lundi 14 octobre 2013

EDITORIAL

Bulletin communiste international #11 – FGCI  


Vers le regroupement


Le Bulletin communiste international n°11 que nous présentons, est un bulletin de « transition » dans l'attente d'un nouvel organe de publication dont va se doter le groupe politique que les Communistes Internationalistes – Klasbatalo (qui publient également sur leur blog ce numéro) et notre Fraction de la Gauche Communiste Internationale (ex-Fraction interne du CCI) ont décidé de construire et de constituer suite à leur fusion. En effet, depuis plus de 6 mois maintenant, nous sommes engagés dans un processus de regroupement en vue de constituer un groupe international et internationaliste sur la base des positions et de l'expérience de la Gauche communiste internationale. Ce processus est nécessairement long si nous voulons asseoir et assurer autant que faire se peut la solidité et la clarté politique de cette nouvelle organisation d'autant que les deux noyaux ont des histoires et des expériences quelques peu différentes. L'ouverture de ce processus avait été annoncé dans le Bulletin communiste international n°10 (février 2013) suite à la conférence des camarades de la fraction. Le lecteur peut parcourir les sommaires des différents numéros ainsi que ceux du Bulletin de la Fraction interne du CCI (www.fractioncommuniste.org) et le blog des CI-K (http://klasbatalo.blogspot.fr/) pour avoir une idée du développement des contacts, des discussions et débats, de nos désaccords passés et de nos convergences et de nos collaborations et interventions communes depuis 2006 (cf. le bulletin 41 de la FICCI, 2007).

L'heure pour formaliser ce regroupement se rapproche et se matérialisera dans la tenue d'une conférence de constitution du nouveau groupe. Nous sommes en voie d'adopter une « plate-forme » dont les positions principales sont proches de celles de la TCI et du CCI « historique ». Nous continuons à discuter et clarifier les questions d'organisation et de fonctionnement sur la base de l'expérience de la Gauche communiste, tout spécialement de la tradition de la Gauche « italienne ». Notre orientation et notre attitude politique vis-à-vis des autres forces communistes et du camp prolétarien est en grande voie de clarification1 et nous sommes en train de discuter un document d'analyse sur la situation historique internationale actuelle afin de pouvoir définir des orientations politiques les plus claires et les plus efficaces possible. Ainsi, nous aurons les documents programmatiques suffisants pour la fondation et la constitution d'un groupe communiste se basant sur l'expérience de la Gauche communiste, se revendiquant de son héritage politique et dont l'orientation centrale est d'oeuvrer et de participer au mieux au regroupement autour de la Tendance Communiste Internationaliste.

Comme nous l'avons déjà dit, « notre perspective de regroupement, de formation d'un nouveau groupe, avec les camarades, se situe complètement dans la perspective du regroupement autour de la TCI ; en clair, il ne s'agit pas de créer un pôle « alternatif », encore moins une organisation « en concurrence » avec la TCI, mais bel et bien autour de la TCI, en appui à celle-ci. Nous sommes convaincus que la présence de notre courant historique2 aux côtés de la TCI est un atout pour mener le combat pour le parti du futur. » (Présentation du Bulletin Communiste International 10 ). Or, le combat théorique, politique et pratique pour développer la voie vers la construction du parti mondial du prolétariat est l'orientation et la tâche principales et privilégiées des groupes communistes d'aujourd'hui. Aussi étrange, aussi illusoire, ou aussi incompréhensible puisse-t-elle paraître aux yeux de la grande majorité des individus et travailleurs se posant la question de la lutte des classes et de la révolution – pour ne citer que les « plus intéressés » à ce problème –, et y compris parmi les individus et les forces révolutionnaires, la lutte pour le parti – et donc le regroupement des forces communistes – est la question historique essentielle de l'heure dont dépend l'issue des confrontations de classe qui s'annoncent.

