mercredi 21 juillet 2010

Le SCRS visite des communistes internationalistes

Dans la nuit du jeudi 1er juillet 2010, un engin explosif a soufflé un centre de recrutement de l’armée canadienne, situé à Trois-Rivières. L’attentat revendiqué par un groupe obscur du nom de Résistance Internationaliste fait suite à deux autres attentats de la sorte perpétrés sur une période de 6 ans; le premier ayant été commis en 2004 sur un Pylône d’Hydro-Québec; et le deuxième, en 2006, avait fait exploser la voiture d’un porte-parole de l’industrie pétrolière.

Il y a en effet peu de groupes au Canada qui se revendiquent de l’internationalisme prolétarien, et encore moins portant l’épithète « internationaliste » – produit du marxisme le plus orthodoxe – au sein de leur nom. Les communistes internationalistes que nous sommes font donc partie de ce dernier lot. Nul besoin n’est de rappeler que deux et deux font quatre.

C’est ainsi que le 9 juillet passé, les Communistes Internationalistes (Montréal), alias Klasbatalo, ont reçu la visite de deux agents du Service Canadien de Renseignement et de Sécurité, l’agence de contre-espionnage fédérale qui est le pendant canadien de la CIA américaine. Les deux hommes sont venus expressément chez un de nos membres pour soutirer des informations concernant l’attentat perpétré par Résistance Internationaliste.

Comment se comporter dans ce genre de situations

Après avoir épluché les fichiers de la police secrète tsariste (l’Okhrana) suite à la Révolution Russe de 1917, Victor Serge avait publié son petit fascicule Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression. L’ouvrage se voulait une appréhension générale des méthodes employées par la police pour filer, intercepter, ficher, interroger, intimider, tout militant révolutionnaire susceptible de représenter une menace à l’ordre établi « car la défense capitaliste emploie partout les mêmes moyens ; car toutes les polices, d’ailleurs solidaires, se ressemblent. » (V. Serge). Il mettait ainsi à la disposition des révolutionnaires un guide pour contrer les tactiques policières.

Notre militant a su agir avec la circonspection nécessaire dans ce genre de situation : ne leur ouvrir aucune porte, ne rien laisser glisser dans la conversation, et feindre l’ignorance la plus crasse. Les deux agents du SCRS voulaient à la fois des informations concernant le groupe terroristes Résistance Internationaliste, et cherchaient également l’aide de notre militant pour identifier les groupes utilisant la violence. Un grand ménage au sein du gauchisme canadien, quoi!

Notre militant ne les a donc pas invités à rentrer chez lui, les laissant poireauter sur le seuil de la porte (seuil psychologique à laisser fermer). Les laisser entrer c’est ouvrir la porte à la discussion et à possiblement se mettre un pied dans la bouche. Il faut savoir que les enquêteurs de ce genre d’agences policières sont mieux formés que la plupart des révolutionnaires pour diriger subtilement une conversation. C’est donc tout simplement après leur avoir demandé s’ils avaient un dossier à son nom qu’il leur a clairement indiqué qu’il n’avait rien à dire et leur a refermé la porte au nez.

Même s’il s’agit d’un groupe à dénoncer, avec lequel il n’a rien en commun, qui est carrément ennemi (par exemple un groupe d’extrême-droite), un militant révolutionnaire ne doit pas collaborer avec la police. Ce n’est pas qu’une question de principe, c’est aussi sa propre sécurité personnelle qui est en cause; car ce qu’il pourra dire peut être sujet à interprétation et se retourner rapidement contre lui. La règle d’or demeure toujours le silence.

D’ailleurs, tout aussi récemment, lors des protestations entourant le G20, plusieurs jeunes militants ont fait les frais de l’intimidation policière. Pour le militant aux mains de la police, il est important de savoir qu’une méthode employée par ceux-ci est la menace : de viol, de sévices corporels, de meurtre (sic)!, vous seront aussi probablement confisqué, certains de vos effets personnels qui iront meubler les étagères de la bibliothèque d’un ou deux policiers, et donc que vous ne reverrez pas! La règle d’or demeure la même dans ces circonstances : si on vous le permet, communiquez immédiatement avec votre avocat et ne dites rien. Le moins d’interactions possible – le moins de faciès possible – face à la police vous permettra probablement de mieux vous en sortir que le militant qui jacasse, pleure, et semble terrorisé.

Tout militant devrait être prêt à faire face à ce genre de situations et savoir comment se comporter dans tel cas; car la voie révolutionnaire n’est pas un jeu : c’est un engagement de longue haleine qui se doit d’être conscient.

Concernant Résistance Internationaliste et le terrorisme en général

En premier lieu, mettons les choses en perspective : l’internationalisme est une appellation propre au mouvement révolutionnaire ouvrier issu du marxisme. L’internationalisme est une des pierres angulaires de la théorie marxiste qui reposent essentiellement sur l’unité de classe et la solidarité sans frontière… Contre les divisions nationales et corporatistes dans lesquelles le prolétariat est empêtré. Aussi, face aux conceptions bourgeoises de l’État et de la Nation, il oppose son parti de classe international et son programme internationaliste dont l’objectif est la révolution. Contre les guerres nationales, il oppose donc le défaitisme révolutionnaire et la guerre de classes.

En second lieu, précisons d’emblée que le marxisme orthodoxe a toujours rejeté le terrorisme et les intrigues politiques qui n’ont absolument rien à voir avec le défaitisme révolutionnaire et la guerre de classes : que ce soit la propagande par le fait des syndicalistes révolutionnaires du 19ème siècle, le banditisme anarchiste, ou les manipulations bakouniniennes au sein de la Première Internationale; pour les marxistes, pour les internationalistes donc, la révolution n’est pas l’affaire d’une poignée d’individus aux méthodes cryptiques qui prendraient dès lors en mains la patente révolutionnaire au nom d’une classe – dans un aventurisme fait d’intrigues et de manœuvres politiques – mais bien l’affaire d’une classe majoritaire guidée par les mots d’ordre de son parti révolutionnaire. Les internationalistes, catégorie d’individus appartenant au prolétariat dont la conscience de classe est la plus avancée, rejettent ipso facto les méthodes d’action terroristes.

