformistes, ni la
bureaucratie syndicale, ni la fausse opposition des nationalistes qui pourront
le faire. Nous devons nous organiser ensemble, peu importent nos secteurs
d’activités, au sein de structures autonomes de la bureaucratie. C’est
pourquoi, je fais le choix de joindre une organisation communiste,
révolutionnaire et internationaliste. Nous voulons abattre un système qui nous
enlève tout, jusqu’à notre futur. Nous savons que ses gestionnaires sont prêts
à tout pour le défendre. Le monde ne changera pas avec des consensus
préfabriqués et des demi-mesures. Nous avons besoin d’une révolution prolétarienne
internationale et pour la mener, nous avons besoin d’un parti de classe.
Un étudiant sympathisant du Groupe internationaliste
ouvrier (GIO)
Courriel du GIO: ca@leftcom.org
Note des CI-K: Quelques jours à peine après la manifestation, le PQ lançait un programme d'austérité contre les assistés sociaux.
Note des CI-K: Quelques jours à peine après la manifestation, le PQ lançait un programme d'austérité contre les assistés sociaux.
dimanche 10 février 2013
Notre réponse au rapport d'activités de la FGCI d'octobre 2012
Nous
répondons ci-dessous au rapport d'activités de la fraction de la Gauche communiste internationale d’Octobre 2012. Un élément de la conclusion du
rapport nous enthousiasme « … nous proposons à ceux qui nous sont les
plus proches, notamment les CIK, d'engager un processus de constitution d'une
nouvelle organisation après, bien sûr, des discussions approfondies et un
accord sur une plateforme de positions et des orientations communes. ».
Les
CIK trouvent logique voire
indispensable de commencer avec la FGCI un processus de discussion qui pourrait
éventuellement mener à une fusion entre les deux groupes.
Un des aspects de la conclusion de la réponse de
la TCI au rapport d'activités de la
fraction de la Gauche communiste ne peut aussi que nous enthousiasmer et
favoriser le regroupement des forces communistes internationalistes vers un des
pôles de regroupement.
« En
attendant, ce serait un grand pas en avant si vous pouviez participer à la
formation d'une organisation internationaliste basée sur des communistes
français qui pourrait agir comme un véritable noyau orienté, non seulement vers
le débat avec les internationalistes du monde, mais aussi vers la classe
ouvrière avec laquelle vous êtes directement en contact. »
Nous
convions les lecteurs et lectrices à lire le récent bulletin #10 de la FGCI
dont les articles suivants :
- Prise de position des CI-K sur le rapport
d'activités de la FGCI ci-dessous.
Janvier 2013
Très chers camarades,
Pour commencer, veuillez nous excuser pour le retard
concernant cette réponse à votre rapport d’activité. En effet, comme nous vous
l’avions déjà communiqué, au cours des dernières semaines, nous avons eu
beaucoup de difficultés à nous réunir à quatre et, par la suite, j’ai (Alex)
personnellement pris du retard à vous répondre. N’y voyez surtout pas un manque
d’enthousiasme de notre part. Au contraire, nous avons pris connaissance, avec
un grand intérêt, de votre document d’Octobre 2012 concernant le bilan de la
FICCI et de la FGCI des dix dernières années. À travers cette réponse de notre
part, vous nous verrez souvent revenir sur certains points : sur certains
constats, et prises de position. C’est que, comme vous, nous percevons
l’urgence de la situation politique mondiale, à la fois en ce qui a trait aux
attaques de la bourgeoisie qu’en ce qui concerne la réponse du prolétariat à
ses attaques, et l’opportunité d’y faire face en s’organisant différemment.
Aussi, commençons en vous exprimant que nous partageons
entièrement le préambule sur la nature et la nécessité du rapport d’activités
organisationnel. Comme vous, nous affirmons qu’une organisation d’allégeance
marxiste possède une histoire programmatique à laquelle elle doit se référer si
elle se veut réellement dialectique. Ceci implique effectivement un réexamen et
un retour critique sur les activités politiques de l’organisation afin de
dégager les positions programmatiques prolétariennes des éléments qui lui sont
étrangers ; car, bien sûr, aucune organisation révolutionnaire n’est à l’abri
d’une pénétration de l’idéologie bourgeoise en son sein. Nous l’avons
d’ailleurs, à un degré plus ou moins important, expérimenté au cours de l’année
2011, lorsque fut produit le document « Contribution à un état des lieux de la
GCI », un combat qui fut néanmoins, à plusieurs égards, salutaire !
