dimanche 21 avril 2013

Contre les coupures à l’assurance-chômage et à l’aide sociale : Vers une seule lutte massive


Actuellement deux luttes ont lieu en même temps : la lutte contre le saccage de l’assurance-chômage et la lutte contre les coupures à l’aide sociale.

Ces deux luttes sont étroitement liées contrairement à ce qu’en dit la bourgeoisie, notamment sa classe politique et ses médias. Le chômage est un aspect de la condition ouvrière, les ouvriers chômeurs font tout autant partie de la classe ouvrière que les ouvriers au travail. Si un ouvrier est au chômage, il est potentiellement au travail; s'il travaille, il est potentiellement un chômeur. Avec le saccage de l’assurance-chômage, il risque après peu de temps de recourir à l’aide sociale et rejoindre ses frères et sœurs qui y recourent  pour survivre.

L’État fédéral et l’État provincial s’entendent comme des bandits pour s’attaquer à la fois aux chômeurs et chômeuses et à ceux et celles qui ont recours à l’aide sociale. La lutte contre le déficit, le rapatriement de pouvoir du fédéral au provincial, le nationalisme : ce sont les arguments des bourgeoisies pour faire payer la crise du capitalisme aux prolétaires. Ces attaques ne sont pas restreintes qu’au Canada. Cameron le premier ministre britannique a aussi lancé une attaque contre le système de prestations sociales tout comme Obama aux USA.

Ces attaques sont internationales et la résistance des travailleurs, chômeurs et assistés sociaux doit l’être aussi. Ces luttes doivent être unifiées et non pas isolées comme le font actuellement les politiciens qui s’en servent pour consolider leur pouvoir. Ces politiciens s’appuient sur  les syndicats – et leur corporatisme d’une lutte à la fois – pour diviser la classe ouvrière. Politiciens et syndicalistes vont nous inciter à voter pour des partis politiques pour détourner la lutte vers le cirque électoral et le show parlementaire.

Les boss et les politiciens défendent leur intérêt de classe exploiteuse. Ils défendent leur position de dominants dans une société basée sur la recherche du  profit. Ils se servent des syndicats qui ont comme rôle de nous maintenir divisés par des luttes séparées des autres travailleurs, par le nationalisme et le lobbying parlementaire. Le sabotage d’un soutien aux étudiants par la FTQ lors du printemps érable en est un exemple frappant.

Prolétaires,  nous devons défendre nos intérêts comme travailleurs, comme une seule classe sociale. Seuls des comités de travailleurs, de chômeurs et d’assistés sociaux indépendants des syndicats et des politiciens doivent décider des formes et des objectifs de la lutte en élisant des délégués révocables en tout temps.

Cependant nous devons voir les limites de ces luttes, qui sont toujours à recommencer.
Il faut s’organiser politiquement pour en finir avec le capitalisme et tous ses États car ce système décadent ne peut satisfaire les besoins de l’humanité. Ce sera la tâche des prolétaires du monde entier de construire une société basée sur les besoins de tous et toutes, et non les profits de quelques exploiteurs. Pour cela il nous faut construire un parti révolutionnaire qui sera nécessairement international et internationaliste.

Les communistes internationalistes Klasbatalo est un des groupes politiques qui travaillent à construire ce parti.

Les communistes internationalistes Klasbatalo (CIK)

Email : Klasbatalo1917@gmail.com                         

jeudi 28 mars 2013

Brochure Bilan: lutte étudiante et assemblée de quartier


Table des matières

Mouvement étudiant printemps 2012 

- Une crise économique internationale, des plans d’austérité drastique partout dans le monde                                     et… une hausse des frais de scolarité
- La lutte contre les frais de scolarité fait partie des luttes contre les attaques capitalistes sur                                           nos conditions de vie
- Le syndicalisme étudiant 
- Le mouvement étudiant s’isole et est isolé du mouvement ouvrier
- Grève sociale et les minorités étudiantes radicales
- La question de la violence
- Le début de la fin : le déclenchement des élections signe la fin du mouvement et son échec par la  grande participation des étudiants aux élections
- Le sommet sur l’éducation et continuation des mesures d’austérité

Les Assemblées Populaires Autonomes de Quartier : notre intervention dans les APAQ

- La démocratie accouche de la loi 78
- Le mouvement des casseroles : la classe ouvrière et les classes moyennes se solidarisent avec le mouvement étudiant
- Les illusions démocratiques et citoyennes du mouvement des casseroles
- Les casseroles semblent vouloir se donner une extension politique : création des APAQ
- Les APAQ appuient le mouvement étudiant, mais se mettent aussi à sa remorque
- L’autonomie selon les APAQ
- Les  luttes  de  tendances: le  localisme et l’individualisme anarchiste désorganisent  les  APAQ
- Fin de la vague de luttes, dérives autogestionnaires

Annexes

Appel aux révolutionnaires ou Appel à la gauche bourgeoise? (Réponse à Force étudiante critique)
Pour en finir avec le réformisme étudiant !
Le capitalisme est en faillite! Unissons-nous pour l’abattre!
Grève générale ou cirque électoral
« Mouvement Étudiant Révolutionnaire » : Mouvement petit-bourgeois réformiste
L’organisation du prolétariat en dehors des périodes de luttes ouvertes

La brochure est disponible à la coop du cegep Edouard Montpetit et de l'université de  Sherbrooke.  
Elle est aussi en vente à la librairie l'Insoumise 2033 rue St-Laurent, Montréal et à Paris à la librairie La Brèche.
Vous pouvez aussi écrire à klasbatalo1917@gmail.com

lundi 4 mars 2013

Se relever pour gagner


Nous avons obtenu le tract ci-dessous d’un sympathisant  du GIO lors de la manifestation étudiante du 26 février à Montréal. Par sa publication sur notre blog, nous voulons montrer notre total accord avec son contenu. Il est publié tel quel.