Ainsi, Résistance Internationaliste, qui n’a d’internationaliste que le nom, utilise des méthodes étrangères au prolétariat. Le terrorisme est, et restera toujours, une expression de la bourgeoisie[1]. Le terroriste prend en otage autant les fractions de la bourgeoisie qui l’oppose que le prolétariat dans son ensemble. Son arme est la terreur, peu importe les victimes laissées derrières, toutes classes confondues.

Résistance Internationaliste utilise d’ailleurs deux termes qui s’opposent mutuellement : résistance et internationaliste. La résistance n’est pas le fait du prolétariat révolutionnaire. En effet, celui-ci n’a aucun intérêt dans la préservation du système en place. Il n’a rien à résister puisqu’il n’a jamais connu le moindre relent de communisme (ce système n’ayant historiquement jamais vu le jour); aussi, quel régime communiste aurait-il à défendre pour opposer sa soi-disant résistance contre l’ordre capitaliste? Nada.

Par ailleurs, résistance et terrorisme ont toujours fait bon ménage au sein des fractions petite-bourgeoises et déclassées, qui cherchent à préserver leur avoir, leur propriété, leur richesse, leur capital. Il est une arme des rivalités impérialistes. Les attentats de Résistance Internationaliste ne font en rien progresser la conscience de classe du prolétariat vers l’aboutissement révolutionnaire. Au contraire! Il sème la confusion programmatique au sein de notre classe; sème la peur; et menace nos vies par des actes douteux.

Résistance Internationaliste fait tout simplement le jeu de la police et de la répression étatique. Le terrorisme ou les actions minoritaires armées ne servent en bout de ligne que les intérêts de la bourgeoisie.

Camarades prolétaires, travaillez à former votre parti de classe internationaliste!

Des Communistes Internationalistes, Montréal. Le 21 juillet 2010


[1] Sur le terrorisme d’État, lire l’excellent article d’août 2005 de la Fraction Interne du Courant Communiste Internationale Terrorisme, anti-terrorisme : instruments de la bourgeoisie dans sa marche à la guerre, en particulier la partie Le terrorisme une arme de guerre de la bourgeoisie.

lundi 12 juillet 2010

Lettre à la FICCI

La Fraction Interne du Courant Communiste International (FICCI) a connu une scission en 2009. Une minorité de ses militants, la Fraction de la Gauche Communiste International (FGCI) continue de se revendiquer pleinement des positions et orientations politiques fondamentales de la FICCI. Quant à la majorité de la FICCI, il lui paraît faux aujourd'hui entre autres de maintenir le projet de « redresser le CCI » et de prétendre vouloir le réintégrer dans cet objectif.

Nous publions une lettre de la FICCI et notre réponse à cette lettre.

Bulletin communiste

Aux CIM

Camarades,

Nous n'avons pas de nouvelles de votre part depuis un bon moment et nous sommes un peu inquiets à votre propos.

Vous savez sans doute que les camarades … ont coupé tout contact avec nous depuis plusieurs mois et, pour notre part (…), nous poursuivons notre travail de bilan et de réflexion sur les causes profondes de la crise que connaissent tous les groupes se revendiquant de la Gauche communiste.

Cette crise se manifeste par une tendance très marquée à l'éparpillement, aux ruptures et rejet des autres, au refus d'aller au fond des désaccords, etc. Le question ici n'est pas tellement de stigmatiser tel ou tel camarade ou groupe de camarades : la question est de faire le bilan, notamment de notre fraction, dans le cadre précisément de cette crise globale de la Gauche.

Face à cette tendance centrifuge au sein du camp prolétarien qui pousse de plus en plus les groupes et individus à oublier ce qui les rapproche pour insister sur les plus petits désaccords (sans vouloir réellement en débattre, de plus) il nous semble que l'urgence du moment est de comprendre le pourquoi de cette dynamique afin de la combattre le plus efficacement possible. D'autant que la situation sociale devient de plus en plus dure pour notre classe.

Faire le lien entre le très faible (voir l'absence) écho que l'ensemble des groupes prolétariens ont et ont eu dans la classe depuis plusieurs décennies d'un côté et, de l'autre côté, l'évaluation du rapport de forces entre les classes dans cette même période est sans doute une des pistes de réflexion. La compréhension de la crise économique que connaît le capitalisme et, surtout, le lien entre cette crise et les réactions de notre classe en est une autre. Nous ne parlons de cela que pour illustrer le fait que l'objectif du regroupement des forces révolutionnaires passe par un bilan profond des dernières années.

Il nous paraît faux aujourd'hui (par exemple et simplement à titre indicatif) de maintenir le projet de « redresser le CCI » et de prétendre vouloir le réintégrer dans cet objectif, comme le maintiennent les camarades minoritaires de la Fraction (ce qui a motivé notre « mise à l'écart »), alors :

* que le BIPR (maintenant TCI) connaît le même type de difficultés que les autres courants de la GC (exclusions/séparations dans la confusion...),

* que le PCI (le prolétaire) semble mal en point lui aussi (pas de réunion publique en France depuis des mois, presse très irrégulière, etc.)

*que vous-mêmes avez des difficultés au point de réorienter vos activités,

* que la scission au sein de notre Fraction repose pour l'essentiel, sur l'incapacité à poser et à débattre de divergences

Nous travaillons avec plusieurs camarades et groupements partageant les mêmes préoccupations, (par exemple, « Controverses » [http://www.leftcommunism.org], l'Institut O. Damen [http://www.istitutoonoratodamen.it] dont nous vous recommandons les lectures) sur l'ensemble de ces pistes et il nous semble que c'est la seule voie valable aujourd'hui. Ce n'est certes pas la plus « simple », la plus « rapide », la plus facile ; mais néanmoins c'est la voie incontournable dans la période présente, et en particulier si on cherche véritablement à s'engager dans un travail de regroupement des forces communistes autour de bases politiques saines et claires.