En effet, à un certain moment, nous avons même caressé
l’idée de se fractionner. Dans les faits, nous avons évité une situation bien
pire car la fraction aurait probablement entraîné l’éclatement de notre groupe
vu le peu d’expérience politique que nous avons concernant cette question. Nous
pouvons cependant dire avec fierté que nous avons su éviter tout ceci en
restant unis malgré les divergences presque acerbes qui sont survenues, en
maintenant fortement le cap sur le débat, la critique… Pour finalement
entreprendre le repositionnement interne des CI-K. C’est donc une expérience
qui nous est chère et dont nous nous revendiquons entièrement malgré ce détour
effectué vers le marais de la Gauche Communiste (Controverses, IPPI, IOD).
Notre « Retour Critique », bien qu’il ait relativement soulevé moins de
discussions, nous a permis de remettre les pendules à l’heure et d’appréhender
plus clairement ce que représentent actuellement le véritable camp prolétarien
et notre rôle dans celui-ci.
Nous faisons donc nôtre cette formulation de votre part :
« Toute organisation communiste est responsable de son
histoire et doit l'assumer devant le prolétariat. »
Et ensuite :
« Même pour un tout petit groupe comme le nôtre, la
nécessité de tirer des bilans et de tracer des orientations d'activités à
partir de ces bilans s'impose ; aussi disproportionné ce travail et cet effort
puissent apparaître à première vue par rapport à nos forces. »
C’est sur quoi nous avons travaillé avec acharnement au
cours de l’année 2011, tout en réussissant à maintenir une activité
d’intervention au sein de certaines luttes, et ce malgré les divergences et
tiraillements d’ordre politique à l’intérieur du groupe causé par le document «
Contribution ». Nous y reviendrons souvent mais nous
pensons, jusqu’à un certain point, que le travail accompli peut s’avérer un
exemple pour les autres groupes qui composent à la fois le marais de la Gauche
Communiste, et la Gauche Communiste historique ; en ce sens où, actuellement,
parmi les groupes de la GC, les désaccords semblent davantage poindre en
direction des ruptures et scissions plutôt que vers l’émergence de discussions
internes et de tentatives de clarification devant l’ensemble du prolétariat.
C’est donc avec sérieux que nous considérons l’avenir des CI-K et que nous
continuons à intervenir avec assiduité au sein des luttes et mouvements qui
apparaissent ici et là. Par exemple, dimanche passé, le camarade RJ a donné une
conférence sur la crise économique actuelle devant une vingtaine de personnes
et a reçu un bon accueil, malgré le décès récent (dans la même semaine) de sa
mère. Bref, nous pensons composer solidement avec nos maigres forces.
Sur l’héritage de la FICCI, de la FGCI, et la défense
du CCI.
Nous continuons de considérer l’apport programmatique du
CCI comme possiblement le travail le plus important jamais produit par une
organisation appartenant à la Gauche Communiste, avec bien sûr celui de la
fraction italienne autour de Bilan. Nous constatons malgré cet apport (lequel devrait être
un véritable char d’assaut contre la dérive opportuniste) une confusion
grandissante face aux interventions du CCI au sein du prolétariat. C’est dire à
quel point une organisation quelle qu’elle soit n’est jamais à l’abri d’une
vague opportuniste, d’une trahison, et de la contre-révolution. Pour nous qui
nous sentons plus près de la plateforme du CCI, nous constatons avec regret les
divers traumatismes qu’a expérimenté l’organisation au cours des dernières
années en commençant par le départ de la FECCI, par la suite l’affaire JJ, et
ensuite par les activités du CCI dirigés contre la FICCI.
À cet égard, nous pensons que le travail politique mené
par la FICCI a porté fruit devant l’Histoire, sans toutefois malheureusement
empêcher le CCI de continuer son chemin vers l’opportunisme ambiant qui accable
les organisations appartenant à la Gauche Communiste (Note). Pour l’Histoire du
mouvement révolutionnaire, pour le redressement du CCI également, il aurait été
légitime que les activités de la FICCI se poursuivent sans relâche afin de
maintenir la véritable continuité du CCI en parallèle. Malheureusement,
l’éclatement de la fraction en 2010 est considérablement venu affaiblir son
action politique. Malgré l’analyse que vous avez produite et que nous
partageons concernant la dérive du CCI des dix dernières années, rien n’est
encore perdu pour celui-ci. Le travail de la fraction a été mené jusqu’où il
pouvait l’être dans les circonstances, avec acharnement, conviction, et brio.