Les communistes internationalistes Klasbatalo
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Il y à peine plus d’un an, la plus grande grève étudiante de l’histoire du Québec éclate. Cette grève fut aussi le premier mouvement soutenue et massif contre les mesures d’austérité causées par la crise des subprimes de 2008. Cette mobilisation exemplaire au niveau de la combativité de sa base, a créé un crise quasi sans précédent dans l’histoire de la société québécoise. Elle a aussi démontré les limites du mouvement étudiant et celle de tout mouvement isolé ou les illusions réformistes conservent leur emprise sur les militants et militantes.

Cette grève a été une gigantesque école de la lutte des classes pour des milliers de personnes.
En luttant, on a découvert la violence policière, le mépris des institutions bourgeoises, surtout des médias capitalistes, les tribunaux appliquant la « justice » de classe, et l’arrogance des bourgeois eux-mêmes! Certains et certaines d’entre vous se rappellent surement avec quel cynisme, des petits gosses de riches ont imploré l’intervention de la police pour pouvoir aller à « leurs cours »; comment des politiciens et des petits carriéristes ont pris six mois de sacrifices et les ont vendus pour s’acheter une chaise ou poser leur cul au parlement, comment des « chefs » ont joué les stars grâce à nos blessures et à nos nuits sans sommeil. Cette grève nous a appris cela certes, mais elle nous a aussi fait connaître le courage des matins gris sur les lignes de piquetage. Elle nous a aussi révélé toute la force de la foule dans les actions et les manifestations, lorsque nous avons fait comprendre à maintes reprises aux chiens de l’État que, oui, on était capable de se défendre. Nous avons aussi appris à frapper le portefeuille des bourgeois en bloquant ports, banques et ponts. Nous avons appris ce que c’est de s’organiser, de voir la solidarité dans les yeux de centaines de travailleurs et de travailleuses, prendre la rue à nos côtés, casseroles en mains. Certain-ne-s ont même voté le principe d’une grève illégale dite « sociale », pour nous appuyer (ce sont les bureaucrates syndicaux qui les ont empêché). Cela a gonflé nos poitrines de savoir que c’était nous, et pas Léo, ni Martine, ni même Gabriel, qui avions donné courage à ces prolétaires, nos frères et nos sœurs de classe. Nous avons vu ces mêmes travailleurs et ces même travailleuses s’organiser en assemblées autonomes de quartiers, en réseaux et en comités pour nous appuyer. Aussi, nous avons bloqué la hausse libérale, on s’est « calissé » de la loi spéciale, on a bloqué les coupures dans les cegeps et on a gagné une augmentation des prêts et bourses. Nous avons même gagné que lors de cette triste farce qu’est le Sommet, une hausse massive des frais de scolarité soit probablement complètement écartée. On est battu-e-s, on a arraché-e-s chaque gain avec notre courage et nos tripes, on pourrait presque dire qu’on a gagné… Mais.

Malheureusement, la grève a eu une fin peu glorieuse. Bien entendu, la masse étudiante était fatiguée et les militants et les militantes terriblement juridiciarisé-e-s. Cela a contribué à mettre fin à la grève. Pour beaucoup d’éléments radicalisés, la raison de l’échec de la grève, de la menace plus que palpable d’indexation, de l’implantation de l’assurance qualité, de l’absence de perspectives politiques claires à la fin de la lutte est dû à la récupération électorale. La victoire à la « Pyrrhus » ne serait dû qu’à un état-major qui aurait trahi. Certes les coups de poignard des bureaucrates syndicaux, qui ont fait avorté la grève sociale, ou ceux des sociaux-démocrates et des nationalistes de « gauche », qui ont saboté la lutte pur mieux briller aux une, ont tué la grève, mais il y a d’autres raisons. Si nous avons perdu, les seuls coupables c’est nous autres. Si la grève que nous avons tant mobber, organisé et radicalisé s’est réduite en cendre pour servir des basses manœuvres électoralistes, c’est parce qu’on s’y est laissé prendre. Pourquoi le chauvinisme d’Option Nationale et du Parti Québécois et la sociale démocratie de Québec solidaire sont-ils les grands gagnants de la lutte? Tout simplement parce qu’ils et elles se sont organisé-e-s. Nous avons rien eu de mieux à faire que d’accuser les réformistes d’agir en réformistes. Nous sommes tombés dans l’idéalisme, dans la croyance que le mouvement étudiant, interclassiste, idéaliste et libéral était un terrain ou l’on pouvait gagner par notre simple présence. Nous sommes tombés tête première dans la Gueule du loup du « life style » libertaire; préférant l’adrénaline du cassage de vitrines à celui d’un long et patient travail de jonction à la base avec le reste de la classe ouvrière. Nous avons plaidé la diversité des tactiques plutôt que l’unité d’action. Nous avons beaucoup parlé de démocratie « directe » détachée de son contexte sociale, plutôt que de préparer l’affrontement direct avec l’État bourgeois. Nous avons malmené les fédérations étudiantes, plutôt que d’expliquer où menait le concertationnisme. Nous avons critiqué des idées d’oppression, ce qui est souvent nécessaire au cœur de la lutte, mais trop peu à leurs bases matérielles. Nous avons parlé, et nous parlons encore d’éducation « humaniste », « non-marchande », alors que nous savons pertinemment qu’une telle éducation ne serait possible que sous le socialisme.