Autre chose ; lors des derniers mails que vous nous avez envoyés, vous parliez de vous investir « prioritairement dans un journal d'intervention ». Nous vous avons déjà donné notre avis sur ce sujet, à savoir que nous craignons qu'il y ait dans cette dynamique, une fuite en avant promise à l'échec et au découragement. Nous maintenons ce point de vue et nous regrettons que vous n'ayez pas poursuivi selon l'orientation que nous avions discutée lors de notre rencontre avec un de vos camarades l'été dernier lors de son passage à Paris. Ce camarade mettait en avant le fait que l'appréciation de la lutte de classe que faisait alors la Fraction n'était pas juste. Votre camarade a dû vous dire que nous l'avions encouragé (…) à aller plutôt dans ce sens et à approfondir la discussion sur ce sujet (et d'autres).

Aujourd'hui, nous regrettons d'autant plus fortement le fait que vous n'ayez pas été en mesure de donner suite à cette affirmation ; la question mérite d'être débattue, et commence à être d'ailleurs débattue, vous auriez toute votre place dans ce débat.

Le bilan que nous avons engagé concernant le travail de la Fraction nous a également conduit, malheureusement, à constater que, dans nos relations avec vous, jamais une véritable discussion politique et théorique n'a pu être menée, jamais un échange de points de vue sur la situation par exemple n'a pu être développé, tandis que le centre de nos relations reposait sur des questions plus secondaires (la mise en oeuvre d'un « bulletin de discussion »...).

Ainsi les priorités, du point de vue de la classe ouvrière, les besoins de la situation, ont été mal appréciés et la Fraction porte une immense responsabilité dans cette incapacité à appréhender correctement les priorités de l'heure.

Nous aurions, ainsi, de nombreuses réflexions à vous soumettre, à vous faire partager. Notre message est déjà long. Nous souhaitons recueillir votre avis sur ces quelques éléments. Nous espérons que vous n'aurez pas tout à fait renoncé à toute réflexion collective ou à tout échange entre nous.

Nous vous adressons nos meilleurs encouragements dans la voie que vous avez choisis de suivre, choix que nous respectons.

Soyez assurés de nos plus fraternelles salutations.

Bulletin communiste

Le 30 mai 2010

À la FICCI, 21 Juin 2010

Bonjour camarades,

Nous sommes toujours très heureux d’avoir de vos nouvelles même si nous avons cependant quelques difficultés à vous répondre avec assiduité. Il ne s’agit pas d’un désintérêt ou de négligence de notre part : c’est plutôt le temps qui n’est pas toujours de note côté. Comme vous le savez, nous sommes peu nombreux, et les dernières semaines nous ont vues monopoliser nos énergies à préparer notre présence au Salon du Livre Anarchiste de Montréal. Bien que nous ne partageons pas ce courant politique, il est toujours intéressant d’y mettre les pieds pour faire des contacts, échanger des idées, défendre le marxisme.

Maintenant – et pour vous rassurer – nous avons abandonné l’idée d’un journal d’intervention. En effet, nous nous sommes heurtés dès le départ aux difficultés logistiques et techniques d’un tel projet. Nous pensons toujours que l’idée est pertinente mais pas avec le peu de forces qui composent notre groupe. C’est que notre priorité n’est pas uniquement de débattre avec les diverses organisations issues de la GC ; en effet, nous souhaitons aussi intervenir le plus « activement » possible au sein de notre classe[1]. Bien sûr, nous sommes conscients que de mener le débat avec d’autres groupes fait partie d’un débat plus large au sein de notre classe. Cependant, ce débat doit aussi être porté directement vers la classe, et pas seulement aux organisations dont elle s’est dotée. Nous avons malheureusement l’impression de voir la plupart des groupes, qui se revendiquent de l’héritage Gauche Communiste, sombrer dans le sectarisme le plus bête. Nous ne souhaitons pas une secte pour le prolétariat, mais bien un parti !

Aussi, nous partageons entièrement vos soucis concernant la situation dans laquelle semble empêtrer notre courant et aimerions remédier à cet état de fait. Nous sommes donc d’accord lorsque vous affirmez que : « Il nous paraît faux aujourd’hui (par exemple et simplement à titre indicatif) de maintenir le projet de « redresser le CCI » et de prétendre vouloir le réintégrer dans cet objectif, comme le maintiennent les camarades minoritaires de la Fraction (ce qui a motivé notre « mise à l’écart ). Le problème réside plutôt dans le moyen de s’y appliquer et si ça en vaut la peine. En effet, nous pensons que ce n’est plus en vous comportant en Fraction que vous aiderez le CCI à sortir de son impasse et même tout un courant opportuniste et sectaire de la Gauche communiste. Peut-être vaut-il mieux arracher le plus de membres possibles, des membres qui sont encore un tant soit peu lucides et dynamiques, à cette organisation, le CCI, plutôt que tenter de lui redonner vie ; car après dix années à se débattre sans voir poindre le moindre changement majeur, mieux vaut adopter une autre tactique. En effet, non seulement la Fraction Interne est-elle toujours restée Externe ; mais qui plus est, ce marasme politique auquel on vous a affecté – dans lequel vous avez été « obligé », par la force des choses de tremper, en tant que Fraction – depuis une décennie n’a certes pas aider votre groupe a y voir plus clair. De fait, vous connaissez vous-même, aujourd’hui, une scission. Quand un malheur n’arrive pas seul!

Ainsi, comme plusieurs autres groupes présentement – et malgré les critiques qu’elle a fait sur l’absence de réelles discussions à l’intérieur du CCI – la Fraction a malheureusement donné un exemple pathétique qu’elle n’est pas en mesure de faire mieux pour exprimer ses divergences. Cela ajoute un élément de confusion de plus pour notre classe.