La constitution de la FGCI – avec son mandat de poursuivre
à la fois le travail de la FICCI tout en s’ouvrant encore davantage aux autres
groupes du Milieu Politique Prolétarien – s’avère une tâche énorme pour les
forces qui la constitue, particulièrement avec la situation de Ldo qui ne
semble plus vouloir s’impliquer dans celle-ci.
Vous mentionnez dans le Bulletin no. 13 et dans votre
rapport :
« Depuis que nous avons décidé d'ouvrir nos bulletins
internes à l'ensemble du milieu politique prolétarien, organisations et
contacts, sympathisants de ces dernières, nous
considérons que notre espace de discussion interne ne
se limite plus au seul CCI mais à l'ensemble du milieu politique qui devra être
le facteur actif et déterminant de la construction du futur parti communiste
mondial. Nous estimons que les questions soulevées par la crise du CCI, sa
dérive opportuniste, intéressent et "appartiennent" à l'ensemble des
composantes de ce milieu. Par ailleurs, si nous estimons être encore dans la
phase de "fraction interne", de "redressement", du CCI avec
sa méthode et ses exigences politiques bien précises, nous avons aussi la
responsabilité de suppléer aux responsabilités que le CCI abandonne, tel le
combat pour l'unité et la défense de la Gauche communiste. »
Comme vous nous l’avons souligné en note de bas de page,
nous partageons la même appréhension du milieu politique prolétarien et nous
percevons la Gauche Communiste en tant que totalité appartenant à une critique
historique, avant même qu’elle ne soit un courant divisé en telle ou telle
organisation. Par ailleurs, dans le contexte actuel (exacerbation de la crise,
montée des luttes prolétariennes, menace d’une polarisation des forces ennemies
vers la guerre, faiblesse d’une véritable intervention révolutionnaire au sein
de notre classe pour faire face à tout ceci), nous pensons qu’il est temps pour
vous de clore le chapitre de la fraction et d’entreprendre une nouvelle activité
en vue de renforcer nos rangs ; en vue de concentrer les activités de la FGCI
vers le regroupement des militants révolutionnaires autour d’une organisation
capable de diriger la lutte. Nous constatons avec vous :
« Aujourd'hui, à l'heure de ce bilan, notre fraction ne
compte plus formellement que deux camarades dont l'un est particulièrement
diminué au plan physique. Le travail concret, matériel si l'on peut dire, de
notre groupe ne repose plus que sur un seul camarade.
Cette situation n'est pas simplement due à des réalités
"objectives" personnelles. Certes, la dispersion des 3 camarades de
la fraction, l'un au Mexique, les deux autres séparés en France, certes les
difficultés personnelles respectives dont certaines sont réelles et importantes
- les conditions de vie du camarade au Mexique, la santé d'un des deux
camarades en France -, sont des éléments matériels qui ont rendu de plus en
plus difficile l'engagement politique de l'ensemble. Néanmoins, il ne fait
guère de doute que les événements, pression des campagnes anti-communistes,
absence de résultats immédiats - les contacts en général, le processus avec les
CIK, la lenteur de l'évolution de nos rapports avec la TCI, l'isolement relatif
aussi - ont participé d'entamer notre compréhension de nos orientations et
d'affaiblir surtout nos convictions politiques et militantes. C'est particulièrement clair
pour ce qui concerne notre camarade au Mexique. Ces deux dernières années,
l'engagement du camarade s'est réduit au point où le reste de la fraction ne
pouvait plus compter sur lui pour ses activités régulières qui se voyaient
ainsi particulièrement amoindries : la réalisation du bulletin, les discussions
internes, l'intervention en particulier vis-à-vis des contacts, relativement
nombreux au Mexique... Englué dans des difficultés d'ordre personnel et
quotidienne, notre camarade s'est progressivement désengagé et ne participait
plus que formellement et par intermittence à l'activité de la fraction. Ce mal,
la faiblesse de compréhension et de conviction, est pour l'essentiel, nous le
rappelons, le fruit de l'offensive idéologique de la bourgeoisie. »
Les CIM et les CI-K ont eux-mêmes connu leur moment de
découragement et nous sommes bien placés pour comprendre la situation du
camarade Ldo. Alex a bien failli démissionner au printemps 2010 face au
sentiment d’isolement politique. Luie a lui-même aussi dû prendre un moment de
répit à l’été 2011, et Réal a également offert sa démission lors de nos
discussions autour de la Contribution. Il va sans dire toute la pression que
subissent les organisations du prolétariat depuis le début des années 1990.