Arrêtons de nous nourrir de chimères. Nos futur-e-s boss sont dans nos AG, nos futur-e-s députés dans nos comités de mobilisation. Les concierges de nos établissements ont souvent plus de potentiel de lutte que plusieurs des personnes qui sont dans nos classes. Nous avons souvent peur des étudiants et étudiantes en techniques, qui peuvent se montrer frileux face à des revendications qui ne semblent pas les affecter, plutôt que d’essayer de les joindre. Nous avons besoin d’organisation, d’un programme de lutte, d’une discipline. Nous devons nous solidariser beaucoup plus de la clase ouvrière dans ses luttes. Nous devons nous préparer à affronter la classe bourgeoise dans son ensemble, pas juste la « droite », pas juste le PQ. Nous avons amèrement constaté le cul de sac où nous a mené le « parti des urnes et de la rue» qu’est QS. Nous sommes en guerre, il serait temps d’agir en conséquence.

Pour plusieurs camarades, aujourd’hui c’est le début de la lutte contre l’indexation. Nous devons aller plus loin. Aujourd’hui, doit être le début d’un vrai mouvement contre l’austérité. La lutte contre l’odieuse réforme de l’assurance-chômage ainsi que la lutte contre toutes les autres mesures de compression des divers paliers de l’État doivent être menées à bien. D’ailleurs, le Parti Québécois [Note des CI-K] attaquera sûrement les travailleurs et les travailleuses du secteur publique lors des prochaines négociations des conventions collectives. Une opposition de classe doit être construite contre l’austérité capitaliste. Ce ne seront ni les partis réformistes, ni la bureaucratie syndicale, ni la fausse opposition des nationalistes qui pourront le faire. Nous devons nous organiser ensemble, peu importent nos secteurs d’activités, au sein de structures autonomes de la bureaucratie. C’est pourquoi, je fais le choix de joindre une organisation communiste, révolutionnaire et internationaliste. Nous voulons abattre un système qui nous enlève tout, jusqu’à notre futur. Nous savons que ses gestionnaires sont prêts à tout pour le défendre. Le monde ne changera pas avec des consensus préfabriqués et des demi-mesures. Nous avons besoin d’une révolution prolétarienne internationale et pour la mener, nous avons besoin d’un parti de classe.

Un étudiant sympathisant du Groupe internationaliste ouvrier (GIO)

Courriel du GIO: ca@leftcom.org  
  Note des CI-K: Quelques jours à peine après la manifestation, le PQ lançait  un programme d'austérité contre les assistés sociaux.

dimanche 10 février 2013

Notre réponse au rapport d'activités de la FGCI d'octobre 2012




Nous répondons ci-dessous au rapport d'activités de la fraction de la Gauche communiste internationale d’Octobre 2012. Un élément de la conclusion du rapport nous enthousiasme « … nous proposons à ceux qui nous sont les plus proches, notamment les CIK, d'engager un processus de constitution d'une nouvelle organisation après, bien sûr, des discussions approfondies et un accord sur une plateforme de positions et des orientations communes. ».

Les CIK trouvent  logique voire indispensable de commencer avec la FGCI un processus de discussion qui pourrait éventuellement mener à une fusion entre les deux groupes.

Un des aspects de la conclusion de la réponse de la TCI au rapport d'activités de la fraction de la Gauche communiste ne peut aussi que nous enthousiasmer et favoriser le regroupement des forces communistes internationalistes vers un des pôles de regroupement.
« En attendant, ce serait un grand pas en avant si vous pouviez participer à la formation d'une organisation internationaliste basée sur des communistes français qui pourrait agir comme un véritable noyau orienté, non seulement vers le débat avec les internationalistes du monde, mais aussi vers la classe ouvrière avec laquelle vous êtes directement en contact. »

Nous convions les lecteurs et lectrices à lire le récent bulletin #10 de la FGCI dont les articles suivants :
- Prise de position des CI-K sur le rapport d'activités de la FGCI ci-dessous.


                                                                                             Janvier 2013
Très chers camarades,

Pour commencer, veuillez nous excuser pour le retard concernant cette réponse à votre rapport d’activité. En effet, comme nous vous l’avions déjà communiqué, au cours des dernières semaines, nous avons eu beaucoup de difficultés à nous réunir à quatre et, par la suite, j’ai (Alex) personnellement pris du retard à vous répondre. N’y voyez surtout pas un manque d’enthousiasme de notre part. Au contraire, nous avons pris connaissance, avec un grand intérêt, de votre document d’Octobre 2012 concernant le bilan de la FICCI et de la FGCI des dix dernières années. À travers cette réponse de notre part, vous nous verrez souvent revenir sur certains points : sur certains constats, et prises de position. C’est que, comme vous, nous percevons l’urgence de la situation politique mondiale, à la fois en ce qui a trait aux attaques de la bourgeoisie qu’en ce qui concerne la réponse du prolétariat à ses attaques, et l’opportunité d’y faire face en s’organisant différemment.

Aussi, commençons en vous exprimant que nous partageons entièrement le préambule sur la nature et la nécessité du rapport d’activités organisationnel. Comme vous, nous affirmons qu’une organisation d’allégeance marxiste possède une histoire programmatique à laquelle elle doit se référer si elle se veut réellement dialectique. Ceci implique effectivement un réexamen et un retour critique sur les activités politiques de l’organisation afin de dégager les positions programmatiques prolétariennes des éléments qui lui sont étrangers ; car, bien sûr, aucune organisation révolutionnaire n’est à l’abri d’une pénétration de l’idéologie bourgeoise en son sein. Nous l’avons d’ailleurs, à un degré plus ou moins important, expérimenté au cours de l’année 2011, lorsque fut produit le document « Contribution à un état des lieux de la GCI », un combat qui fut néanmoins, à plusieurs égards, salutaire !