En effet, l'aggravation de la crise économique et de l'impasse historique du capitalisme menant à la guerre généralisée, oblige le capital mondial à attaquer encore et encore, toujours plus, le prolétariat mondial dans ses conditions de vie et de travail tout comme au plan idéologique afin de lui faire payer la crise, la préparation de la guerre impérialiste et ensuite de l'entraîner dans celle-ci. La bourgeoisie livre une guerre de classes qui ne peut déboucher que dans des confrontations massives entre celles-ci au niveau mondial et à la dimension historique ; que dans un processus de lutte de masse internationale qui a d'ailleurs déjà commencé3. La réalisation de cette dynamique ne dépend pas des révolutionnaires. Ils ne peuvent en être un facteur déterminant même s'ils ont un rôle à y jouer. Par contre, et là ils ont un rôle premier et indispensable à assumer, l'issue de ces conflits de classe sera déterminée par la capacité du prolétariat à développer et à assumer la confrontation politique avec l’état capitaliste et ses forces politiques et syndicales afin d'éviter les pièges et le sabotage de ses combats, de rendre le plus efficace possible ces luttes en faisant reculer la bourgeoisie et en ouvrant la porte à une situation révolutionnaire. Et c'est justement pour cette dimension politique essentielle du combat de classe que le prolétariat a besoin et crée, historiquement, des minorités politiques, comme expressions de sa conscience de classe, afin qu'elles jouent le rôle dirigeant et d'avant-garde politiques qui est indispensable à l'accomplissement de cette lutte politique de classe dont la finalité ne peut être que la destruction du capitalisme par l'exercice de la dictature du prolétariat.

Pour les communistes d'aujourd'hui, se revendiquant de la Gauche communiste, la question centrale et prioritaire est donc d’œuvrer au regroupement des forces révolutionnaires autour du programme communiste et des organisations qui y sont restées fidèles et qui l'incarnent. C'est-à-dire autour du pôle politique et organisationnel que représente la Tendance Communiste Internationaliste pour son histoire, son patrimoine théorique, ses positions politiques, et son organisation internationale. Notre regroupement et la constitution du nouveau groupe – nos divergences politiques ne nous permettant pas aujourd'hui d'adhérer à la TCI – est un moment et doit devenir un facteur actif de ce combat pour le regroupement pour le parti de demain dans lequel nous continuons à penser que la TCI a une responsabilité et un rôle central à jouer ; responsabilité et rôle que nous entendons aider et favoriser au mieux de nos forces et à notre place.
Les CIK et la FGCI, Septembre 2013.

Projet de Thèses présenté par la Gauche au 3ème Congrès du parti communiste d'Italie 
(Lyon, 1926)
(extraits).
L'activité du parti ne peut ni ne doit se limiter à maintenir la pureté des principes théoriques et de l'organisation, non plus qu'à obtenir à tout prix des succès immédiats ou une grande popularité. Toujours et dans toutes les situations, elle doit se développer simultanément dans ces trois directions :
a) Défendre et préciser en fonction des faits nouveaux qui se produisent les postulats fondamentaux du programme, c'est-à-dire la conscience théorique du mouvement de la classe ouvrière ;
b) Assurer la continuité de l'organisation du parti et son efficacité, et la protéger des influences extérieures contraires à l'intérêt révolutionnaire du prolétariat ;
c) Participer activement à toutes les luttes de la classe ouvrière, même si suscitées par des intérêts partiels et limités, pour encourager leur développement, mais en les reliant constamment aux buts finaux révolutionnaires, en présentant les conquêtes de la lutte de classe comme des voies d'accès aux luttes futures indispensables, en dénonçant le danger de se replier sur des réalisations partielles comme si elles étaient des fins en elles-mêmes, et de leur sacrifier ces conditions de l'activité et de la combativité classiste du prolétariat que sont l'autonomie et l'indépendance de son idéologie et de ses organisations, au premier rang desquelles se trouve le parti.
Le but suprême de cette activité complexe du parti est de réaliser les conditions subjectives de la préparation du prolétariat : il s'agit de le mettre en mesure de profiter des possibilités révolutionnaires objectives que fournira l'histoire, dès qu'elles apparaîtront, de manière à vaincre au lieu d'être vaincu.
1 cf. le blog des CI-K (tout particulièrement le lien Vues et positions politiques divergentes dans les CIK) et sur le site de la fraction : Contribution à un état des lieux de la Gauche communiste internationale (CI-K), Réponse au texte des Communistes internationalistes-Klasbatalo (FGCI) dans le bulletin 4 de la FGCI (2011) et Retour sur une "contribution à un état des lieux de la Gauche communiste (CI-K) dans le bulletin 9, août 2012).
2 Celui représenté par les positions et la tradition du Courant Communiste International aujourd'hui liquidé par l'organisation « officielle ».
3 Avec la crise, tous les continents sont touchés par des révoltes et des manifestations massives des « populations » et en particulier de la classe ouvrière et des couches sociales qui l'entourent.

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