Nous pensons qu’il est toujours nécessaire de critiquer certaines des positions politiques et organisationnelles du CCI tel qu’il est présentement ; mais le CCI n’a pas l’apanage des erreurs, des reculs politiques, de l’opportunisme, du sectarisme et des difficultés internes. La preuve réside entres autres dans la politique de « sourde oreille » que la TCI pratique à notre égard et, pour vous citer, dans les « exclusions/séparations dans la confusion » qu’il connaît présentement. Ces critiques et le bilan que vous devez faire de la FICCI s’avèrent donc nécessaires pour l’ensemble des organisations issues de la Gauche Communiste. Aussi, nous sommes impatients de vous lire à ce sujet.

La TCI comme pôle de regroupement

À présent, nous sommes curieux de connaître votre position à ce sujet : considérez-vous toujours le TCI comme un pôle de regroupement ?

Rappelons d’abord que le BIPR – devenu la TCI – n’a jamais voulu se considérer comme un pôle de regroupement des groupes et/ou des individus issus de la GC, et est même critique quant à l’emploi de ce terme. Aussi, même si nous sommes toujours prêts à travailler politiquement avec celle-ci, nous ne considérons pas qu’elle soit ce pôle de regroupement que vous souhaitiez tant par le passé. Bien que nous sachions qu’il s’agit de l’organisation contenant numériquement le plus de membres, cela n’implique aucunement que son programme soit le plus juste pour notre classe, et qu’elle fasse moins d’erreurs politiques. D’ailleurs, et contrairement au CCI qui expose tous ses psychodrames devant l’ensemble de la classe, la TCI semble plutôt mener des politiques de silences et de secrets. Pour nous, le pôle de regroupement (alias l’embryon du futur parti internationaliste) se doit de mener une politique claire en portant les débats devant la classe, peu importe les erreurs ou défaites qu’il accumule. En ce sens, le CCI du temps de Chirik nous semble plus honnête. Comment un soi-disant pôle de regroupement (TCI) peut-il taire la perte de certains de ses membres en Italie sans que cela ne paraisse dans sa presse [2]? Comment peut-elle garder le silence à ce sujet quant elle se doit d’exposer la situation devant la classe pour éviter tout élément de confusion et garder le programme prolétarien clair et libre de tout malentendu ? Et que dire encore une fois du silence public de tous les affiliés de la TCI sur le comportement opportuniste du GIO.[3] Ses politiques de « mise au point » à notre égard reflètent cette tendance de « faire taire » tout ce qui pourrait ternir son image. Ceci n’est pas de l’amertume, c’est un triste constat. Son attitude sectaire vis-à-vis un groupe autrichien est tout aussi critiquable.

Diffusion commune FICCI, CIM et FGCI et discussions politiques

Vous n’étiez pas d’accord avec le contenu du tract Le prolétariat de Grèce nous montre le chemin ! Quelle est la raison ?

En ce qui nous concerne, nous trouvions que l’absence d’appel au Parti prolétarien – guide de la lutte de classe au-delà des simples revendications économiques dans le cadre du capitalisme – était un grave manque. Cela ne nous a pas empêché de le diffuser largement (2600 copies). Pourtant, dans le tract Les enjeux des luttes en Grèce, que vous avez signé avec d’autres groupes, il y a la même absence sur le parti international. D’ailleurs, il serait intéressant de savoir le nombre copies que ces groupes ont diffusé, ou était-ce seulement de la diffusion via internet ?

Concernant les discussions envisagées entre nous et la FICCI, sur le capitalisme d’État et l’évaluation de la lutte de classes actuelle, mises de l’avant par l’un de nous à Paris, il faut dire que les CIM n’ont jamais entériné cette proposition de discussion. Par le passé, les échanges entre nous et la FICCI monopolisaient jusqu’à 70% de notre temps. Nous avons dû pointilleusement peser chaque mot afin de ne pas recevoir d’épitaphe gauchiste. Cela nous a fait négliger nos propres débats quant à une éventuelle plateforme, de même que nos échanges avec d’autres groupes issus de la GC.

Camarades, nous ne sommes pas contre les échanges politiques avec d’autres organisations issues de la GC ; mais le fait est que nous sommes un très petit groupe qui n’a pas le passé politique de la FICCI, du CCI et de la TCI. Il faut savoir admettre que tous les groupes de la GC ne sont pas formés au même niveau. La dialectique est d’ailleurs la principale force du marxisme. De plus, les organisations politiques ne sont pas toute composées de militants expérimentés ou qui peuvent mettre jusqu’à 100% de leur temps dans le militantisme: en effet, à l’intérieur même d’une organisation, il peut y avoir des militants qui travaillent jusqu’à près de 60 heures/semaines, un travail qui peut s’avérer plus souvent qu’autrement épuisant physiquement et intellectuellement. C’est le cas pour nous actuellement. Comme nous n’en sommes pas malheureusement dans une conjoncture (par une montée des luttes générales de la classe prolétarienne), où les militants seraient appelés à mettre beaucoup plus de temps. Pour le petit groupe que nous sommes, il est important que tous puissent participer aux efforts politiques. Cela explique en partie le retard de nos réponses ; ajoutons à cela le fait que nous ne sommes pas des militants de la GC depuis plusieurs années.

Nous avons aussi l’intention de mettre sur notre blog à l’automne, un espace pour des points de vue divergents à l’intérieur des CIM, non pas parce qu’il y a danger de scission mais plutôt pour la prévenir et donner un moyen d’expression à un point de vue minoritaire s’il y en a un.

L’extrait suivant de l’article Il est minuit dans la Gauche Communiste de la revue Controverses avril 2010 nous a inspiré cette idée.

1-…alors que durant une période d’existence deux fois plus courte (1903-21), les Bolcheviks ont été traversés par une multitude de tendances et de fractions (celles-ci ayant positivement animé leur vie politique car ayant pu librement disposer des moyens matériels pour défendre leurs positions, dans le parti et publiquement, y compris au travers de structures organisationnelles propres).

Maintenant, peut-être êtes-vous en mesure de nous dire plus précisément si la GC depuis 40 ans a eu une influence importante dans une quelconque lutte de la classe ouvrière ? Peut être à l’usine de Fiat de Pomigliano en Italie…

En attendant une réponse de votre part,

Fraternellement,

Des communistes internationalistes, Montréal.