En effet, à un certain moment, nous avons même caressé l’idée de se fractionner. Dans les faits, nous avons évité une situation bien pire car la fraction aurait probablement entraîné l’éclatement de notre groupe vu le peu d’expérience politique que nous avons concernant cette question. Nous pouvons cependant dire avec fierté que nous avons su éviter tout ceci en restant unis malgré les divergences presque acerbes qui sont survenues, en maintenant fortement le cap sur le débat, la critique… Pour finalement entreprendre le repositionnement interne des CI-K. C’est donc une expérience qui nous est chère et dont nous nous revendiquons entièrement malgré ce détour effectué vers le marais de la Gauche Communiste (Controverses, IPPI, IOD). Notre « Retour Critique », bien qu’il ait relativement soulevé moins de discussions, nous a permis de remettre les pendules à l’heure et d’appréhender plus clairement ce que représentent actuellement le véritable camp prolétarien et notre rôle dans celui-ci.

Nous faisons donc nôtre cette formulation de votre part :

« Toute organisation communiste est responsable de son histoire et doit l'assumer devant le prolétariat. »

Et ensuite :

« Même pour un tout petit groupe comme le nôtre, la nécessité de tirer des bilans et de tracer des orientations d'activités à partir de ces bilans s'impose ; aussi disproportionné ce travail et cet effort puissent apparaître à première vue par rapport à nos forces. »

C’est sur quoi nous avons travaillé avec acharnement au cours de l’année 2011, tout en réussissant à maintenir une activité d’intervention au sein de certaines luttes, et ce malgré les divergences et tiraillements d’ordre politique à l’intérieur du groupe causé par le document «
Contribution ». Nous y reviendrons souvent mais nous pensons, jusqu’à un certain point, que le travail accompli peut s’avérer un exemple pour les autres groupes qui composent à la fois le marais de la Gauche Communiste, et la Gauche Communiste historique ; en ce sens où, actuellement, parmi les groupes de la GC, les désaccords semblent davantage poindre en direction des ruptures et scissions plutôt que vers l’émergence de discussions internes et de tentatives de clarification devant l’ensemble du prolétariat. C’est donc avec sérieux que nous considérons l’avenir des CI-K et que nous continuons à intervenir avec assiduité au sein des luttes et mouvements qui apparaissent ici et là. Par exemple, dimanche passé, le camarade RJ a donné une conférence sur la crise économique actuelle devant une vingtaine de personnes et a reçu un bon accueil, malgré le décès récent (dans la même semaine) de sa mère. Bref, nous pensons composer solidement avec nos maigres forces.

Sur l’héritage de la FICCI, de la FGCI, et la défense du CCI.

Nous continuons de considérer l’apport programmatique du CCI comme possiblement le travail le plus important jamais produit par une organisation appartenant à la Gauche Communiste, avec bien sûr celui de la fraction italienne autour de Bilan. Nous constatons malgré cet apport (lequel devrait être un véritable char d’assaut contre la dérive opportuniste) une confusion grandissante face aux interventions du CCI au sein du prolétariat. C’est dire à quel point une organisation quelle qu’elle soit n’est jamais à l’abri d’une vague opportuniste, d’une trahison, et de la contre-révolution. Pour nous qui nous sentons plus près de la plateforme du CCI, nous constatons avec regret les divers traumatismes qu’a expérimenté l’organisation au cours des dernières années en commençant par le départ de la FECCI, par la suite l’affaire JJ, et ensuite par les activités du CCI dirigés contre la FICCI.

À cet égard, nous pensons que le travail politique mené par la FICCI a porté fruit devant l’Histoire, sans toutefois malheureusement empêcher le CCI de continuer son chemin vers l’opportunisme ambiant qui accable les organisations appartenant à la Gauche Communiste (Note). Pour l’Histoire du mouvement révolutionnaire, pour le redressement du CCI également, il aurait été légitime que les activités de la FICCI se poursuivent sans relâche afin de maintenir la véritable continuité du CCI en parallèle. Malheureusement, l’éclatement de la fraction en 2010 est considérablement venu affaiblir son action politique. Malgré l’analyse que vous avez produite et que nous partageons concernant la dérive du CCI des dix dernières années, rien n’est encore perdu pour celui-ci. Le travail de la fraction a été mené jusqu’où il pouvait l’être dans les circonstances, avec acharnement, conviction, et brio.

La constitution de la FGCI – avec son mandat de poursuivre à la fois le travail de la FICCI tout en s’ouvrant encore davantage aux autres groupes du Milieu Politique Prolétarien – s’avère une tâche énorme pour les forces qui la constitue, particulièrement avec la situation de Ldo qui ne semble plus vouloir s’impliquer dans celle-ci.

Vous mentionnez dans le Bulletin no. 13 et dans votre rapport :

« Depuis que nous avons décidé d'ouvrir nos bulletins internes à l'ensemble du milieu politique prolétarien, organisations et contacts, sympathisants de ces dernières, nous
considérons que notre espace de discussion interne ne se limite plus au seul CCI mais à l'ensemble du milieu politique qui devra être le facteur actif et déterminant de la construction du futur parti communiste mondial. Nous estimons que les questions soulevées par la crise du CCI, sa dérive opportuniste, intéressent et "appartiennent" à l'ensemble des composantes de ce milieu. Par ailleurs, si nous estimons être encore dans la phase de "fraction interne", de "redressement", du CCI avec sa méthode et ses exigences politiques bien précises, nous avons aussi la responsabilité de suppléer aux responsabilités que le CCI abandonne, tel le combat pour l'unité et la défense de la Gauche communiste. »