L’isolement n’aide en effet pas du tout.
Aussi, si on revient à nos moutons, l’abandon du travail
de fraction de la part de la FGCI ne signifie aucunement l’abandon de possibles
interventions – de possibles adresses – en direction des militants du CCI. En
effet, pour les CI-K, depuis notre retour critique sur la Contribution, la
Gauche Communiste à tendance partidiste, avant même d’être un agglomérat
d’organisations avec des divergences plus ou moins prononcées, est d’abord et
avant tout un corpus programmatique à défendre et à perpétrer contre toutes
dérives, attaques, et interventions étrangères. Qu’il faille défendre le CCI ou
le PCI ! Car, la Gauche Communiste n’a pas fait faillite et est bien malin
celui qui croit pouvoir prononcer sa fin.
Prenons le CCI, qui menace à tout moment d’abandonner le
terrain de classe : rien n’empêche un prolétaire de reprendre les positions de
l’organisation… Et d’en trancher les positions prolétariennes de sa dérive
opportuniste. Un peu comme les organisations qui naguère ont formé les
fractions de Gauche ont pu reprendre à leur compte les premiers congrès de la
Troisième Internationale.
À cet égard, rappelons que les CI-K ont dû faire un long
cheminement sur plus d’une année afin de comprendre les limites du camp
prolétarien, et de voir plus clairement les enjeux qui découlaient d’une prise
de position conciliatrice envers un groupe tel que Controverses. C’est
d’ailleurs grâce à vous que nous pouvons aujourd’hui dire que nous avons
échappé de peu au marais des organisations de la Gauche Communiste.
Vers un premier regroupement
Camarades, vous nous offrez un rapprochement et nous vous
offrons un regroupement. En effet, de part et d’autre (FGCI et CI-K), la
nécessité de se regrouper en une seule organisation nous semble à la fois un
devoir historique et une chance de pouvoir lancer un appel au sein du camp
prolétarien. Qui plus est, nous sommes déjà « proches » politiquement, passons
en vitesse supérieure, sans pour autant taire nos possibles divergences. Ce
travail de clarification politique entre nous se fait officieusement depuis
2005. Parce que vos responsabilités politiques étaient ailleurs (travail de
fraction), et qu’il n’était pas pertinent pour vous d’ouvrir vos rangs à
d’autres militants, nous n’avons jamais réellement parlé de regroupement que du
bout des lèvres, sans réelle suite. Si vous êtes d’accord, nous croyons qu’il
est temps d’officialiser ce rapport groupusculaire en autre chose qu’un rapport
serré de camaraderies, de signatures conjointes de propagande, ou d’ouverture
mutuelle de nos publications.
Les dernières années ont plongé les organisations
historiques de la Gauche Communiste à travers plusieurs crises : démembrement
du PCI ; crises (avec un « s ») majeures au sein du CCI ; crise du BIPR/TCI à
s’organiser efficacement avec l’apparition de groupes précaires et disparition
de ceux-ci sans plus ou moins de commentaires à ce sujet, groupe avec des interventions
inexistantes ou médiocres (B&P, GIO), scission IOD. Bref, le camp
prolétarien subit plus d’assaut qu’il n’en donne. Sans compter l’apparition de
groupe se revendiquant de la GC qui émettent soudainement un appel et retombent
immédiatement dans le silence (les Australiens, par exemple). Bien sûr, il n’y
a pas eu que des déceptions. La TCI et le CCI sont arrivés à intégrer de
nouvelles cellules ; mais il ne nous semble pas que l’écho ait véritablement
porté fruit. Le CCI continue sa pente descendante et la TCI ne semble pas avoir
une véritable capacité d’intervention internationale.
Il nous semble donc qu’une adresse en direction du camp
prolétarien est de notre responsabilité. Si le CCI se dirige lentement vers le
camp ennemi en semant la confusion à travers ses diverses interventions ; et si
la TCI n’arrive pas à trouver une dynamique pour devenir un pôle de
regroupement – parfois elle semble le vouloir ainsi (ex : RP no.59), parfois
non (ex : sa politique à notre égard) – ; alors pourquoi ne commençons
nous-mêmes pas à nous organiser ensemble pour travailler vers ce regroupement ?
Car en ce qui concerne nos deux groupes, nous nous
entendons déjà sur plusieurs points même si nous avons considérablement à les
approfondir entre nous.