[1] Suite à des échanges avec des travailleurs et de travailleuses d’un hôpital qui ont mis en place un un comité de mobilisations, nous mettrons bientôt un texte sur notre blog.

[2] Quelques jours après avoir écrit ces lignes nous avons trouvé sur le site du TCI sa réponse en anglais : the « Istituto Onorato Damen » A Small Clarification à l’article Point à la ligne de l’Institut Onorato Damien.

[3] Bien évidemment nous saluons cette parution [Du nationalisme à l’internationalisme], d'abord parce que c'est une voix de la Gauche Communiste qui s'exprime face à la classe, mais aussi parce que cette brochure est, du point de vue méthode, un exemple de rupture politique, pleinement assumée, avec un courant de l'extrême-gauche du capital, ce qui n'a pas été réellement fait par certains (suivez mon regard) et qui finit par se payer d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre.

Pour la Fraction, Jonas 13 mars 2008

Note des cim : Le regard de Jonas se porte sur un militant de longue date du GIO.

mardi 22 juin 2010

Comité de mobilisation de travailleurs et de travailleuses d’un hôpital

Nous publions de larges extraits de différents textes d’un comité de mobilisation de travailleurs et de travailleuses d’un hôpital de la région de Montréal (Note). Même s’ils ont encore quelques illusions vis-à-vis du syndicat (Ils en ont payé le prix d’ailleurs comme nous le verront plus bas), ces travailleurs et travailleuses ont décidé de former un comité de mobilisation s'adressant à l'ensemble des prolétaires à l'intérieur de l’hôpital en allant au-delà des divisions syndicales. Leur action vise d'abord à créer un espace où discuter de leurs conditions de travail. La politique de terrain, ou, en d'autres termes, l’organisation politique des travailleurs eux-mêmes dans leur milieu, rend possible, selon eux une prise de conscience collective de leurs conditions et des possibilités qu’ils aient de les modifier.

Dans un tract diffusé le 1er mai sur leur lieu de travail ils décrivent bien l’état d’esclavage salarié qui est le leur :

« …En effet, une vision globale des offres patronales indique clairement une diminution de la qualité de vie des employés du système de santé public. En réalité, l’employé de l’État ne devient ni plus ni moins qu’un prisonnier du système, puisqu’un horaire de travail normal sera de sept jours par semaine au lieu de cinq et de douze heures par jour au lieu de huit. De plus, l’employeur peut établir un étalement des heures sur une base trimestrielle plutôt qu'hebdomadaire, ce qui veut dire qu’un employé pourrait se trouver à travailler 20 heures la première semaine, 15 la seconde, 45 la troisième et ainsi de suite. La comptabilisation des heures sera effectuée au bout de trois mois et une compensation sera peut être offerte à l’employé s’il y a surplus d’heures. Les gestionnaires des établissements de santé peuvent aussi décider de payer les congés fériés au lieu de les accorder s’ils croient ne pas pouvoir remplacer le travailleur. Et tout ceci sans compter que le gouvernement désire aussi réduire les journées de maladie…

…Il ne fait aucun doute que l’application de ces offres patronales, comme la disparition des primes de TS, vont augmenter la pénurie et précipiter bon nombre de travailleurs de la santé dans le secteur privé. À long terme, le gouvernement s’assure donc de mettre le système public assez à genoux pour justifier le passage à une gestion privée. Car si le gouvernement admet que le recours aux agences privées dans le domaine de la santé est un problème, il refuse toutefois de prendre la moindre mesure légale pour réduire leur utilisation. Pire, au lieu de tenter de rendre les conditions des travailleurs de la santé compétitives pour favoriser la rétention de personnel dans le public, il s’emploie à augmenter tous les problèmes déjà présents dans nos milieux de travail…

Et ils concluent leur tract de façon mobilisatrice en s’adressant à l’ensemble des travailleurs et travailleuses de l’hôpital:

«… Nous savons que rester passifs en ce moment, c’est accepter une dégradation continuelle de nos conditions de travail et la fin de l’universalité de notre système de santé. Pour ceux et celles qui se sont battus dans les dernières décennies pour un système de santé public et des conditions de travail tolérables, ainsi que pour les futures générations d'infirmières, il est de notre responsabilité de réagir.

Prenons les moyens nécessaires pour gagner : personne ne nous mènera quelque part sauf nous tous. Notre solidarité démontrera notre force. C’est mathématique, 50 000 personnes seront toujours plus fortes que quelques dirigeants…

…C’est pourquoi nous vous invitons à vous rassembler ici, à l’intérieur de l’hôpital de Verdun, toutes catégories d’emploi confondues. »

Leur première réunion ouverte à tous, (ils ont même invité les représentants des différents syndicats FIQ et CSN) a été perturbé par la présence de ces derniers et lors de la deuxième rencontre et par après ils ont pu constater que les ressources humaines de l’hôpital et les syndicats locaux s'entendaient bien pour ne pas tolérer d'initiative politique de la part des travailleurs en allant jusqu’à les menacer d’envoyer la sécurité pour saborder les réunions futures. Ils dénoncent aussi le manque de démocratie lors des assemblées syndicales.

Voici des extraits d’une lettre ouverte adressée aux syndicaux locaux FIQ et CSN suite à leur opposition à la création d’un comité de travailleurs.

« Le 24 mai, la première réunion du comité de mobilisation s'est tenue dans la salle de repos au sous-sol. Quelques employés de l'entretien sont présents pour cette rencontre initiale. Lors de notre mobilisation et durant cette réunion, plusieurs travailleurs ont manifesté qu'une telle initiative répondait à un réel besoin et ont montré de l'enthousiasme à ce que «quelque chose» se passe enfin, peu importe qu’il soit amorcé par le syndicat ou par des collègues. Cependant, l'ambiance change lors de l'arrivée des représentants syndicaux. Nous tenons particulièrement à déplorer l'attitude d'intimidation manifestée par 3 représentants de la CSN, dont Guignard Elina et Denise Provost, qui ont refusé de s'asseoir même après que nous leur en avions explicitement fait la demande, en spécifiant que nous trouvions intimidant qu'ils soient debout alors que tous les travailleurs étaient assis. Ils ont de plus ignoré les tours de parole, interrompant les autres ou chuchotant entre eux pendant que d'autres parlaient. Peu importe leurs arguments contre ce comité de mobilisation, ce manque de respect n'a pas sa place dans un débat politique.