Comme vous nous l’avons souligné en note de bas de page, nous partageons la même appréhension du milieu politique prolétarien et nous percevons la Gauche Communiste en tant que totalité appartenant à une critique historique, avant même qu’elle ne soit un courant divisé en telle ou telle organisation. Par ailleurs, dans le contexte actuel (exacerbation de la crise, montée des luttes prolétariennes, menace d’une polarisation des forces ennemies vers la guerre, faiblesse d’une véritable intervention révolutionnaire au sein de notre classe pour faire face à tout ceci), nous pensons qu’il est temps pour vous de clore le chapitre de la fraction et d’entreprendre une nouvelle activité en vue de renforcer nos rangs ; en vue de concentrer les activités de la FGCI vers le regroupement des militants révolutionnaires autour d’une organisation capable de diriger la lutte. Nous constatons avec vous :

« Aujourd'hui, à l'heure de ce bilan, notre fraction ne compte plus formellement que deux camarades dont l'un est particulièrement diminué au plan physique. Le travail concret, matériel si l'on peut dire, de notre groupe ne repose plus que sur un seul camarade.

Cette situation n'est pas simplement due à des réalités "objectives" personnelles. Certes, la dispersion des 3 camarades de la fraction, l'un au Mexique, les deux autres séparés en France, certes les difficultés personnelles respectives dont certaines sont réelles et importantes - les conditions de vie du camarade au Mexique, la santé d'un des deux camarades en France -, sont des éléments matériels qui ont rendu de plus en plus difficile l'engagement politique de l'ensemble. Néanmoins, il ne fait guère de doute que les événements, pression des campagnes anti-communistes, absence de résultats immédiats - les contacts en général, le processus avec les CIK, la lenteur de l'évolution de nos rapports avec la TCI, l'isolement relatif aussi - ont participé d'entamer notre compréhension de nos orientations et d'affaiblir surtout nos convictions politiques et militantes. C'est particulièrement clair pour ce qui concerne notre camarade au Mexique. Ces deux dernières années, l'engagement du camarade s'est réduit au point où le reste de la fraction ne pouvait plus compter sur lui pour ses activités régulières qui se voyaient ainsi particulièrement amoindries : la réalisation du bulletin, les discussions internes, l'intervention en particulier vis-à-vis des contacts, relativement nombreux au Mexique... Englué dans des difficultés d'ordre personnel et quotidienne, notre camarade s'est progressivement désengagé et ne participait plus que formellement et par intermittence à l'activité de la fraction. Ce mal, la faiblesse de compréhension et de conviction, est pour l'essentiel, nous le rappelons, le fruit de l'offensive idéologique de la bourgeoisie. »

Les CIM et les CI-K ont eux-mêmes connu leur moment de découragement et nous sommes bien placés pour comprendre la situation du camarade Ldo. Alex a bien failli démissionner au printemps 2010 face au sentiment d’isolement politique. Luie a lui-même aussi dû prendre un moment de répit à l’été 2011, et Réal a également offert sa démission lors de nos discussions autour de la Contribution. Il va sans dire toute la pression que subissent les organisations du prolétariat depuis le début des années 1990. L’isolement n’aide en effet pas du tout.
Aussi, si on revient à nos moutons, l’abandon du travail de fraction de la part de la FGCI ne signifie aucunement l’abandon de possibles interventions – de possibles adresses – en direction des militants du CCI. En effet, pour les CI-K, depuis notre retour critique sur la Contribution, la Gauche Communiste à tendance partidiste, avant même d’être un agglomérat d’organisations avec des divergences plus ou moins prononcées, est d’abord et avant tout un corpus programmatique à défendre et à perpétrer contre toutes dérives, attaques, et interventions étrangères. Qu’il faille défendre le CCI ou le PCI ! Car, la Gauche Communiste n’a pas fait faillite et est bien malin celui qui croit pouvoir prononcer sa fin.

Prenons le CCI, qui menace à tout moment d’abandonner le terrain de classe : rien n’empêche un prolétaire de reprendre les positions de l’organisation… Et d’en trancher les positions prolétariennes de sa dérive opportuniste. Un peu comme les organisations qui naguère ont formé les fractions de Gauche ont pu reprendre à leur compte les premiers congrès de la Troisième Internationale.

À cet égard, rappelons que les CI-K ont dû faire un long cheminement sur plus d’une année afin de comprendre les limites du camp prolétarien, et de voir plus clairement les enjeux qui découlaient d’une prise de position conciliatrice envers un groupe tel que Controverses. C’est d’ailleurs grâce à vous que nous pouvons aujourd’hui dire que nous avons échappé de peu au marais des organisations de la Gauche Communiste.

Vers un premier regroupement

Camarades, vous nous offrez un rapprochement et nous vous offrons un regroupement. En effet, de part et d’autre (FGCI et CI-K), la nécessité de se regrouper en une seule organisation nous semble à la fois un devoir historique et une chance de pouvoir lancer un appel au sein du camp prolétarien. Qui plus est, nous sommes déjà « proches » politiquement, passons en vitesse supérieure, sans pour autant taire nos possibles divergences. Ce travail de clarification politique entre nous se fait officieusement depuis 2005. Parce que vos responsabilités politiques étaient ailleurs (travail de fraction), et qu’il n’était pas pertinent pour vous d’ouvrir vos rangs à d’autres militants, nous n’avons jamais réellement parlé de regroupement que du bout des lèvres, sans réelle suite. Si vous êtes d’accord, nous croyons qu’il est temps d’officialiser ce rapport groupusculaire en autre chose qu’un rapport serré de camaraderies, de signatures conjointes de propagande, ou d’ouverture mutuelle de nos publications.