Vous revenez, en effet, dans votre rapport d’activités,
sur des discussions entre le BIPR et la FICCI, des discussions sur la
conscience que nous avions prévu nous-mêmes d’entamer à l’intérieur des CI-K.
Malheureusement, nous n’en avons débattu qu’en surface. C’est une discussion
que nous pourrions d’ailleurs mener avec vous, bien que nous puissions à
l’avance entrevoir une entente à ce sujet : aucun de nous n’est conseilliste ou
bordiguiste. Cependant, ce n’est pas tout de l’affirmer ainsi, il faut en effet
mener plus loin le débat.
Par ailleurs, en ce qui concernant l’héritage de la Gauche
italienne partidiste, nous pouvons vous dire avec plus d’assurance qu’il est la
principale référence des CI-K en ce qui concerne ses prises de positions
programmatiques, et ce même si nous considérons la tendance communisme de
conseils, devenue conseillisme, comme appartenant également à l’histoire de la
Gauche Communiste malgré son abandon d’un des principes marxistes que
représente l’organisation de l’avant-garde révolutionnaire en parti de classe
international.
Pour ce qui est de la conception organisationnelle de type
fédéraliste de la TCI, nous en partageons entièrement la critique car nous en
subissons nous-mêmes les contrecoups face au GIO. Nous considérons la
centralisation du CCI comme étant plus efficace, moins problématiques, et ce
même s’il y a toujours danger de voir un exécutif de manoeuvrier s’emparer des
rênes de l’organisation comme c’est le cas présentement au sein du CCI. Si
certains militants ont pu prendre la direction de la sorte, c’est donc dire à
un certain point que le travail d’autoformation des cadres organisationnels n’a
pas su répondre aux besoins opérationnels d’une telle organisation. En effet,
autant qu’il soit possible de le faire, les cadres d’une organisation marxiste
doivent se développer d’une façon assez uniforme pour, à la fois se relayer les
tâches ; pour rester vigilant par rapport aux interventions de celle-ci (afin
que ses prises de position demeurent fermement sur le terrain de classe) ; et pour
garder un oeil sur les opérations des comites exécutifs. Les errements
programmatiques récents du CCI peuvent ainsi laisser à penser qu’une relève peu
aguerrie aux positions originelles de l’organisation est présentement à
l’oeuvre et peu encadrée par les militants avec plus d’expérience. Cependant,
nous ignorons le fonctionnement d’autoformation interne du CCI et nous ne
pouvons nous prononcer d’avantage à cet effet.
Poursuivons :
Comme vous, nous nous revendiquons des analyses
fondamentales du CCI – avant sa période de liquidation – et du marxisme quant à
l'alternative "guerre impérialiste ou révolution prolétarienne" et
nous défendons la notion de cours historique telle que le CCI l’a définie et
précisée dans les années 1970-1980. Nous partageons ainsi avec vous ce constat
que le cours historique est aux affrontements de classe et qu’il y a un manque
à gagner quant à l’organisation du prolétariat face à la fois aux affrontements
en cours mais également et surtout face aux affrontements à venir (menace d’une
guerre globale).
Aussi, il nous semble plus que pertinent de reprendre à
notre compte cette affirmation de votre part et d’en profiter pour souligner le
bien-fondé d’une fusion entre nos deux groupes :
« Pour toute organisation communiste, l'intervention en
direction de la classe– publications, tracts, communiqués, etc... – dans la
situation historique, dans les luttes ouvrières évidemment mais pas uniquement,
est une dimension centrale de son activité quelle que soit sa taille et son
influence immédiate. Elle doit être une préoccupation permanente que seules les
conditions concrètes de sa réalisation – état réel des forces militantes,
rapport de forces entre les classes, degré de répression de la classe ennemie
et de son appareil d'État déterminé précisément par ce rapport de forces –
peuvent limiter l'ampleur et l'intensité.