La réunion du 24 mai s'est résumée à une réponse aux critiques des représentants syndicaux sur notre ordre du jour qu'ils ont interprété comme une tentative d'imposer des moyens de pression. À ce sujet, ils ont affirmé que des employés revendicateurs qui agiraient selon une décision du comité de mobilisation ne pourraient pas bénéficier de leur protection syndicale. En fait, plusieurs points à l'ordre du jour, tel que celui sur le front commun, avaient comme but premier d'informer les gens, par exemple sur le déroulement des négociations et de favoriser la réflexion collective à ce sujet. Enfin, le syndicat affirme qu'en tant que seul représentant légal des employés, il est le seul à pouvoir initier une réflexion sur les conditions de travail.

Pour un retour à une démocratie participative

L'objectif du comité de mobilisation était purement l'inverse de l'imposition de moyens de pression. Nous voulions offrir un espace de dialogue entre travailleurs afin de débattre de propositions sur les façons de rendre notre travail moins pénible. Lors des dernières assemblées syndicales spéciales FIQ, les idées originales et les critiques des travailleurs n'ont eu aucun impact sur la formule déjà toute faite de moyens de pression que nous devions accepter ou refuser, mais visiblement pas modifier…

…le 25 mai, le responsable des relations de travail des ressources humaines contacte Ariane Bouchard pour lui dire que les réunions entre employés à l'intérieur de l'hôpital sont illégales et que seul le syndicat peut représenter les employés auprès des patrons. Monsieur Poirier, des ressources humaines, tient à défendre la légitimité du syndicat et évoque même la loi sur le maraudage syndical. Il n'hésite pas à ajouter qu'en cas de réunion, la sécurité expulsera les travailleurs présents.

Force est de constater que les ressources humaines et nos syndicats locaux s'entendent sur les raisons de ne pas tolérer d'initiative politique de la part des travailleurs….

…À la suite des discussions avec bon nombre de travailleurs, nous ne pouvons que faire le constat suivant : il existe une déception généralisée face au travail du syndicat, voire une perte totale de confiance dans certains cas…

un premier pas à franchir est de rétablir l’espace du lieu de travail comme endroit où il est possible de parler de nos conditions, où l’information circule autrement que sur papier, où la réflexion peut se faire collectivement à tout moment et non pas exclusivement pendant les assemblées syndicales. À noter : lors de nos différentes tournées des unités, personne, même dans un contexte global de surcharge de travail, n’a refusé de discuter avec nous. Au contraire, plusieurs ont salué notre initiative et nous ont encouragé à continuer même sans l'appui du syndicat. »

Malgré ces menaces ils maintiennent leur objectif de base de politiser leur lieu de travail et d'encourager la réflexion critique et collective sur les enjeux du système de santé. Ils continueront dans cette voie, avec ou sans le syndicat, tant que les travailleurs seront en accord avec leur démarche.

Dans toute lutte ouvrière, la mise en place de tels comités de mobilisation est un des éléments importants qui peut empêcher le sabotage syndical. Dans le contexte actuel de crise économique, seule une riposte massive internationale des prolétaires pourra faire reculer non seulement l’État québécois mais tous les États. Les mesures du budget Charest ne sont pas uniques, elles sont communes à un très grand nombre d’États.

La solidarité entre les travailleurs et travailleuses pour contrer les divisions syndicales dans un même lieu de travail est un premier pas mais cette lutte doit s’élargir à l’ensemble des travailleurs du secteur public et du privé.

L'ensemble de la classe capitaliste internationale se doit de faire payer sa crise au prolétariat, dans tous les secteurs, publics et privés, actifs, chômeurs et retraités, et dans tous les pays, sur tous les continents, de la périphérie du capitalisme jusqu'en son centre. Aucun d'entre nous n'y échappera. N'ayons aucune illusion ! Partout, aujourd’hui les prolétaires doivent refuser les sacrifices énormes que leur impose la bourgeoisie pour que, demain, ils aient la force de supprimer cette classe et son système barbare.

Les Communistes Internationalistes de Montréal Le 18 juin 2010.


Note : Nous vous invitons à consulter leur blog : http://mobilisationverdun.blogspot.com/

lundi 14 juin 2010

Une journée de débrayage corporatiste qui ridiculise l’arme de la grève

Débrayage d’enseignantes et d’enseignants le 8 juin 2010

Les enseignantes et enseignants ont des classes surchargées, l’intégration d’élèvesayant des troubles d’apprentissage dans les classes régulières rend leur tâche très difficile, à l’éducation des adultes, des profs sont précaires depuis 5, 10 et même 15 ans. Au secteur public la tâche des autres prolétaires est aussi semblable. Les infirmières et infirmiers, par exemple, sont obligés de faire du temps supplémentaire. Le nombre de patients qui leur est alloué particulièrement la nuit est beaucoup trop élevé.

On se souviendra, qu’en 2004, l’actuel président de la FAE, le pantin St-Germain, alors qu’il était président de l’Alliance des profs se bornait à dire aux profs d’appeler les pompiers pour des raisons de sécurité si leur classe était surchargée. Maintenant c’est lui-même et les syndicats qui éteignent un élargissement de la lutte par une grèvette isolée des autres travailleurs. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a donc réussi à faire voter une grèvette d’une journée qui a eu lieu le 8 juin dernier. Lors de cette journée, les profs étaient cantonnés devant leurs écoles et centres complètement isolés des autres travailleuses et travailleurs. Ce n’était pas un exemple de courage mais plutôt du pire corporatisme. Cette action corporative a ridiculisé l’arme de la grève. Une manif défouloir a eu lieu lors de la journée.