Les dernières années ont plongé les organisations historiques de la Gauche Communiste à travers plusieurs crises : démembrement du PCI ; crises (avec un « s ») majeures au sein du CCI ; crise du BIPR/TCI à s’organiser efficacement avec l’apparition de groupes précaires et disparition de ceux-ci sans plus ou moins de commentaires à ce sujet, groupe avec des interventions inexistantes ou médiocres (B&P, GIO), scission IOD. Bref, le camp prolétarien subit plus d’assaut qu’il n’en donne. Sans compter l’apparition de groupe se revendiquant de la GC qui émettent soudainement un appel et retombent immédiatement dans le silence (les Australiens, par exemple). Bien sûr, il n’y a pas eu que des déceptions. La TCI et le CCI sont arrivés à intégrer de nouvelles cellules ; mais il ne nous semble pas que l’écho ait véritablement porté fruit. Le CCI continue sa pente descendante et la TCI ne semble pas avoir une véritable capacité d’intervention internationale.

Il nous semble donc qu’une adresse en direction du camp prolétarien est de notre responsabilité. Si le CCI se dirige lentement vers le camp ennemi en semant la confusion à travers ses diverses interventions ; et si la TCI n’arrive pas à trouver une dynamique pour devenir un pôle de regroupement – parfois elle semble le vouloir ainsi (ex : RP no.59), parfois non (ex : sa politique à notre égard) – ; alors pourquoi ne commençons nous-mêmes pas à nous organiser ensemble pour travailler vers ce regroupement ?

Car en ce qui concerne nos deux groupes, nous nous entendons déjà sur plusieurs points même si nous avons considérablement à les approfondir entre nous.

Vous revenez, en effet, dans votre rapport d’activités, sur des discussions entre le BIPR et la FICCI, des discussions sur la conscience que nous avions prévu nous-mêmes d’entamer à l’intérieur des CI-K. Malheureusement, nous n’en avons débattu qu’en surface. C’est une discussion que nous pourrions d’ailleurs mener avec vous, bien que nous puissions à l’avance entrevoir une entente à ce sujet : aucun de nous n’est conseilliste ou bordiguiste. Cependant, ce n’est pas tout de l’affirmer ainsi, il faut en effet mener plus loin le débat.

Par ailleurs, en ce qui concernant l’héritage de la Gauche italienne partidiste, nous pouvons vous dire avec plus d’assurance qu’il est la principale référence des CI-K en ce qui concerne ses prises de positions programmatiques, et ce même si nous considérons la tendance communisme de conseils, devenue conseillisme, comme appartenant également à l’histoire de la Gauche Communiste malgré son abandon d’un des principes marxistes que représente l’organisation de l’avant-garde révolutionnaire en parti de classe international.

Pour ce qui est de la conception organisationnelle de type fédéraliste de la TCI, nous en partageons entièrement la critique car nous en subissons nous-mêmes les contrecoups face au GIO. Nous considérons la centralisation du CCI comme étant plus efficace, moins problématiques, et ce même s’il y a toujours danger de voir un exécutif de manoeuvrier s’emparer des rênes de l’organisation comme c’est le cas présentement au sein du CCI. Si certains militants ont pu prendre la direction de la sorte, c’est donc dire à un certain point que le travail d’autoformation des cadres organisationnels n’a pas su répondre aux besoins opérationnels d’une telle organisation. En effet, autant qu’il soit possible de le faire, les cadres d’une organisation marxiste doivent se développer d’une façon assez uniforme pour, à la fois se relayer les tâches ; pour rester vigilant par rapport aux interventions de celle-ci (afin que ses prises de position demeurent fermement sur le terrain de classe) ; et pour garder un oeil sur les opérations des comites exécutifs. Les errements programmatiques récents du CCI peuvent ainsi laisser à penser qu’une relève peu aguerrie aux positions originelles de l’organisation est présentement à l’oeuvre et peu encadrée par les militants avec plus d’expérience. Cependant, nous ignorons le fonctionnement d’autoformation interne du CCI et nous ne pouvons nous prononcer d’avantage à cet effet.

Poursuivons :

Comme vous, nous nous revendiquons des analyses fondamentales du CCI – avant sa période de liquidation – et du marxisme quant à l'alternative "guerre impérialiste ou révolution prolétarienne" et nous défendons la notion de cours historique telle que le CCI l’a définie et précisée dans les années 1970-1980. Nous partageons ainsi avec vous ce constat que le cours historique est aux affrontements de classe et qu’il y a un manque à gagner quant à l’organisation du prolétariat face à la fois aux affrontements en cours mais également et surtout face aux affrontements à venir (menace d’une guerre globale).

Aussi, il nous semble plus que pertinent de reprendre à notre compte cette affirmation de votre part et d’en profiter pour souligner le bien-fondé d’une fusion entre nos deux groupes :
« Pour toute organisation communiste, l'intervention en direction de la classe– publications, tracts, communiqués, etc... – dans la situation historique, dans les luttes ouvrières évidemment mais pas uniquement, est une dimension centrale de son activité quelle que soit sa taille et son influence immédiate. Elle doit être une préoccupation permanente que seules les conditions concrètes de sa réalisation – état réel des forces militantes, rapport de forces entre les classes, degré de répression de la classe ennemie et de son appareil d'État déterminé précisément par ce rapport de forces – peuvent limiter l'ampleur et l'intensité.