En lien et en cohérence avec notre vision de la
construction du parti, en particulier en concordance avec la compréhension que
tout groupe communiste doit se constituer comme une organisation internationale
et centralisée,
comme un embryon de parti communiste, l'intervention doit être internationale
et historique ce qui n'exclut pas, et même au contraire, favorise sa
déclinaison indispensable aux plans immédiats et locaux en fonction des
circonstances. Croire que l'intervention décidée, et donc que l'effort et même
le combat politique pour sa réalisation ne sont que pour le parti de demain du
fait de la faiblesse à la fois des luttes ouvrières et des forces militantes,
de leur influence dans la classe – à quoi bon se mobiliser et fournir autant
d'efforts pour diffuser quelques milliers tracts qui ne changeront rien à la
situation puisque « personne ne nous lit » ? – tourne le dos aux
responsabilités de l'avant-garde politique du prolétariat. À leur tour, ces
réticences, hésitations, doutes – expressions d'une mauvaise compréhension du
rôle de la conscience de classe dans la lutte des classes, en particulier
expressions de concessions politiques aux visions anti-parti et a-politique
propre au courant politique opportuniste que Lénine définissait comme «
l'économisme », que nous qualifions aujourd'hui de « conseillisme » – viennent
renforcer et aggraver le manque initial de conviction militante et l'affaiblir
encore plus. C'est aussi sur ce plan que se manifeste « le danger du
conseillisme » tel que l'avait défini le CCI dans les années 1980 (cf. Revue
internationale 40 : La fonction des organisations révolutionnaires : le danger du conseillisme) et tel qu'il s'exerce au sein même du camp prolétarien et de
ses organisations politiques. Dans ce sens, sur le plan de l'intervention «
extérieure » tout comme sur le plan du fonctionnement « interne » – voir la
première partie sur pourquoi un rapport ? – nous nous revendiquons d'une méthode
de parti, y compris pour un tout petit groupe comme le nôtre. »
Les CI-K considèrent également :
« que la question du regroupement des révolutionnaires
ne peut se poser que dans le cadre théorique et politique de la Gauche
communiste et des partisans du rôle fondamental, indispensable, essentiel,
crucial, du parti communiste comme avant-garde et direction politique du
prolétariat. De ce fait, toute la mouvance "conseilliste" ne peut que
s'opposer au processus vers la formation du parti et se faire objectivement le
relais des thèmes idéologiques et politiques de la bourgeoisie. »
C’est également dire que la seule perspective de
regroupement pour les CI-K, malgré les difficultés présentes d’ordre
conflictuel, se veut actuellement la Tendance Communiste Internationaliste.
Il est également important pour nous de noter qu’en ce qui
nous concerne, ce regroupement ne se veut aucunement opportuniste puisque, si
on fait le bilan du rapport entre nos deux groupes, nous pouvons dire que nous
nous répondons depuis bientôt 8 ans – dans les accords (interventions
conjointes) et les critiques (la Contribution) – ; que nous partageons
essentiellement les mêmes positions programmatiques (héritage italien,
plateforme du CCI originelle) ; et que nous avons déjà su intervenir d’une
seule voix par le passé. De même, malgré les divergences que nous avons pu
avoir avec vous (certaines critiques de nos tracts, brochures, ou de façon plus
importante nos errements politiques quant à la « Contribution »), nous sommes
toujours restés liés, et nous avons continué de défendre l’esprit de la FGCI
(notamment face à Internationalist Voice). Il nous semble donc logique voire
indispensable de commencer avec vous un processus de discussion menant à notre
propre regroupement, en vue d’intervenir plus efficacement à la fois au sein
des luttes prolétariennes qu’en direction du camp prolétarien (CCI, TCI)!
Si vous êtes d’accord, nous pourrions mettre en place un
premier plan de travail et un échéancier à cet égard, ainsi que les modalités
dans lesquelles s’opéreront ces deux termes.
Fraternellement,
Les CI-K
Note : Une parenthèse à ce sujet, nous considérons
qu’il y a toujours un véritable courant révolutionnaire dont la dénomination
est Gauche Communiste, qui se revendique des apports programmatiques successifs
issus des fractions de Gauche de la Troisième Internationale et qui pige ses
racines à la fois dans la Gauche italienne et dans la Gauche
Germano-Hollandaise, contrairement à la Tendance Communiste Internationaliste
qui ne semble maintenant qu’endosser la dénomination « communiste
internationaliste ».
Libellés :
Capitalisme en crise,
Débat dans la Gauche Communiste
vendredi 1 février 2013
Table ronde : « Un bilan de la grève étudiante »
Samedi 9 février 2013, 12h, Bar Le Jockey (1309 St-Zotique Est, Montréal, entre la rue Chambord et la rue de Lanaudière)
Lunch gratuit à 12h et table ronde à 13h. Organisée par l'APAQ Rosemont Petite-Patrie.
Un membre des communistes internationalistes Klasbatalo (CIK) fera partie de la table ronde. Les CIK offriront sur place leur nouvelle brochure "Bilan: Lutte étudiante et assemblée de quartier".
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