Avant cette grèvette, le syndicat a infantilisé les profs avec des moyens de pressions comme passer dix minutes en dehors de l’école en sifflant. Pour aveugler lesenseignantes et enseignants, la FAE veut faire croire que l’État va reculer avec des gestes ridicules comme grignoter des céleris, porter des lunettes noires avec le iPod branché sur les oreilles et autres syndicaleries pendant les réunions avec la direction. Les autres syndicaleries sont sur : http://www.failqc.com/wp-content/uploads/2010/06/liste.pdf. Un des clowns de FAE, Armand Dubois s’est senti obligé d’avouer que peu de membres ont suivi ces suggestions.

La toute aussi corporatiste Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec a trouvé quant à elle que faire du camping devant le Parlement serait un bon moyen « d’atteindre ses priorités ». Elle aussi isole les prolétaires des autres secteurs.

On voit bien encore une fois comment les syndicats usent de leur pouvoir pour diviser les prolétaires même s’ils ont des revendications semblables.

Les syndicats de la FAE ont quitté la CSQ, non parce que c’était et c’est une centrale qui vend ses membres à l’État comme le prouve la récente entente, mais ils ont quitté pour des raisons purement corporatives. La FAE isole les enseignantes et enseignants de tout l’ensemble du secteur public. En cela elle n’est pas différente des autres syndicats, chacun cherche à tirer la couverte de son côté. C’est quel syndicat qui signerait une entente bidon le plus tôt possible avant juillet.

Les mesures d’austérité du dernier budget Charest touche tous les prolétaires, secteur public et privé. Seule une action massive pourra faire reculer l’État. Il est impossible d’y faire face, isolé dans des commissions scolaires ou des hôpitaux. Lutter massivement est la seule façon de ne pas être écrasé. Les grèvettes d’une journée ou deux, secteur par secteur ne peuvent mener qu’à la défaite.

L’arme de la grève est utilisée par les syndicats pour leur donner de la crédibilité face à l’État. Ainsi ils montrent qu’ils ont bien en main leurs membres tout en étant un défouloir pour les plus combatifs. Une journée de grève c’est une perte totale qui n’a aucun impact sur l’État sauf pour les boss syndicaux parce que ça justifie leur existence parasitaire.

Depuis des années les actions de sabotages des luttes par les syndicats ont permis à différents gouvernements de passer des décrets ou d’imposer le statut quo. Dans le contexte actuel de crise économique, seule une riposte massive des prolétaires peut faire reculer les États. La lutte des prolétaires grecs en est un exemple mais les syndicats veillant au grain ont réussi à diviser, empêchant une grève générale illimitée et mettant de l’avant des grèves secteur par secteur avec des grèvettes d’un jour.

Une grève générale des travailleuses et des travailleurs du secteur public, contrôlée par les prolétaires eux-mêmes c’est :

- Informer les prolétaires par un tract appellant à l’élargissement de la lutte;

- Ne pas rester isolés mais appeler à l’élargissement de la grève à d’autres secteurs tant public que privé ;

- Faire régulièrement des assemblées contrôlées par les prolétaires et non par le syndicat.

Ces luttes ne doivent pas être menées par des bureaucrates mais par des travailleuses et des travailleurs, élues et révocables en tout temps, membres de comité de grève ou de mobilisation, et devant rendre des comptes lors des assemblées.

Un militant des communistes internationalistes de Montréal

lundi 7 juin 2010

Rééditions de brochures


Nous avons tenu une table d’information lors du salon du livre anarchiste de Montréal les 29 et 30 mai 2010. À cette occasion, nous avons réédité des brochures du « vieux » Courant Communiste International (CCI). Tous ces textes et brochures ont paru avant 2001.
Nous n’avons pas diffusé des textes et brochures de la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) étant donné le diktat de sa mise au point sectaire d’avril 2009 : « nous avisons ces derniers [les CIM] que nous souhaitons fortement que dans ces conditions, ils cessent immédiatement la diffusion publique du matériel du BIPR et de l’ensemble de ses sections. »
L’ajout suivant a été mis dans chaque brochure : « Les Communistes Internationalistes de Montréal (CIM) n’ont aucun lien organisationnel avec le Courant Communiste International et ne partagent pas toutes ses positions politiques. »
Ces brochures sont :
Les syndicats contre la classe ouvrière 2$
Un ensemble de trois textes : 1$
- Anarchisme et communisme du CCI en 2000
- Lettre de la Fraction de la Gauche Communiste Internationale (FGCI) à un représentant du Grupo Socialista Libertario (GSL) du Mexique, organisation qui se revendique l'anarchisme en 2010.
- Réponse à l’action des groupes gauchistes le 1er mai 2008 par les CIM.
La Gauche communiste et la continuation du marxisme 0,50$.

samedi 15 mai 2010

Résistance contre les mesures de crise au Canada

La situation engendrée par la crise a amené l'Etat québécois à de très nombreuses augmentations tarifaires: frais de scolarité, coût de l'essence en général et permission aux villes de Montréal et de Québec d'une hausse de 1,5 cents par litre, tarif d'électricité, frais en santé plus possiblement un ticket modérateur à venir en santé l'an prochain augmentation de la TVQ et de multiples coupures Les offres étatiques aux travailleurs du secteur public sont quant à elles très en deçà des demandes syndicales.

Il en est résulté une grande résistance des prolétaires qui est apparu lors de plusieurs manifestations.

-Manif des travailleurs du secteur public le 20 mars: 75 000 personnes à Montréal

-Marche des travailleurs de Shell contre la fermeture le 22 mars: 600 personnes

-Manif contre la hausse de tarification le 1er avril: 15 000 personnes à Montréal

Les organisateurs de cette dernière manif, une coalition de groupes syndicaux, chômeurs, assistés sociaux, étudiants et groupes religieux attendaient 5000 personnes.

-Manif à Québec de 50 000 personnes, manif organisé par une radio poubelle et des hommes d'affaires. Cette manif se voulait "apolitique". La bourgeoisie se rend compte de la résistance accrue des prolétaires et encadre très bien les manifs avec les syndicats.

Il y a eu aussi plusieurs petites manifestations depuis la fin mars dans plusieurs petites villes.