En lien et en cohérence avec notre vision de la construction du parti, en particulier en concordance avec la compréhension que tout groupe communiste doit se constituer comme une organisation internationale et centralisée, comme un embryon de parti communiste, l'intervention doit être internationale et historique ce qui n'exclut pas, et même au contraire, favorise sa déclinaison indispensable aux plans immédiats et locaux en fonction des circonstances. Croire que l'intervention décidée, et donc que l'effort et même le combat politique pour sa réalisation ne sont que pour le parti de demain du fait de la faiblesse à la fois des luttes ouvrières et des forces militantes, de leur influence dans la classe – à quoi bon se mobiliser et fournir autant d'efforts pour diffuser quelques milliers tracts qui ne changeront rien à la situation puisque « personne ne nous lit » ? – tourne le dos aux responsabilités de l'avant-garde politique du prolétariat. À leur tour, ces réticences, hésitations, doutes – expressions d'une mauvaise compréhension du rôle de la conscience de classe dans la lutte des classes, en particulier expressions de concessions politiques aux visions anti-parti et a-politique propre au courant politique opportuniste que Lénine définissait comme « l'économisme », que nous qualifions aujourd'hui de « conseillisme » – viennent renforcer et aggraver le manque initial de conviction militante et l'affaiblir encore plus. C'est aussi sur ce plan que se manifeste « le danger du conseillisme » tel que l'avait défini le CCI dans les années 1980 (cf. Revue internationale 40 : La fonction des organisations révolutionnaires : le danger du conseillisme) et tel qu'il s'exerce au sein même du camp prolétarien et de ses organisations politiques. Dans ce sens, sur le plan de l'intervention « extérieure » tout comme sur le plan du fonctionnement « interne » – voir la première partie sur pourquoi un rapport ? – nous nous revendiquons d'une méthode de parti, y compris pour un tout petit groupe comme le nôtre. »

Les CI-K considèrent également :

« que la question du regroupement des révolutionnaires ne peut se poser que dans le cadre théorique et politique de la Gauche communiste et des partisans du rôle fondamental, indispensable, essentiel, crucial, du parti communiste comme avant-garde et direction politique du prolétariat. De ce fait, toute la mouvance "conseilliste" ne peut que s'opposer au processus vers la formation du parti et se faire objectivement le relais des thèmes idéologiques et politiques de la bourgeoisie. »

C’est également dire que la seule perspective de regroupement pour les CI-K, malgré les difficultés présentes d’ordre conflictuel, se veut actuellement la Tendance Communiste Internationaliste.

Il est également important pour nous de noter qu’en ce qui nous concerne, ce regroupement ne se veut aucunement opportuniste puisque, si on fait le bilan du rapport entre nos deux groupes, nous pouvons dire que nous nous répondons depuis bientôt 8 ans – dans les accords (interventions conjointes) et les critiques (la Contribution) – ; que nous partageons essentiellement les mêmes positions programmatiques (héritage italien, plateforme du CCI originelle) ; et que nous avons déjà su intervenir d’une seule voix par le passé. De même, malgré les divergences que nous avons pu avoir avec vous (certaines critiques de nos tracts, brochures, ou de façon plus importante nos errements politiques quant à la « Contribution »), nous sommes toujours restés liés, et nous avons continué de défendre l’esprit de la FGCI (notamment face à Internationalist Voice). Il nous semble donc logique voire indispensable de commencer avec vous un processus de discussion menant à notre propre regroupement, en vue d’intervenir plus efficacement à la fois au sein des luttes prolétariennes qu’en direction du camp prolétarien (CCI, TCI)!

Si vous êtes d’accord, nous pourrions mettre en place un premier plan de travail et un échéancier à cet égard, ainsi que les modalités dans lesquelles s’opéreront ces deux termes.

Fraternellement,
Les CI-K

Note : Une parenthèse à ce sujet, nous considérons qu’il y a toujours un véritable courant révolutionnaire dont la dénomination est Gauche Communiste, qui se revendique des apports programmatiques successifs issus des fractions de Gauche de la Troisième Internationale et qui pige ses racines à la fois dans la Gauche italienne et dans la Gauche Germano-Hollandaise, contrairement à la Tendance Communiste Internationaliste qui ne semble maintenant qu’endosser la dénomination « communiste internationaliste ».


vendredi 1 février 2013

Table ronde : « Un bilan de la grève étudiante »


Samedi 9 février 2013, 12h, Bar Le Jockey (1309 St-Zotique Est, Montréal, entre la rue Chambord et la rue de Lanaudière)
Lunch gratuit à 12h et table ronde à 13h.  Organisée par l'APAQ Rosemont Petite-Patrie.

Un membre des communistes internationalistes Klasbatalo (CIK) fera partie de la table ronde. Les CIK offriront sur place leur nouvelle brochure "Bilan: Lutte étudiante et assemblée de quartier".

lundi 21 janvier 2013

En Afrique, la France est le gendarme de l'Europe contre les USA et leurs acolytes


La Fraction de la Gauche Communiste Internationale a publié l’article ci-dessous avec lequel nous sommes en accord.
Les Communistes Internationalistes Klasbatalo
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Guerre au Mali,           

 En Afrique, la France est le gendarme de l'Europe contre les USA et leurs acolytes


L'intervention militaire de la France au Mali marque une étape importante dans l'évolution des relations entre les principales puissances impérialistes du monde. Cette guerre exprime l'aggravation brutale des rivalités impérialistes que la crise économique du capitalisme impose à toutes les bourgeoisies nationales. Incapable de résoudre les contradictions économiques de leur système, chaque capital national, chaque Etat, chaque bourgeoisie, est inévitablement jeté contre tous les autres dans une course effrénée et barbare pour sa propre  survie

 sur l'arène mondiale. La seule et unique « réponse » à la crise que le capitalisme puisse apporter est la perspective de la guerre impérialiste généralisée.