Les syndicats tentent de restreindre cet élan de résistance en reportant la lutte à l’automne.

Les CIM ont diffusé 2400 tracts Le prolétariat de Grèce nous montre le chemin ! dans les 3 premières et dans les manifs dans le cadre du 1er mai à Longueuil, Valleyfield et Montréal. Les tracts ont très bien accueillis, on nous en demandait des copies supplémentaires. À Montréal, le 1er mai, la déclaration de la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) a aussi été distribué : La crise mondiale du capitalisme Organisons la riposte !

Ailleurs au Canada, il y a eu une grève d’une journée des employés de la fonction publique de l'Ontario (Ontario Public Service Employees Union (OPSEU) le 12 mars, 33000 grévistes dont une grande partie des travailleurs sont les répartiteurs d'ambulances, des techniciens de laboratoire et les travailleurs de traitement d'eau. Ils leur est interdit de faire la grève parce que leur travail est considéré comme un service essentiel. Les luttes concernent la sécurité d’emploi, la retraite et les salaires. C’est l’une des plus grandes grèves dans l’histoire de la province d’Ontario.

Il y a toujours la grève dans le complexe géant de Vale Inco mines de nickel à Sudbury, en Ontario qui est entré dans son onzième mois. La grève est faite par 3 100 travailleurs du Syndicat des Métallos (FTQ) section locale de 6500 des membres de Sudbury et de 120 travailleurs d'une raffinerie à Port Colborne.

Le syndicat se garde bien de mobiliser la classe ouvrière dans la région de Sudbury (l'un des berceaux du syndicalisme industriel au Canada), et encore moins en Ontario et en Amérique du Nord, à l'appui de la grève.

Il est très difficile d’avoir des infos sur les grèves au Canada anglais. Au Québec les médias bourgeois parlent à peine des grèves alors c’est le silence total sur celles en dehors de la province. L’inverse est aussi vrai au Canada anglais.

jeudi 29 avril 2010

Appel des Sympathisants de la Gauche communiste en Australie

Nous avons reçu cet appel d'un groupe de sympathisants de la Gauche communiste de Sydney et Adelaide en Australie.

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Camarades,

Aujourd'hui, l'humanité est en face du même ultimatum qui lui est posée depuis le début de la Première guerre mondiale tel que Rosa Luxemburg et Friedrich Engels avant elle l'avaient exprimé : Socialisme ou Barbarie.

Le système capitaliste mondial connaît sa pire crise économique depuis la Grande Dépression, avec la classe ouvrière faisant les frais du choc, subissant partout des gels de salaires, des licenciements et des conditions de travail détériorées. La menace d'une catastrophe environnementale globale apparaît plus forte que jamais. Les conflits sanglants et brutaux font rage autour du globe - de l'Irak à l'Afghanistan, de la Somalie au Soudan, de la Colombie au Mexique.

En contraste à ces expressions d'une société moribonde, nous voyons aussi les germes d'un nouveau monde - sans exploitation ou oppression, sans pauvreté ou pénurie, sans guerres ni frontières nationales - dans la lutte de classe de la classe ouvrière internationale.

La Gauche communiste a ses origines dans les courants de Gauche de l'Internationale communiste qui ont surgi comme réponse prolétarienne face aux dérapages opportunistes quand celle-ci fut confrontée au recul de la vague révolutionnaire internationale dans les années 1920. Alors que la Gauche communiste fut présente dans beaucoup de pays, ses représentants les plus éminents se trouvaient en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et en Russie. Dans la période de contre-révolution qui s'ouvrit à la fin des années 1920, ce fut la Gauche communiste qui se révéla être le défenseur le plus intransigeant de l'internationalisme prolétarien et la plus rigoureuse pour tirer le bilan de la vague révolutionnaire.

Bien que des sympathisants de la Gauche communiste existent en Australie, ils ne sont à ce jour que des individus souffrant largement d'isolement politique. Afin d'intervenir effectivement dans la lutte de classe, il est nécessaire que les révolutionnaires s'organisent dans une organisation politique fondée sur la basse de positions et de principes partagés.

Cependant, pour l'heure, la formation immédiate d'un tel groupe n'est pas à l'ordre du jour en Australie. Pour le moment, il convient de regrouper les internationalistes pour mener des discussions dont l'objectif est de commencer et de maintenir des contacts entre camarades (particulièrement avec ceux qui sont géographiquement isolés) et une clarification politique collective des positions qui définissent le programme communiste aujourd'hui.

Nous appelons donc à commencer des discussions organisées entre sympathisants de la Gauche communiste en Australie. Nous proposons que les discussions soient conduites sous le nom de Internationalist Communist Affiliate Network.

Nous proposons que le critère pour la participation soit l'accord avec les positions les plus élémentaires de la Gauche communiste aujourd'hui :

- la guerre impérialiste et les mouvemens nationaux de tout type n'ont rien à offrir à la classe ouvrière sinon mort et destruction. La classe ouvrière doit s'opposer à tous les camps bourgeois. En les appelant à prendre partie pour l'une ou l'autre faction, la bourgeoisie divise les travailleurs et les mène à massacrer leurs frères et soeurs de classe ;

- le parlement et les élections bourgeoises sont une mascarade. La " démocratie " capitaliste n'est pas différente dans son essence à toute forme de dictature capitaliste. Tout appel à participer au cirque parlementaire ne peut que renforcer le mensonge que les élections offrent un véritable choix pour les exploités ;

- tous les syndicats sont des organes du système capitaliste et agissent à son service. Le rôle fondamental des syndicats est de maintenir l'ordre au sein de la classe ouvrière et de saboter ses luttes. Afin de défendre ses intérêts immédiats et finalement de faire la révolution, la classe ouvrière doit lutter en-dehors et contre les syndicats.

Tous ceux qui sont intéressés à prendre part à ce réseau, sont encouragés à écrire à InternationalistWorker@gmail.com. Nous saluons aussi tous commentaires, questions et critiques.

Salutations communistes fraternelles.
F, J, M, N, T.