Les ouvriers, prolétaires et autres exploités, de France, d'Europe et d'ailleurs, auraient tort de se laisser convaincre, et surtout de se laisser entraîner, par l'argumentaire « humaniste » et « démocratique » d'une « guerre contre le terrorisme ». Les terroristes en question, les groupes islamistes, ont été créés et sont entretenus surtout par les grandes puissances depuis maintenant plusieurs décennies via les financements et autres appuis de pays comme l'Arabie Saoudite (qui, on peut en être certain, travaille pour Washington), l'Algérie, le Qatar et autres. Les « terroristes » et les barbares, ce sont les uns et les autres ! En matière de terrorisme, les grandes puissances impérialistes sont comme les pompiers pyromanes qui crient au feu après l'avoir mis !

En prenant l'initiative d'une intervention militaire au Mali au nom de « la guerre contre le terrorisme », l'impérialisme français reprend à son compte, et dans une autre situation, la politique américaine de Bush père et fils en Irak – initiative d'une guerre « morale » pour défendre leurs sordides intérêts impérialistes, en obligeant les principaux rivaux à se ranger derrière eux et à les soutenir. Fondamentalement, la France vise à profiter de l'affaiblissement actuel de la bourgeoisie américaine – au plan impérialiste et économique – pour regagner les positions qu'elle était en train de perdre en Afrique au profit justement des USA et d'autres puissances comme la Chine – cette dernière étant incapable d'intervenir militairement dans cette région. Outre les intérêts économiques directs – mainmise sur des ressources et richesses de cette région -, la bourgeoisie française vise aussi à poursuivre sa contre-offensive initiée par la guerre en Libye et à s'assurer ainsi d'un alignement généralisé des pays africains du pourtour méditerranéen à sa politique impérialiste. D'ores et déjà, elle semble atteindre certains de ses objectifs.
L'intervention au Mali est en train de contraindre l'Algérie à abandonner sa politique impérialiste autonome dans la région – elle "tolérait" jusqu'alors, pour ne pas dire qu'elle utilisait pour son propre compte, certains groupes islamistes – et à se ranger au côté de l'intervention française. L'autorisation de survol de son territoire par l'aviation française a marqué son lâchage des groupes islamistes. La réaction de ces derniers a été brutales et sanglantes – la prise d'otage à In Amenas – et a accéléré encore plus l'alignement de la bourgeoisie algérienne sur la politique française.
Les bourgeoisies américaines, anglaises et japonaises ne s'y sont pas trompées et la reprise sanglante par l'armée algérienne du site gazier leur a fourni l'occasion – une petite occasion – de manifester leur opposition à l'intervention française.

Mais la bourgeoisie française ne vise pas seulement à regagner le terrain perdu en Afrique subsaharienne et à consolider l'alignement des pays méditerranéens de l'Afrique du Nord autour de sa politique impérialiste... En défendant ses intérêts, elle défend aussi les intérêts des bourgeoisies de l'Europe « continentale » dont l'axe central est l'Allemagne. Cette dernière avec l'Italie, l'Espagne, la Belgique – pour n'en citer que les principaux pays – appuient politiquement et militairement l'intervention militaire française. Certes, il est vrai que la bourgeoisie française essaie aussi de renforcer son poids politique au sein de l'Union Européenne. Il est tout aussi vrai qu'elle essaie de rééquilibrer un peu en sa faveur la relation franco-allemande en utilisant son atout militaire unique en Europe et en poussant à une « défense européenne » dans laquelle elle ne pourrait avoir qu'un rôle primordial. Il n'en reste pas moins que le fait politique majeur est que les autres bourgeoisies européennes s'associent complètement à la bourgeoisie française dans l'affirmation impérialiste d'une Europe continentale contre ses rivaux – au premier chef les USA.
Tout comme le refus de ces pays de participer à la 2e guerre américaine en Irak en 2003, l'affirmation des intérêts impérialistes européens portés par la France sur le continent africain et dans le bassin méditerranéen, tout comme les discussions autour d'une défense européenne, marque un moment supplémentaire de la dynamique à la polarisation impérialiste autour de deux axes : l'un américain, l'autre germano-européen.

Pour les prolétaires, pour les ouvriers, il n'y a rien de bon dans cette dynamique d'affrontements impérialistes croissants : outre les guerres et les massacres, outre l'utilisation de la terreur et du terrorisme – les médias et spécialistes bourgeois n'ont de cesse de clamer qu'il va y avoir encore plus d'attentats et de prise d'otage, y compris au cœur même des principaux pays capitalistes –, la militarisation croissante et le développement de la production d'armement – la mise en place d'une « défense européenne » par exemple – viendront encore plus s'ajouter au fardeau de la crise du capitalisme que la classe ouvrière doit payer au prix d'une exploitation accrue et épuisante, du chômage et de la misère, de la répression et de la terreur d'Etat. Pour les prolétaires, rien de bon sinon la perspective de la guerre généralisée, de la barbarie tout azimut, et des sacrifices en tout genre jusqu'à l'ultime, celui de leur vie.

Qui est barbare et terroriste ? Le capitalisme. Aux prolétaires de s'y opposer en refusant les sacrifices de tout ordre afin d'en finir avec lui et d'établir leur propre pouvoir. Seule la révolution prolétarienne, la destruction de l'Etat capitaliste et l'exercice du pouvoir politique de la classe ouvrière, bref la guerre de classe contre la bourgeoisie terroriste et barbare, ouvrira la voie à une autre société sans misère et sans guerre : le communisme !

La FGCI, le 20 janvier 2013.

samedi 12 janvier 2013

Origines et conséquences de la crise actuelle : des solutions


Atelier et discussion organisés par l’APAQ Rosemont Petite-Patrie Patrie.

Le dimanche 20 janvier 2013 à 14h, à la librairie Raffin, 6330 rue St-Hubert, Montréal.

La présentation sera faite par un membre des communistes internationalistes Klasbatalo qui est aussi participant à l'APAQ Rosemont Petite-Patrie